Pretty School, un simple et joli lycée, tenu par une directrice très désagréable, peuplé par ses élèves et son personnel.
 
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 Le pire jour de la semaine [PV Misao]

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Givre Murakami
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MessageSujet: Le pire jour de la semaine [PV Misao]   Lun 20 Déc - 16:06

"Foule, foule foule.."

Il y avait définitivement bien trop de monde dans cette ville. Habituellement, cela ne génait pas Givre, elle aimait bien l'idée de se fondre dans une masse trop dense pour pouvoir y être reconnue. Faire partie de ceux qu'on ne voit pas, ceux à qui on n'adresse pas la parole. Mais on était Dimanche, et elle sortait de chez sa mère. Elle l'avait trouvée pire que les autres semaines, allongée sur le tapis parce qu'elle n'avait même pas trouvé le canapé. Sa mère avait même le crâne ouvert, elle s'était tapée la tête contre le bar en cherchant une bouteille. Pourtant, Givre avait tout fait pour enlever les objets dangereux. Elle avait regardés les pièces de l'appartement pendant des heures, reproduit la démarche de sa mère, pour voir où elle pourrait se faire mal. Mais rien à faire, elle trouvait le moyen de se faire mal avec la seule chose qui la soulageait, le bar.
Et comme il était inutile d'appeller l'hôpital, qui aurait fait placer Ayate dans un centre et Givre en famille d'accueil, la jeune fille avait du la recoudre, et pour cela l'attacher au canapé. Jamais elle n'avait vécu de moments plus horribles, devoir attacher sa propre mère pour qu'elle ne vous arrache pas le bras avec les dents alors que vous essayez de l'aider, comment cela peut-il être prit ?
Si ça n'avait tenu qu'a elle, Givre l'aurait placée en centre depuis longtemps. Mais sa Grand-mère lui avait interdit, et elle ne voulait pas se retrouver en famille d'accueil.
Alors elle supportait ça encore et encore, elle supportait les coups de sa mère qui lui laissaient des bleus sur la peau lorsqu'elle voulait nettoyer l'appartement. Elle supportait les insultes lorsqu'elle tentait de la redresser pour lui donner un repas convenable. Elle supportait le fait que sa propre mère lui vomisse dessus après le repas, elle supportait bien trop.

Mais en contre-partie, elle ne supportait pas de se voir bousculée par la foule. Elle détestait les regards qu'on lui jetait, et les gens qui la jugeait à cause de ses vêtements. Un jeune homme venait de l'accoster, la draguant visiblement même après un simple bonjour. Elle l'avait violemment poussé et s'était éloignée, il tombait trop mal. Sa mère habitait loin des grandes rues de Tokyo, sa Grand-mère l'avait installée là pour être sure que les voisins ne se plaignent pas de ses hurlements. Un quartier mal fréquenté, sombre et dangeureux. Mais où les voisins ne se plaignaient pas du bruit, et où ils n'appeleraient jamais la police. Elle marchait donc rapidement pour se sortir de ce quartier, après avoir fermé les six verrous qui maintenait sa mère en sécurité, loin de ceux qui pouvaient lui vouloir du mal. Elle ne sortirait pas de toute façon, pas la force ni l'idée.
Car malgré tout, Givre ne pouvait pas détester pleinement sa mère. Il restait en elle une partie qui l'aimait. Une partie qui s'en voulait de ne plus être présente à ses côtés. Mais à cet instant, cette partie était enfouie bien profondément, et Givre n'était qu'un océan de haine et de rage, d'amertume et de solitude. Elle voulait être seule, pour évacuer tout ce qui se trouvait en elle, loin des regards interrogateurs des passants et de leurs yeux dégoutés.

La jeune fille n'avait pas sa guitare, elle ne pouvait rien prendre de précieux chez sa mère, car si elle tombait dans une de ses crises, Ayate détruisait tout dans l'appartement, à commencer par ce qui appartenait à Givre. Elle avait déjà détruit un micro que Givre venait d'acheter, alors cette dernière avait retenu la leçon. Mais elle n'avait pas besoin de sa guitare pour déhambuler dans les rues. Même si c'était assez rare de la voir sans. Cette guitare était véritablement sa barrière contre le monde, sans elle, Givre n'était qu'une fille habillée un peu bizarrement et aux yeux terriblement furieux. Les gens ont tendances à pardonner aux musiciens certaines folies vestimentaires ou morales. Mais pas aux autres gens.

Mais fort heureusement, Givre n'avait pas besoin de sa guitare pour entrer au Water Cats. Bien que ce soit l'endroit où elle jouait le plus, elle était toujours la bienvenue, en musicienne ou en citoyenne. La jeune fille connaissait le trajet Appart Maman//Water Cats par coeur. Elle aurait pu le faire les yeux fermés et à reculons depuis toutes ces années. Elle se contentait de le faire dans un état si second que rien ne guidait ses pas, juste l'habitude. Ce n'était pas si mal de ne rien avoir besoin de regarder autour de soi, c'était même plutôt reposant. Plus besoin de regarder les autres, de croiser quelques regards dédaigneux, d'autres envieux ou drageurs. Elle les croisaient toujours, mais ne les voyaient pas, elle avancait de sa démarche fluide et souple, comme animée par une autre force qui la guidait vers son point de chute.

Elle poussa la porte du bar et y entra dans un coup de vent, l'air était glacial à bien y réflechir, elle ne le remarquait qu'en entrant dans la chaleur de cet endroit. Au Japon, fumer dans un lieu public était autorisé, pas comme dans certains pays.
Autorisation bien comprise par les occupants du bar. Une fumée blanche enveloppait tout, et les bougies dispersées dans la grande pièce sombre donnait à ce lieu une aura incroyablement sombre, et selon les points de vue, accueillante. Elle se dirigea vers le fond, et s'assit à la table la plus éloignée de l'entrée. Elle était assez sale, mais c'était de coutume ici, la propreté faisait peur, l'odeur de javel et de nettoyants pour chiottes, non merci. Les effluves d'alcool montaient dans tout le bars, mais étrangement, cela ne dérangeait pas Givre ici. Tant qu'elle n'était pas obligée d'en boire, tout allait bien. C'est d'ailleurs à sa demande que le gérant avait conçu un cocktail entièrement sans alcool. Elle avait mit longtemps à le convaincre mais le résultat en valait la peine. Le gérant était un maitre, et la saveur de ce qu'il lui faisait boire faisait oublier l'absence d'alcool à tous ceux qui le prenait. Seul Givre ne l'oubliait pas.

Elle se cala profondément dans le banc en cuir rouge. Sortant de son blouson en cuir une cigarette, elle l'alluma sans attendre, tirant une bouffée salvatrice. Quelle connerie que Tokyo quand même. Il était interdit de fumer dans les grandes rues de la ville, aussi Givre ravalait sa haine pendant toute sa traversée de la ville. C'était juste lorsqu'elle était assise ici, et qu'elle brûlait l'allumette qui lui permetait d'allumer son salut, qu'elle se sentait un peu mieux. Givre n'avait jamais acheté de briquet, elle se promenait sans cesse avec un petit paquet d'allumettes. Pourquoi ? la réponse était bien simple, le feu fascinait la jeune fille. Si le givre était froid, blanc et immobile, une flamme était tout ce qu'il y a de plus chaud, coloré et mouvant.
Le doux crepitement de la flamme dévorant le bout de bois millimètres après millimètres. La danse du feu autour de ce baton qui souffrait en silence. Et la fin, les cendres, le pauvre bout de bois réduit à un petit tas noir fumant. C'était fascinant.

