Pretty School, un simple et joli lycée, tenu par une directrice très désagréable, peuplé par ses élèves et son personnel.
 
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 Cause we were so young.

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Yumi Nishiyama
Petite pluie



: J'aimerais redessiner le Monde à l'aquarelle...
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Ici depuis le : 07/08/2010

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MessageSujet: Cause we were so young.    Mer 5 Sep - 15:53

Let's take what hurts, and write it all down.

Elle se souviendra de tout, elle n’oubliera pas le bleu du ciel, ce jour là, l’air frais qui soulevait un peu sa jupe trop courte, le son que faisaient les feuilles en se frottant entre elles. Mais plus que tout, jamais elle ne pourra se résoudre à effacer ces paroles de sa tête :

« Dis, Yumi, j’ai envie de partir. »

Elle gardera longtemps en mémoire la réaction insouciante qu’elle a eut, plus soucieuse de compter les nuages depuis le toit sur lequel elles étaient allongées.

« Partir ? Où ça ?
— Si je m’en vais, tu seras triste ?
— Hein ? Si tu veux partir, vas-y, je reste encore un peu ici, je suis fatiguée. Heureusement, demain c’est les vacances !
— Justement, je voulais dire… partir, tu sais, longtemps. Pas juste pour un jour, pour vraiment longtemps, un peu pour une éternité.
— Tu dis de ces choses bizarres ! Je ne te comprends pas vraiment. Fais comme tu veux, je m’en fiche… »

D’une certaine façon, elle s’en voudra de ne pas avoir compris ce jour là. Elle regrettera de s’être retournée et de s’être endormie. D’avoir laissé Amaya pleine de doutes, pleine d’interrogations. De l’avoir laissé tout simplement.
Deux semaines ont passé, elles ne s’étaient pas vu une seule fois, Yumi trop occupée à trainer dans les rues d’Harajuku, à faire de nouvelles rencontres. Puis, elle se disait, Amaya, tous les autres de Pretty, elle les reverrait à la rentrée, ils avaient encore deux ans à partager ensemble.

✽✽✽

Les cerisiers étaient en fleur et recouvraient les élèves en pleine retrouvaille dans leurs uniformes tout propres, tous curieux de savoir avec qui il seraient, cette année. Yumi les avait tous revu, Nuny, Lylou, Niji,… cela lui faisait tout drôle de se dire qu’une nouvelle année allait commencer, elle avait été si heureuse l’an passé, elle clamait partout que cela avait été sa plus belle année. De toute sa vie. La meilleure. Celle où elle y avait eut ses plus beaux souvenirs.
En regardant le panneau d’affichage, elle vit déçue qu’elle ne serait dans la classe d’aucun de ses amis.
Amaya avait-elle vu le panneau ? Elle ne la voyait pas, elle demanda à Niji, puis Lylou, puis Nuny ; non personne ne l’avait vu. Elle s’est mise à sillonner les couloirs, est montée voir sur le toit, l’a appelée, en vain. Les paroles d’Amaya ont commencé à revenir dans son esprit, elle les chassa en remuant la tête. Cela ne voulait rien dire. Non, absolument rien. Là encore, elle ne comprenait toujours pas le sens de ces mots. Mais derrière ce beau paysage de printemps, ces couleurs pastelles qui sentaient le renouveau, quelque chose, elle n’aurait pu dire quoi, était gris. Quelque part, le temps était lourd, il pleuvait et toute sensation était terne.

Elle décida de revenir vers les panneaux, elle marchait de plus en plus inquiète. Pourtant, parallèlement, des suppositions candides s’échappaient d’elle, des « elle est peut-être déjà dans sa classe » et des «elle est peut-être en retard ». Mais il y avait toujours cet arrière-gout, cette arrière-sensation de malaise. Cette impression qu’il allait y avoir un orage malgré la météo parfaite. Un peu perdue, elle se cogna contre l’infirmière qui sortait de la salle des professeurs avec tous les autres enseignants. Ils avaient tous une attitude étrange. Ça aussi elle s’en souviendra car aucuns n’avaient réprimandé Yumi connue pour toutes ses bêtises.

« E-Excusez-moi !
— Ah, Nishiyama. Il faut que tu ailles au gymnase, ils ont une annonce à prononcer, cela te concerne. Surtout toi.
— Ah ? Oui je vais y aller, désolée, je euh, je cherchais Amaya, vous ne l’avez pas vu ?
— Etsukoi ?
— Oui. Elle est au gymnase ?
— … Justement, c’est d’elle qu’ils vont parler mais… Hum… Écoute, je vais te le dire, avec mes mots, ce qu’ils veulent annoncer à tes camarades. Je pense que c’est mieux pour toi.»

L’infirmière ne voulait pas que Yumi entende ce qui allait être dit là-bas, elle voulait qu’elle entende des mots moins durs, un peu moins étrangers. Qu’elle n’ait pas besoin de comprendre par un vocabulaire trop concret et à la fois si vaste.