Après ce spectacle dont elle ne se lassait pas, Judith soupira à nouveau une fumée blanche et ferma les yeux, elle pouvait rester ici autant qu'elle le voulait, elle le savait. Le bar fermait très tard dans la nuit et elle restait souvent jusqu'à la fermeture, buvant entre temps une bonne dizaine de verres. Si elle réussissait à trouver une guitare, elle pouvait toujours monter sur scène, comme assez souvent le dimanche pour ne pas dire à chaque fois. Le Patron n'avait jamais cherché de groupe pour animer le bar le Dimanche, lorsque Givre lui avait demandé pourquoi, il lui avait répondu d'un air sincèrement surpris que le Dimanche était pour elle ici. Mais pas tout de suite, elle voulait dans l'instant juste oublier. Oublier l'horreur qu'elle avait vécu chez sa mère, oublier le sang qu'elle avait du nettoyer sur sa peau, oublier les flaques d'alcool qu'elle avait essuyée dans le salon, oublier... Tranquillement..


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Misao Kiyomizu
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MessageSujet: Re: Le pire jour de la semaine [PV Misao]   Lun 20 Déc - 19:21

    Dimanche. Dimanche… DIMANCHE ! Dernier jour, dernier week-end. Quoi que… oh, mais qu’est-ce que je raconte ? Il me semble que nous sommes dans la période scolaire : les vacances. Et que donc, je ne suis « pas obligé » d’aller au lycée pour mon travail. Haha. Trop bien, voilà quelque chose qui me rend bien heureux. Je me lève de mon lit, il devait être seize heures. …Oui, je dormais beaucoup. Une vraie marmotte, et flemmard de première lorsque je sentais les bras de Morphée m’enlacer. Mais certes. La faim me ronger, et mes yeux pétillaient. Je me dirigeais avec une marche quotidienne vers la cuisine, et je me pris deux biscuits. Je commençais à les manger, tout en me demandant ce que j’allais bien pouvoir faire aujourd’hui. Me lamenter dans mon espace de vie ? Oh non… rester enfermer tout un week-end. C’était mauvais pour ma santé, il fallait que je respire, c’était plus fort que moi. Donc bon. Quoi qu’il adviendrait, je décidais de sortir.
    Une fois mon deuxième gâteau terminé, je me dirigeais vers la salle de bain. Je pris une douche, frissonnant au doux contact de l’eau chaude contre ma peau, puis me lavait, le corps ainsi que mes cheveux d’un blond-blé avec un fameux shampoing nommé Timotei. Enfin, ça on s’en fout. Après une bonne demi-heure… (que voulez-vous, il m’en faut du temps pour me réveiller.) je sors de la douche, m’essuie, me lave les dents, et me dirige vers ma chambre entouré de ma serviette. Je fouillais dans mon armoire, sortant une belle chemise aux carreaux noirs et rouges. Très sympathique. Puis, un jean délavé aux multiples trous. Très décontracté. J’enfilais mes affaires choisies, puis, me rendis une nouvelle fois vers la salle de bain. Je me séchais rapidement les cheveux. Une fois terminé, j’enfilais sur mon nez mes lunettes, de belles et imposantes Ray ban de couleur noire. Je collectionnais autant les montures de lunettes que les converses. En parlant de converses… j’avais opté pour des simples, des noires. Celles que je mettais certainement le plus souvent. J’accrochais une boucle d’oreille noire à mon oreille, puis, je pris une veste simple noire, avant de partir.

    Je sortis de mon appartement, prenant soin de tout verrouiller derrière moi, je dévalais les escaliers, puis, une fois à l’extérieur, je pris ma moto d’un noir étincelant, et je m’en allais là où le vent me guidait. Je faisais souvent cela. Me promener, ne rien faire. Défier les lois de la gravité en dépassant les limites autorisées au dos de mon engin. Je gravissais les murs du son, jusqu’à ce que mon regard s’arrête sur le water cat. Un bar mal fréquenté de la ville. J’y venais quelques fois. Souvent le vendredi après mon boulot, puisqu’il était ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais là… je voyais quelques personnes lancer du sel. Je m’arrêtais soudainement, prenant soin de garer ma moto, bien correctement. Puis, je descendis de celle-ci, la sécurisant. J’enfouissais mes clefs dans mes poches, enlevais mon casque noir, puis, je regardais les personnes superstitieuses lancer leurs grains de sels, marmonnant des prières. C’était comme si, ils essayaient d’effrayer les mauvais esprits, de les repousser, d’une certaine manière. Il est vrai que… maintenant que j’y pense, cet endroit était reconnu pour ses nombreuses âmes errantes. Mais bon. Je secouais rapidement ma chevelure, puis, j’entrais à l’intérieur du bar. La fumée envahissait la pièce. Nombreuses étaient les personnes qui fumaient ici. Ça me donnait terriblement envie de sortir mes clopes. Mais je me retenais, sur le coup. Je vagabondais à l’intérieur de cet endroit, plusieurs personnes se retournaient vers moi. On me connaissait. Beaucoup trop dans le coin. J’avais l’habitude de venir chercher mes conquêtes ici, auparavant. J’entendais par-ci, et par-là des « Hey Misao ! Ça fait un bail ! » je leur répondais par un simple sourire charmeur, et en frappant dans quelques mains qui s’offraient à moi. Et c’est alors que je vis, au loin, à l’une des tables les plus éloignées du bar, une demoiselle étendue sur un sofa en cuir. Son visage me rappelait quelqu’un… hum… laissez-moi réfléchir. Ah ! Mais oui. Elle se présentait souvent sur la scène du bar avec sa guitare. Charmant. Elle ne l’avait pas avec elle aujourd’hui.
    Je savais également qu’elle était une élève de Pretty School. Je savais beaucoup de choses, j’avais un beau dossier sur elle. Elle n’avait pas une vie facile, je dois vous l’avouer, être une enfant d’une femme alcoolique, une certaine Ayate. Ça ne devait pas être facile. Surtout de s’occuper d’elle tous les… dimanches ? Tiens, tiens ? Elle devait certainement sortir de chez elle. Je la voyais pomper une cigarette, c’est alors que je me rapprochais d’elle. Je secouais doucement mes cheveux blonds, et la regardais de mes yeux d’un bleu éclatant, avant de lui dire, une fois en face d’elle.

    « Hum… Givre Murakami. Quel honneur d’enfin vous rencontrer. Vous êtes encore plus charmante de près. »

    Un regard charmeur, mais aucune drague véritablement présente dans mes paroles. J’étais d’un naturel galant, mais énormément hypocrite. Mais pour le moment, mon hypocrisie ne s’était pas encore dévoilée. Tant mieux pour tout le monde. Enfin, surtout pour Givre. J’aimais bien son visage doux et expressif, ça lui donnait un certain charme. De plus, j’aimais beaucoup les demoiselles aux cheveux longs. De préférence lorsqu’elle était soyeuse. Car je dois l’admettre, je n’aimais pas passer ma main dans de la paille… tout le monde la connaissait ici. Tout comme moi, on me connaissait bien. Il faut dire, un blond aux yeux de saphirs, ça se repérait de plutôt loin. Je la regardais d’un peu plus, près, pour finalement continuer ma lancée.

    « Misao, on m’appelle comme ça. Je peux m’asseoir ? »

    Avant même d’attendre sa réponse, je pris place à côté d’elle. J’étais comme ça, je n’attendais jamais de réponse, je me contentais de faire ce que je désirais. Non, je n’étais pas un macho de première catégorie, ne pas me mettre dans ce lot de babouins mutants qui ne pensent qu’à leur gueule. Je ne suis pas comme ça. Disons que… je cache bien souvent ma véritable personnalité, et que, j’aime être direct. C’est tout. Je portais ma main à l’une de mes poches, sortant une cigarette, des plus banales. J’aimais bien me morfondre dans la masse. Et fumer, était l’une des meilleures façons d’atteindre cet objectif dans ce genre d’endroit. Je tenais ma belle blonde entre mes doigts, puis, je remarquais rapidement que j’avais oublié mon briquet. Grosse erreur de ma part. Bon… et bien, on fera sans. J’approchais ma clope de celle de Givre, m’accaparant de la cendre qui régnait en son bout pour allumer ma cigarette. Je soufflais discrètement, tout en avouant un petit mot, accompagné d’un sourire assez simpliste, et à la fois angélique.

    « Merci. »

    Puis, j’amenais ma cigarette à mes lèvres, pompant quelques bouffées, les relâchant parmi tant d’autres. Aucune musique aujourd’hui. Tout le monde attendait patiemment que Givre monte sur scène, comme tous les dimanches. M’enfin. Elle irait certainement plus tard. Je n’en doutais pas une seule seconde. Tout en posant mon regard sur l’une des lumières plafonnières, je soufflais l’air impur qui avait parcouru mes poumons, puis, je continuais, prenant une mine innocente.

    « Pas trop énervée aujourd’hui… ? »

    Je lâchais le plafond, pour ensuite poser mon regard sur la demoiselle. Amusant. Je la savais énervée. Je savais d’où elle venait, ce qu’elle faisait. Je savais TOUT. J’étais psychologue, et je me devais de faire plusieurs recherches. Mais… je jouais l’innocent, comme je savais si bien le faire. Je ne l’avais jamais vue dans mon bureau, du coup, le fait qu’elle ne me connaisse pas ne m’aurait pas surpris… d’une certaine manière, à moins que je l’aie aperçue dans les couloirs de Pretty. Ce qui m’étonnerait beaucoup puisque je ne suis pas du genre à oublier des visages… surtout aussi mignons. J’affichais un sourire neutre sur mes lèvres, tout en continuant.

    « Je veux dire, vu comment vous vous déchaînez sur scène, habituellement, on ne peut que comprendre votre colère, à moins que je ne sois le seul à la comprendre… »

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MessageSujet: Re: Le pire jour de la semaine [PV Misao]   Lun 20 Déc - 20:12


    « Hum… Givre Murakami. Quel honneur d’enfin vous rencontrer. Vous êtes encore plus charmante de près. »

    E
    lle avait entendu son nom. Etait-ce un rêve ? Peut-être. Ce n'était pas la voix du gérant, alors qui pouvait bien la déranger ? C'était forcément un rêve.
    Givre garda un instant les yeux fermés, essayant de se persuader que personne n'était en train de la troubler. Mais le doute s'installa. Elle s'appelait Givre, pas Jeanne, elle n'entendait donc pas des voix. Ses yeux s'ouvrirent finalement, zut, ce n'était pas un rêve..
    A cet instant, les lèvres de Givre eurent ce mouvement dont seule elle avait le secret. Un sorte de sursaut de la lèvre supérieur, imperceptible. Qui marquait l'indifférence sans marquer le dédain. Elle n'en avait juste rien à faire. Inutile de préciser qu'elle ne comptait pas répondre au gêneur, elle referma donc les yeux, resombrant dans ses songes.
    Attendez.. Qu'avez-il dit au juste ? Il l'avait appelé par son prénom et son nom. Comment pouvait-il la connaitre ? Elle était à peu près sûre de ne jamais l'avoir croisé, à peut près.


    « Misao, on m’appelle comme ça. Je peux m’asseoir ? »



    Elle allait répondre que non quand il s'assit sans même attendre de réponse. Cette fois, ce n'était plus de l'indifférence qu'elle ressentait, mais un peu de surprise. Elle n'en montra rien, mais l'inconnu l'avait interloquée. Qui était-il pour pénétrer comme cela son cercle intime ? Par cercle intime, Givre entendait tout ce qui se trouvait à moins de trois mètres d'elle et qui tentait de lui parler ou de l'approcher d'un air intéressé. Si elle avait été dans un autre lieu, elle aurait immédiatement changé de place voir serait sortit du lieu. Mais c'était sa table, elle ne comptait pas en bouger, elle allait faire partir le gêneur avant. Rien de mieux pour cela que de l'ignorer totalement, il finirait bien par se lasser. En espérant.
    Ses yeux se fermèrent donc à nouveau, c'était plus simple de ne pas voir. Elle pouvait juste sentir les alentours, l'odeur de cigarette mélangée à celle des murs. Elle adorait cette odeur plus que tout au monde, et c'était rare qu'elle apprécie quelque chose. Cette odeur la faisait sentir vivante, libre. Bien plus qu'entre les murs de Pretty School ou de l'appartement de sa mère. Cette odeur repoussait les murs, elle avait l'impression que lorsqu'elle allait ouvrir les yeux, elle allait se trouver dans un endroit si immense qu'il était impossible de voir les bouts, un endroit qui ressemblerait donc au paradis, sans mère alcoolique et soucis d'argents.

    ]L'inconnu, Misao, était-il toujours là ? Givre ouvrit les yeux pour le savoir, et les ouvrit encore plus grands en se rendant compte que le visage de l'inconnu était dangereusement près du sien. Elle eut un violent mouvement de recul, se calant au plus près du mur et au plus loin de l'insupportable garçon blond. Elle aurait bien hurlé sa colère contre lui, il était malade pour allumer sa cigarette comme ça ?! Mais elle ne le fit pas, se contentant de lui lancer son regard le plus noir quand il la "remercia" d'un ton qui sonnait tout sauf juste.
    Il était vraiment étrange, on avait l'impression qu'il pensait exactement l'inverse de ce qu'il faisait. Un peu comme... Un oiseau qui serait en fait un loup ou un homme qui serait en fait une femme. Et elle savait de quoi elle parlait. Pourquoi se retrouvait-elle seule avec sa mère ? Bon, de un parce qu'elle avait omis de dire à au père de Givre qu'elle n'avait plus de pilules, et que seize ans est trop jeune pour être père. Non, c'était surtout parce qu'il avait voulu changer de sexe.. Il avait avoué à sa mère deux mois avant la naissance de Givre qu'il était en fait Gay, et qu'il était sortit avec elle pour ne pas se faire griller. Et il s'était barré, Givre avait apprit il y a cinq ans qu'il avait fini par changer de sexe, vivait avec un homme et une petite Africaine adopté. Nice, mais pas pour elle.