« Si tu ne trouves pas Amaya, c’est normal. Elle n’est pas ici. Ni au gymnase, ni chez elle...
-Alors où ? Elle est où ? »

Un temps. Une profonde inspiration. Elle a tendu la main vers le ciel qu’on apercevait bien depuis les fenêtres du couloir, a pointé du doigt cet immense plafond céruléen et a dit d’une voix douce et désolée, un peu tremblante sur la fin :

« Yumi… Tu vois, Amaya, elle est partie. Elle est partie et elle ne reviendra pas. Elle est partie là-bas, tout là-bas. »

Yumi a levé la tête vers le ciel, elle a essayé de comprendre, d’imaginer. Tout était vide à l’intérieur d’elle.

« Elle ne reviendra pas.
-… Plus jamais ? A soufflé Yumi la voix cassée.
- Oui… Plus jamais. »

Yumi saisissait-elle ce qu’on lui disait ? À moitié, peut-être. Elle ne réalisait pas, son visage semblait tout étonné, cherchait encore autours d’elle une trace d’Amaya… mais il n’y avait rien, personne.

Yumi a observé de nouveau le ciel.

✽✽✽

Tu es partie, c’est ce qu’on m’a dit. Mais alors, si tu es partie, c’est que demain, tu ne seras pas là ? Ni mêmes les jours d’après ? Cela veut dire qu’au lycée, n’importe où au Japon, partout sur cette terre, je ne pourrais plus t’y trouver ? Tous les matins en venant en cours, je ne peux plus te chercher, espérer que l’on se croise dans les couloirs ? À partir de maintenant, les embrouilles pour des broutilles, les chamailleries, les quiproquos, les bavardages qui terminent par des rires inextinguibles, tout ça, ce ne sera plus toi ? Plus toi, avec qui je les partagerais ? Je crois que je commence à comprendre. La personne qui m’attrapera par derrière par surprise, celle qui viendra m’étreindre pour ne plus me lâcher, celle qui criera au loin mon nom, celle qui me verra, que je regarderais me sourire, ce ne sera plus toi car tu es partie, n’est-ce pas ? Si je vois quelqu’un en pensant que c’est toi car elle te ressemble, alors je serais bien stupide, car tu n’es plus là, si une voix te ressemble et que j’ose espérer que c’est toi, c’est que je serais bien bête car tu ne reviendras pas. Je ne te verrais plus, ne t’entendrais plus, ne te sentirais plus, plus rien. C’est étrange, cela veut dire beaucoup de chose « partir ». Si cela veut dire tout ça, alors je n’aime pas la signification de ce mot.

Et parce que c’est tout ce qui se cache derrière ce mot, cela doit être pour ça que mes mains commencent à être trempées.
Tu es partie mais je ne peux vraiment le croire. Non. Comment penser qu’il n’y a plus de toi sur cette planète si ce n’est dans mes larmes qui déplorent, crient au monde entier, ton départ.


Tears stream down on your face
When you lose something you cannot replace


✽✽✽

Dis Amaya, quand l’on se reverra, tu me reconnaitras ? Même si c’est dans longtemps, dans vingt ans si j’ai peu de chance, peut-être quarante ans, ou dans cent ans, tu me reconnaitras encore ? D’ici là le temps aura rendu mes cheveux blancs, mon visage décrépit, ma voix ne sera plus très jolie, mais tu me reconnaîtras quand même, dis ? Dès que tu me verras toute ridée, toute tremblante, même si je serais devenue Alzheimer, que j’aurais tout oubliée, et que je te demande innocemment « qui êtes-vous ? », ce n’est pas grave, tu me reconnaîtras quand même ? Je ne te dirais pas que jamais je ne t’oublierais, que chaque jour je penserais à toi, je ne sais pas faire de promesse. Celle que je suis maintenant en voudra beaucoup à celle de plus tard si tous les serments faits ne sont pas respectés. Tout ce que je sais, c’est que dans un an, exactement un an, je serais là et je n’aurais rien oubliée. Je me souviendrais de tout.

And I don't know, maybe we'll be together again
Sometime, in another life


✽✽✽

Mais tu sais Yumi, à partir de ce moment, de ce jour, donne-toi un an. Une année pour ne plus te souvenir de cette douleur sans rien oublier, ni même cette voix qui te dit qu’elle est partie, ni même toutes ces larmes qui se noient sur ton visage. Une année pour réapprendre à sourire, à rire sincèrement, trois-cent-soixante-cinq jours pour enfin te rappeler enfin ce que cela fait d’être vraiment heureuse après avoir trop réclamé à la vie, un nombre inexorable de secondes pour voir des problèmes s’empiler dans ton esprit déjà trop peiné. Un an pour te remettre en question, te demander ce qui ne va pas avec toi, à trop t’interroger. Oui, un an pour t’énerver pour des riens, pour comprendre, pour grandir. Un an pour réussir à dire au revoir à ce qui n’est plus là, à ce que tu dois laisser derrière toi. Un an à traverser tout ça et tu verras comme tu en seras fière quand un an se sera écoulé, et à la fois triste de se dire que c’est passé, enfin ou déjà, tu ne sais pas. Et voilà, un an et tu es là, une année et tu vois, toi qui te disais que tu ne tiendrais pas deux jours de plus. Un an pour se remettre à vivre, un an pour s’en souvenir encore. Juste un an.

Seems like it's been forever,
That you've been gone.

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