    « Pas trop énervée aujourd’hui… ? »

    Zut, il était encore là lui ? On ne peut donc pas penser tranquille ?! Si elle était énervée ? Mais pourquoi posait-il cette question bordel ! *pas de gros mots jeune fille !* Il n'avait aucune de raison de rester, elle l'ignorait royalement depuis cinq bonnes minutes, alors il devait bien avoir une idée derrière la tête ! Et puis pourquoi énervée d'abord, elle n'était pas énervée, elle était parfaitement calme ! Peut-être pas, à bien y réfléchir. Mais il n'était pas sensé le savoir ! Givre se concentra un peu plus sur lui, et sa fantastique mémoire des visages, fit finalement la connexion. Ah, le psy du lycée ? Qu'il ne s'attende pas à des confidences, il n'en aurait pas. Givre savait maintenant qui il était, ce qui faisait qu'il venait de perdre le statut d'inconnu qui titillait la curiosité de la jeune fille. Elle détestait les psy. Et les blonds qui plus est.

    « Je veux dire, vu comment vous vous déchaînez sur scène, habituellement, on ne peut que comprendre votre colère, à moins que je ne sois le seul à la comprendre… »

    C'est qu'il revenait à la charge, avec ses phrases débiles qui semblaient sortie tout droit d'un bouquin de Freud ! Elle leva un sourcil d'un air interrogateur, qui voulait dire "t'es qui pour me parler comme ça". Ca y est, il l'avait énervée. Oui, car avant elle n'était pas énervée, juste pleine de haine envers le monde. Là, elle était énervée contre lui, lui qui venait la troubler alors qu'elle tentait de se remettre. Elle le regarda donc droit dans les yeux, d'un air de défi, et lui répondit :
    - Vous semblez croire que votre poste de psychologue vous donne le pouvoir de lire dans les élèves de Pretty school. Arrêtez ça tout de suite, vous ne comprenez absolument pas.

    Mais oui, pour qui se prenait-il ! A dire qu'il la comprenait sa colère ? Ce n'était plus de la colère après toutes ces années de toutes façons, ça avait évolué en chose bien pire, quelque chose d'indéfinissable. Auparavant, le Water Cats suffisait à la calmer le dimanche, mais il semblait que ce n'était vraiment pas son jour, obligée de recoudre sa mère, puis d'appliquer une compresse sur son bras sanglant, tranché par les dents de sa génitrice, pour finalement se faire emmerder par le psy scolaire.
    Elle écrasa sa cigarette dans le cendrier posé sur la table, et en sortit une nouvelle, craquant une allumette pour l'allumer. Son regard s'attarda un instant sur la flamme dansante, mais elle souffla vite le bout de bois, décidant de l'épargner pour cette fois. Emplissant ses poumons et crachant sa fumée une fois, elle précisa :

    - Et ne t'avises plus de m'approcher d'aussi près, ok ?


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MessageSujet: Re: Le pire jour de la semaine [PV Misao]   Lun 20 Déc - 23:53

    Attitude déplorable et à la fois sympathique. Drôle de gamine qui s’offrait à moi, complètement ouverte à son petit monde, en oubliant même parfois de pomper sa cigarette, et tout ce qui se trouve autour d’elle. C’était un assez joli portrait. Je l’aurais bien dessiné, en ce moment précis. Mais malheureusement, je n’ai jamais eut un bon coup de crayon. Du coup… j’éviterais. Ce serait certainement mieux pour tout le monde. Je m’étais assis à côté d’elle, avant même qu’elle ne me réponde. Par la négative, ou la positive. Elle dut me prendre pour un gonflé, sous cet œil. Ce que j’étais certainement. J’avais pour habitude de faire ce que j’entreprenais. Ce qui était plutôt osé, et assez sympathique. Mais vous savez, ça ne peut pas toujours bien se terminer. Mais bon. « Qui ne tente rien, n’a rien » comme dit ce magnifique dicton. Je restais néanmoins silencieux, et ce, durant plusieurs minutes, longues, et interminables. J’écoutais ce qui se répandait autour de moi. Je vouais une certaine envie de me faufiler dans n’importe quelle conversation. J’étais comme un oiseau, je volais, de branche en branche, afin d’en trouver une stable, et discuter tout le long de la nuit, une bouteille à la main. Me laissant par la suite emporté par les méfaits de l’alcool, touchant à de nombreuses personnes durant une seule nuit. Mais aujourd’hui, c’était différent. Je comptais terminer la soirée « sainement ». Oui. C’était un peu comme un défi que je venais de me donner. Deux ou trois petits verres me suffirait pour la soirée. Je tenais plutôt bien l’alcool. Ce qui était une bonne chose. Le plus marrant, je vous assure, c’est le de voir le bar entier bourré. Alors que vous, vous êtes plutôt à l’aise dans vos chaussures, encore conscient. Ces fous parlent de tout et n’importe quoi. Vous avez beau essayé de comprendre, en vain. Ils passent d’un sujet à l’autre, parlent, encore et encore, les mots se suivent, formant des phrases incompréhensibles… drôle d’atmosphère que j’avais l’habitude de maîtriser durant environ… cinq heures. Au-delà de ces heures, je finissais, moi aussi, bourré. Super, l’ambiance. Tellement kiffant, rien de mieux, lorsque vous sortez d’une bonne rupture. Quoi que… je ne suis que rarement, voir jamais, le blessé dans l’histoire. Mais j’aime beaucoup faire comme-ci. C’est amusant, tout le monde s’occupe de vous, on vous paie la tournée, que demander de plus ? Vous n’avez même pas à payer ! Haha ! Tellement drôle… comment faire passer des gens pour des idiots de première catégorie. C’était mon dada. Venez me voir en cas de problèmes, j’en ferais mon affaire !

    Certaines personnes parlaient d’alcool, d’autres se plaignaient qu’aucune musique ne règne dans la pièce. Sympathique, les discussions. Aucune ne semblait réellement me plaire. Je ne pourrais point me lever, ainsi qu’aller les voir, entrant tel un enchanteur dans la conversation. Je n’entrais dans une conversation, que si elle m’intéressait réellement. M’enfin. Il fallait bien s’occuper comme on le pouvait ici. Alors, je décidais d’essayer d’engager une conversation avec notre chère musicienne. Comme quoi, on avait « un » point commun, tous les deux. La musique. J’avais ça dans le sent, et ce, depuis que j’avais quatre ans. Je jouais du piano. Je n’arrêtais pas, c’était mon petit monde. Je laissais mes émotions le traverser. Et sans me venter, je dois avouer que je le manipulais avec une certaine simplicité. Habituellement, j’en jouais un petit peu ici, le vendredi soir. Mais bon, sans plus quoi. On aimait bien le petit pianiste de rue, qui se présentait quelques fois au bar. Je remarquais d’ailleurs, qu’il y avait pas mal de monde, le soir, à écouter le son de mon instrument. Ce qui était plaisant. J’aimais bien faire partager ma passion. Que tout le monde remarque, à quel point cet « objet », cet « ami » pouvait être important à mes yeux. Je sortais machinalement une clope de mon paquet, cherchant par la suite mon briquet, qu’en vain, je trouvais. Je décidais alors d’emprunter la cendre de la cigarette de ma voisine. Celle-ci fût d’ailleurs surprise, lorsque je me rapprochais d’elle afin d’allumer ma clope. Elle se recula immédiatement. Je soufflais alors, une fois qu’elle fut allumée, la remerciant d’une voix neutre, accompagnée d’un sourire mi-simpliste, mi-angélique. Sympathique comme atmosphère, dites-moi. Je respirais l’odeur de la cigarette, et je la rejetais tout aussi bien. Je posais mes yeux sur les lumières, tout en lui demandant si aujourd’hui « elle n’était « pas trop énervée » ». Je n’avais rien de vraiment spécial derrière la tête. Et je ne cachais rien non plus. C’était une question, comme une autre. Je posais rapidement mon regard sur la belle brune, qui semblait chercher au plus profond de sa mémoire quelque chose. Peut-être bien, qui j’étais ? Boah. De toutes manières, elle le saura bien un jour. Et je n’ai pas très envie de parler de mon métier aujourd’hui. Après tout, ce n’est pas l’heure de mon service. Hors de Pretty, on peut souvent me voir comme une toute autre personne, je dois vous l’avouer. Je lui fis ensuite une remarque, qui fût certainement… comment dire… de trop, à ses yeux ?

    « Je veux dire, vu comment vous vous déchaînez sur scène, habituellement, on ne peut que comprendre votre colère, à moins que je ne sois le seul à la comprendre… »

    Je savais pas mal de choses, mais je n’allais rien dire. Jouer l’ingénu. J’étais comme cela. Comme si je ne la connaissais pas. C’était certainement le mieux à faire. Oui. Je ne travaille pas, je suis ici pour prendre du bon temps, oublier le poids de mon travail qui repose sur mes épaules. Je remplis mes poumons de fumée, en apportant la cigarette à mes lèvres, puis, je les rejetais, quelques secondes plus tard. C’était un cercle vicieux. En quelques sortes. Après cette phrase, je vis directement la demoiselle affronter mon regard. Et bien, ça fait du bien, d’être remarqué après cinq bonnes minutes. Mais bon. Elle leva un sourcil, comme pour me dire en gros « dégage ». Hum. Amusant. J’aimais bien ce tempérament. Ça changeait un peu. Je passais ma main dans mes propres cheveux, légèrement décoiffés par ma balade en moto. Je sentais la haine, la colère se cacher derrière un de ces regards. La phrase n’allait pas tarder à sortir. J’avais hâte d’entendre sa voix, je l’admet et l’avoue. D’ailleurs, elle ne tarda point à se manifester, pour mon plus grand plaisir.

    « Vous semblez croire que votre poste de psychologue vous donne le pouvoir de lire dans les élèves de Pretty school. Arrêtez ça tout de suite, vous ne comprenez absolument pas. »

    Hum ? Je m’excuse ? Voilà une bien belle opinion que l’on se fait de moi. J’hausse machinalement les épaules, tout sourire. Comme si ce qu’elle venait de me dire ne m’avait aucunement atteint. J’étais toujours souriant. Rare étaient les personnes qui voyaient la colère ou encore la tristesse se dessiner sur mon visage. J’étais toujours « heureux ». Du moins, c’est ce que l’on pense en me voyant. Prenant tout du bon pied. J’étais en quelques sortes optimiste, ce qui était plutôt bien. Je restais silencieux quelques instants. Non pas parce que je n’avais rien à dire. Car voyez-vous, ce serait bien mal me connaître. J’arrive toujours à en placer une. Mais le fait de la voir aussi… colérique me désespérait petit à petit. Alors, à quoi bon aggraver la situation ? Que je me plies donc à la volonté de la Déesse, si elle le souhaite. J’inspirais la nicotine, tentant désespérément de la recracher dans un nuage de fumée, en vain. Je gardais donc mes yeux rivés sur la demoiselle, que je regardais faire. Elle écrasa avec rapidité sa cigarette terminée dans le cendrier, et s’empressa d’en ressortir une autre. Elle sort une allumette, puis, allume la cigarette avec cette dernière. Elle sembla se calmer quelques instants, lorsqu’elle me précisa par la suite, lorsqu’elle exhala sa fumée.

    « Et ne t'avises plus de m'approcher d'aussi près, ok ? »

    Oh et bien, en voilà du caractère. Je ne me rappelais presque plus de ce que j’avais fait précédemment. Ah… oui, j’avais emprunté sa cendre sans lui demander. Mes yeux brillèrent doucement, dans le peu de lumière qui arpentait la pièce, et je lui répondis, tout sourire, comme à mon habitude.

    « Hum… ? Oh, l’histoire de la cendre… ? Aucun problème. La prochaine fois… je vous demanderais une allumette. »

    Nul défi dans cette phrase. Mais en tous les cas, on pouvait mal le prendre. Le fait que je sois direct dérangeait pas mal de monde. Je posais discrètement mes yeux sur la porte principale. Qui s’ouvrait et se refermait sans cesse. La petite cloche sonnait, encore et encore, à un rythme bien plus que monotone. A en ennuyer les morts. Ceci résonnait comme une petite musique, au final, dans la pièce. Une musique que tout le monde aimerait changer. Je soupirais quelques instants, réfléchissant à ses anciennes paroles. Je reposais mon regard sur Givre, sourire étendu le long de mes lèvres.

    « Ah, j’oubliais. Appelez-moi tout simplement Misao. Le terme de psychologue est bien trop explicite. Je suis ici, comme n’importe quel humain, pour oublier mes peines, et justement mon travail. Alors, inutile de me le rappeler. »

    C’est alors que je vis le patron se rapprocher de notre table. C’était le genre de mec, super baraqué, et plutôt vieux. Mais il était quelqu’un d’adorable. Du moins, je trouvais. Il m’invitait à de nombreuses soirées organisées ici, et était rempli de bonnes intentions. Une fois devant nous, il nous lâcha un vivement « Bonjour ! » puis, il me serra la main. Nous demandant par la suite ce que l’on allait prendre aujourd’hui. Quoi que, pour la demoiselle, c’était tout réfléchit. Je doute qu’elle allait prendre de l’alcool. Je fis un signe de main au vieil homme, tout en lui avouant…

    « Oh… peut-être plus tard, j’ai décidé de ne pas beaucoup boire ce soir.
    -Eh ben alors ! Qu’est-ce qui t’amène ici, alors, jeunot ? » Je posais mon regard sur Givre, quelques instants, puis, le reportait au patron « Je voulais écouter Givre mais bon. Il faut croire que j’arrive trop tard.
    - Oui, la petite ne semble pas d’humeur à nous jouer quelque chose aujourd’hui.
    - Vraiment ? Je peux emprunter la scène quelques instants, dans ce cas ?
    - Fais comme tu veux Misa’, ici c’est comme chez toi ! Givre, je t’apporte tout de suite ton cocktail ! »

    Hum, voilà qui était intéressant. J’écrasais ma cigarette, ma belle blonde que j’avais presque terminée… puis, je posais mon regard sur la demoiselle. A cœur ouvert, je lui dis.

    « Je te pique cinq bonnes minutes de ton show ma belle. »

    Je me levais doucement, posant mon casque de moto sur la table, je me dirigeais par la suite, pouces dans les poches vers la scène. On me regarde, on me suit du regard en chuchotant, en sifflant à d’autres moments. On n’avait pas l’habitude de me voir me produire le dimanche. Du coup, mon public n’était pas le même. Je montais les marches, et me retrouvait enfin sur scène. Je restais debout, quelques instants, tout sourire. J’entendais quelques voix hurler mon prénom au fin fond de la salle. C’était assez comique à entendre, parmi un grand silence commun. Je dis à voix haute, tout heureux.

    « Bon, je l’admet, je n’ai pas le physique de notre chère guitariste, mais j’ai autant de talent qu’elle. » je sortis mes mains de mes poches, afin de les porter à mon bassin, tout en continuant. « Hum… à l’instar de notre chère amie, je suis un pianiste. Je joue de tout, mais j’apprécie particulièrement le jazz. Donc… afin de pimenter un peu la fin de l’après-midi, je vais dédier une partition à notre star de la soirée. « Isn’t she lovely » »

    Le public semblait un peu plus enthousiaste, à mon plus grand bonheur. Une foule commença à applaudir, d’autres à frapper avec leur cuillère contre les verres en cristal. Je m’assis sur le tabouret, qui se trouvait en face du piano, et je débutais la partition, que je connaissais par cœur. Vous savez, en dix-sept ans, on en apprend des choses. J’attendais que le silence règne pour commencer. Ma main droite ouvrit le bal, la gauche la suivait avec une certaine coordinance. Sympas, le rythme était bien respecté. Je me perdais dans mon œuvre, tout sourire. Je m’éclatais. Ma première passion, dans la vie, était le piano, la deuxième, la moto… et je ne voyais pas grand-chose, après… mon métier peut-être ? Hum… c’était une certaine possibilité. Je souriais bêtement, mes mains se baladaient le long du piano, jouant du grave, comme du aïgu, un rythme endiablé traînait dans la pièce. Le public claquait des doigts, donnant un rythme un peu plus prononcé à la musique. Je finis en beauté la partition. Sous des éclats francs, des applaudissements du public. Je me relevais, légèrement gêné. Belle ambiance, le dimanche. Le public était très enthousiaste. C’était tout simplement magique. Je me relevais, traversait la scène, descendait les escaliers en enchaînant plusieurs checks aux inconnus. Je me rassis à ma place initiale. C’est-à-dire, à côté de la demoiselle. Tout en la regardant, sourire amical et chaleureux aux lèvres.


    « T’en as pensé quoi ?... Je m’en sors plutôt bien, hum ? Mais j’aime beaucoup le son de ta gratte… »

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MessageSujet: Re: Le pire jour de la semaine [PV Misao]   Mar 21 Déc - 10:04

    Il était toujours là, avec son stupide sourire et sa frimousse blonde. Décidément, il ne se décourageait pas. Elle avait beau l'ignorer avec panache, et sans faillir, il continuait sur sa lancée, décidé à lui parler.
    Que cachait-il derrière ce sourire ? Givre doutait fortement qu'il soit aussi heureux qu'il tentait de le montrer, tout simplement parce que ce n'était pas possible. On ne venait pas dans ce bar pour noyer son cœur si tout allait parfaitement bien dans sa vie. "Ses cheveux, c'est une teinture ? Raah, ça me dérange !" Givre n'aimait pas les blonds, vraiment pas. Ce n'était pas discriminatoire, pas le moins du monde, elle était assez tolérante même. Mais avec les blonds non, il n'était surement pas entièrement Japonais. Elle n'avait jamais entendu parler d'un Japonais qui avait les cheveux naturellement aussi clairs. Alors il était quoi, un extra-terrestre ? Un étranger surement. Il avait le visage incroyablement clair, qui tirait un peu vers le rosé. Il l'énervait décidément dans tout. Givre se promit à cet instant de ne jamais faire quelque chose qui l'amènerait dans le bureau du psychologue.


    « Hum… ? Oh, l’histoire de la cendre… ? Aucun problème. La prochaine fois… je vous demanderais une allumette. »

    C'est ça, demande moi une allumette. Je ne te la donnerais pas, mais au moins tu ne m'approcheras plus.
    Givre n'était pourtant pas du genre pingre habituellement. On lui demandait une clope ou une allumette, elle la donnait. Mais seulement si la personne s'en allait immédiatement après, ce qui ne semblait pas être le cas du jeune homme assit en face d'elle. Il était jeune en plus, pour être psy. Givre lui donnait à peine la majorité, 21 ou 22 ans tout au plus. Les études de psychologie étaient longues pourtant non ? C'était peut-être un faux Psychologue ou un surdoué aussi. Elle préférait la première option, dans ce cas il ne resterait pas longtemps. Et en plus elle détestait les surdoués, premier de classe et tout ce qui suivait. Mais pourquoi pensait-elle à lui là ? Elle devait l'ignorer, oui. Et c'est ce qu'elle fit, ne le regardant même pas après sa phrase. Il la vouvoyait ? Cela sonnait assez faux, comme une marque de respect qui n'en était pas une, enfin, Givre se trompait peut-être.



    «Ah, j’oubliais. Appelez-moi tout simplement Misao. Le terme de psychologue est bien trop explicite. Je suis ici, comme n’importe quel humain, pour oublier mes peines, et justement mon travail. Alors, inutile de me le rappeler. »



    Tiens, et si elle ne l'appelait pas plutôt ? C'était bien ça hein. Il voulait oublier ses peines en venant ici ? Il était donc de ceux qui comptait boire jusqu'à l'aube pour oublier tous leurs malheurs ? C'était assez débile, car finir saoul faisait souvent hurler ses malheurs, Givre avait fini par le comprendre en observant les poivrots agrippés au bar. Et lorsqu'on révèle ses malheurs, ils vous sont ensuite sans cesse rappelés. Personne ne savait rien de la vie de Givre ici. Elle était juste Givre, la fille qui venait ici dans la semaine, et jouait le Dimanche. Elle faisait en sorte de ne jamais tisser de liens avec les personnes ici, aucun. Ça entretenait le mythe en plus, indispensable pour un qu'un artiste garde une once de crédibilité. Si il était révélée qu'elle était fille d'alcoolique, lycéenne dernière de sa classe et qu'elle nettoyait sa génitrice chaque semaine, cela enlevait un peu de magie non ? Elle ne voulait pas être vue comme ce genre de musicien torturé qui chantent de longues plaintes dans leur micro.
    Un instant, il avait dit s'appeler Misao ? Euh.. C'était pas un nom de fille ça ? Peut-être qu'il n'était pas Japonais alors, et que sa mère lui avait donné ce prénom parce qu'elle ne savait rien du pays vraiment. Comme si elle appelait son fils.. Eléa ou Lucy ! Bah quoi, Eléa sonnait tellement bien qu'on aurait pu le donner à un garçon comme à une fille. Mais bon, un certain écrivain avait décidé de ne créer ce prénom que pour la gente féminine.

    Le gérant s'approcha alors, les gratifiant d'un bonjour, avec sa voix rauque de bon patron de bar. Pour toute réponse, Givre hocha la tête en le regardant. Et c'était déjà extraordinaire.

    « Oh… peut-être plus tard, j’ai décidé de ne pas beaucoup boire ce soir.
    -Eh ben alors ! Qu’est-ce qui t’amène ici, alors, jeunot ? »
    « Je voulais écouter Givre mais bon. Il faut croire que j’arrive trop tard.
    Là, il avait réussit à surprendre Givre, pour la deuxième fois. Elle avait cru qu'il venait juste ici pour boire comme un poivrot, ou essayer de s'intégrer à ce milieu. Ce qui est assez dur avec ses cheveux blonds. Mais il semblait connaître le patron, et les habitudes du bar donc. Il l'avait déjà entendu chanter ? Elle ne se souvenait pas avoir déjà vu une tête blonde parmi les spectateurs.
    - Oui, la petite ne semble pas d’humeur à nous jouer quelque chose aujourd’hui.
    - Vraiment ? Je peux emprunter la scène quelques instants, dans ce cas ?
    - Fais comme tu veux Misa’, ici c’est comme chez toi ! Givre, je t’apporte tout de suite ton cocktail ! »


    Elle hocha à nouveau la tête vers le Patron en signe de remerciement et regarda Misao, il comptait jouer aussi ? Il gagnait alors un minimum de crédibilité à ses yeux. Bien qu'elle doute qu'un blond puisse être crédible sur scène.

    « Je te pique cinq bonnes minutes de ton show ma belle. »

    Elle ne le regarda pas, tournant volontairement sa tête dans l'autre sens. Il allait enfin partir ça voulait dire ? Et oui, il se leva et s'en alla vers la scène. Givre respirait enfin ! Elle ne comptait pas l'écouter jouer, elle s'en fichait passablement. Elle n'écoutait habituellement que d'une oreille les artistes qui montaient sur la petite scène en bois du Water Cats. C'était un peu impoli, surtout que lorsqu'elle montait, elle, Givre ne supportait pas les petits malins qui regardaient ailleurs. sauf qu'elle savait capter l'attention, et ils étaient donc rare, ceux qui l'ignoraient.


    « Bon, je l’admet, je n’ai pas le physique de notre chère guitariste, mais j’ai autant de talent qu’elle. Hum… à l’instar de notre chère amie, je suis un pianiste. Je joue de tout, mais j’apprécie particulièrement le jazz. Donc… afin de pimenter un peu la fin de l’après-midi, je vais dédier une partition à notre star de la soirée.


    Du Jazz en plus, un des styles de musique qui ne parlait pas vraiment à Givre. A part les très grand noms du Jazz, elle n'en supportait pas beaucoup. Un pianiste alors, un pianiste blond. Il fallait maintenant voir comment il se débrouillait. Quelques personnes semblèrent le reconnaître, il avait déjà du jouer ici, ce qui signifiait qu'il avait un minimum de crédibilité sur scène. Hum.. Ça pouvait donner une raison d'écouter, juste pour voir comment il s'en sortait. Misao réussit donc le grand exploit de faire pivoter Givre, pour qu'elle se tourne vers la scène. Elle fit juste son possible pour ignorer les insupportables reflets blonds sur la tête du jeune homme, qui brillaient à la limite de l'acceptable sous la lumière jaune de la scène.

    Isn’t she lovely, du Stevie Wonder ? Pour l'instant ça allait, c'était un des noms qu'elle supportait dans ce style musical. Et la chanson était belle, le genre de mélodie qui colle aux lèvres pour plusieurs heures. Sa mère adorait le jazz, en fait, c'était le seul style de musique qu'elle écoutait. Elle suppliait des fois Givre le dimanche d'allumer la chaine Hi-fi, elle n'avait pas la force de le faire en semaine. Alors Givre lui mettait un disque. Elle avait écouté Stevie Wonder en boucle pendant un an parce que sa mère avait cassé tous ces autres Cd en tentant de les mettre dans le lecteur.
    Chose extraordinaire, les yeux de Givre s'allumèrent alors, sa bouche ne souria pas mais ses yeux semblèrent un instant heureux. Elle aimait trop sa mère décidément..
    Lorsque cette chanson arriva dans le Cd, alors qu'elle l'écoutait pour la vingtième fois avec sa mère, cette dernière l'avait regardé et lui avait dit "tu sais, c'est ce que j'ai ressentit quand tu es née." Et elle avait immédiatement resombré dans son état de demi-coma.

    Il avait finit sa chanson, et descendait de scène. Givre perdit toute lumière dans les yeux en le voyant revenir vers elle. Zut, il comptait vraiment se ré-installer ? Elle tourna la tête dans le sens contraire de la scène, comme si elle n'avait rien écouté, ce qu'elle avait pensé à faire au tout début ! posant son menton au creux de sa main, elle fit semblant d'être absorbée par la porte d'entrée.

    « T’en as pensé quoi ?... Je m’en sors plutôt bien, hum ? Mais j’aime beaucoup le son de ta gratte… »

    Elle tourna la tête vers lui, le regardant comme si elle le remarquait à peine, d'un regard qui voulait dire "Ah, t'es là toi ?" Elle le fixa. Pas plus d'un instant, il avait les cheveux trop clairs pour qu'elle se tourne longuement vers lui.
    Givre fixa donc à nouveau la porte d'entrée, mais lâcha tout de même un :

    - Oui, ça passait.

    Oulà, elle venait de lui faire un compliment gigantesque là. Si il avait joué une autre chanson, elle ne lui aurait même pas répondu. Mais il lui avait rappelé un des seul souvenirs heureux qu'elle avait avec sa mère. Mais ce n'était pas suffisant pour engager la conversation.
    Le passage de Misao lui avait donné envie de monter sur scène. Elle fit donc un signe au Patron, qui hocha la tête avec un grand sourire et lui indiqua une guitare au fond de la scène.
    Elle n'allait pas faire une reprise, car après la guitare et le chant, Givre avait un autre talent, la composition. Elle écrivait ses propres sons, et ne jouait que des compos originales sur scène.

    Prenant le micro, elle annonça :
    - Certains d'entre vous me connaissent déjà je pense - Elle déclencha plusieurs cris d'approbations - Alors laissez moi vous présenter ces deux chansons, que j'ai composées la semaine dernière. En avant première..
    Elle sourit tout en se penchant sur sa guitare, et commença à jouer. Une intro tout en douceur, dont elle augmenta progressivement l'intensité et le rythme. Puis elle chanta, de sa voix un peu rauque. Une chanson qui était à la limite du Rock et du Punk, sans pour autant être trop agressive. A l'image de la jeune fille. Elle donnait tout ce qu'elle avait sur scène. On ne pouvait la connaître qu'en l'écoutant chanter. Givre avait refusé de chanter devant un public pendant longtemps à cause de ça. Mais Black Swan, son ancien groupe, lui avait apprit à le faire. Elle arrêta la première chanson sur une longue note qui raisonna longuement. Puis enchaîna sur la deuxième avec un petit sourire. Que ferait-elle maintenant, sans cette vieille scène en bois recouverte d'un tapis noir ? La lumière sombre qui se dégageait de l'unique plafonnier au-dessus de sa tête lui donnait la force de
    continuer à avancer. Finalement, le Dimanche n'était pas le pire jour de la semaine.

    Givre fini par balancer le micro au sol, déclenchant une salve d'applaudissements de sifflements. Le Patron lui fit un clin d'oeil, et monta sur scène pour la débarrasser de la guitare. Elle lui sourit furtivement et descendit de la scène. Dès lors, elle reprit son visage habituel, regardant autour d'elle mais ignorant les regards, elle retourna s'asseoir à sa table, mais cette fois en face du jeune homme, tentant de garder malgré tout une distance de sécurité. Elle sortit une cigarette de son blouson de cuir et craqua l'allumette, soufflant sa fumée blanche en direction de Misao. Elle le fixa ensuite d'un regard qui voulait dire "Alors ?"


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Misao Kiyomizu
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MessageSujet: Re: Le pire jour de la semaine [PV Misao]   Mar 21 Déc - 13:49

    Je venais de terminer ma partition. Le jazz… j’aimais le rythme, le son qui résonnait dans la pièce. C’était tout simplement magnifique. Lorsque je jouais, j’avais le don de tout oublier, et de me morfondre dans mes notes. J’étais souvent heureux, j’affichais un grand sourire. Et lorsque que j’étais seul, je riais, même. Très étrange, en effet. Mais vous savez… c’est certainement à cause de ma mère. J’ai commencé le piano à mes quatre ans, et elle m’avait dit « Chaque touche est ton amie. Elles te parlent, te murmurent des petits mots, des blagues… » Et ça m’est certainement resté. J’écoutais des paroles, en fait. Elles me parlaient. Ma mère avait raison. Après tout, même un objet, tel un bout de bois, si on nous apprend la véritable beauté des choses, peut paraître au final, magnifique à nos yeux de braises. C’était ça, qui me plaisait. J’avais appris cet art, et j’apportais à n’importe quelle chose, un œil examinateur, et à la fois tordu. « Isn’t she lovely »… grande partition, qui nous recouvre de bons sentiments, réveille les haleines fraîches, attire les regards, met de la bonne humeur. Oui… c’était comme ça, que je percevais cette musique. Elle me rendait heureux, me rappelait de bons souvenirs passés en France. Bien qu’il n’en eut pas beaucoup… en fait, en y repensant, mes seuls bons moments furent passés avec ma mère. Elle me manquait. Cette belle blonde, qui autrefois, avait été tout mon contraire. Maintenant, j’avais réussi à changer tout ce qui me gênait. Et j’étais heureux. J’aimais bien le Japon. Le pays de mon père. Personne ne vous relooke dans la rue pour votre physique, tout parait… normal. Surtout à Tokyo, en fait. C’était… tellement différent. De tous les pays. Surtout de la France. Déjà que, si vous sortez avec des chaussures roses, on vous regarde de travers, alors que serait-ce avec l’intégralité de la tenue cette même couleur ? Je me le demande.

    Sous des tonnerres d’applaudissements, des sifflements très prononcés, je descendais de la scène, tout sourire. Ma bonne humeur venait de s’accentuer. Décidemment, je m’étais certainement levé du bon pied ce matin. Ce qui m’étonnait. J’avais l’habitude que le pied gauche prenne place en premier. Comme quoi, c’était certainement un signe. Soit que cette journée allait être parfaite, et se dérouler comme je le pensais. Soit… qu’elle allait se retourner contre moi, et finir en cataclysme. Les deux cas me plaisaient. Je n’aimais pas lorsque ça restait banal, tout à fait dans la norme. Il fallait toujours que quelque chose se passe afin de bousculer les choses. Et si elles ne se passaient pas… et bien, c’était tout simplement moi, qui finirait par les pousser à se produire. Je dévalais les marches avec une certaine élégance commune. On m’avait souvent dit que, tous les gestes que je faisais paraissaient fluides, ce que je pris comme compliment, bien évidemment. Je me redirigeais vers ma table d’origine, enfin… pour être plus franc, celle où je m’étais incrusté contre le plaisir de la jeune guitariste. Je repris place à côté de cette dernière. Je l’avais vu légèrement me regarder, avant de retourner son regard vers la porte d’entrée, où quelque chose d’autre dans cette même direction. Hum… Je devais vraiment avoir quelque chose d’insupportable pour qu’elle essayer d’arrêter de me dévisager. Je réfléchissais quelques instants. Euh… j’étais plutôt bien habillé, je sentais bon… non, je ne voyais pas vraiment. Mais certes, j’évitais de me prendre trop la tête. J’étais le genre d’homme à tout prendre du bon côté. Enfin… ça, je vous l’ai déjà dit il me semble. Donc, n’y prêtez pas plus attention, ce n’était qu’une parole, comme une autre… euh, je veux dire, une pensée. Je soufflais doucement, voyant qu’elle continuait bien sagement de m’ignorer. Fort sympathique. Mais ce n’est pas grave. Ce serait bien trop facile. Le fait que je sois arrivé à lui arracher plus de deux mots à chacune de ses phrases relevait presque du miracle d’après certains habitués du bar. Une vraie brique de glace. Hum… il faut dire, elle portait bien son nom. « Givre ». Hum… j’aimais bien me lancer des petits défis. Et je dois vous avouer, que depuis que je l’ai vue se présenter sur la scène du Water Cat, j’ai toujours voulu lui parler, ignorant cette remarque que l’on faisait sur elle. Têtu ? Certainement, beaucoup trop même. Ce qui pouvait être vu comme qualité, tout aussi bien comme un défaut. Je la regardais, sourire un peu, voir beaucoup trop amical sur mes lèvres, avec une pointe de chaleur. Je lui demandais…

    « T’en as pensé quoi ?... Je m’en sors plutôt bien, hum ? Mais j’aime beaucoup le son de ta gratte… »

    C’était une question comme une autre. J’aimais beaucoup savoir ce que l’on pensait de ma prestation. Du moins, lorsqu’il s’agissait d’une personne tout aussi musicale que je l’étais. Et je pense que Givre a bien le droit de faire partie de cette catégorie. J’aimais beaucoup son style musical. Mais bon. Il faut dire que je ne m’attendais à aucune réponse. Elle regardait souvent les personnes qui se produisaient sur scène avec un air d’indifférence, voir complètement blasé. Donc je m’attendais plus à truc du genre « C’était nul » il fallait que je sois sincère avec moi-même. Mais pourtant, j’espérais toujours qu’elle change d’avis. Je croyais fortement en mon talent. Elle me fixa quelques instants, comme si elle venait de capter ma présence par cette question. Je devais me sentir comment ? Mal ? Et bien, non. Disons que j’attendais avec une certaine impatience sa réponse. Menton dans le creux de sa main, après m’avoir fixé, elle reposa son regard sur la porte d’entrée. Tout en lâchant cette phrase…

    « Oui, ça passait. »

    Ohhhhhhhh ? Alors là, j’étais vraiment content. Je n’aurais jamais pensé qu’elle me dise ça. Je souriais discrètement, content de cette réponse, aussi simple était-elle. Finalement, je l’aimais bien cette petite, outre son caractère difficile à cerner. Je doutais qu’elle eut compris ce que je ressentais en jouant, mais… peut-être que ça lui avait rappelé quelque chose ? Qui sait… ? Certainement pas moi. J’ai beau être psychologue, je ne sais pas « tooout ». Je regardais la demoiselle glacée, tout en lui répondant, par une phrase toute aussi simple que la sienne.

    « Et bien, merci beaucoup, ça me touche. »

    Aucune ironie, seulement la stricte vérité. Je la vis faire un signe au patron. Je suivais les gestes qu’ils se faisaient, et je vis le vieil homme pointer de son index la guitare qui se trouvait au fin fond de la scène. Oh ? Elle allait monter sur scène ? Je souriais un peu plus à cette nouvelle découverte. Je la vis quitter la table, et monter sur scène avec autant d’élégance dont j’avais fait part quelques minutes auparavant. Je sortis rapidement une clope de ma poche. Une seconde. Hum… je n’avais pas l’habitude d’enchaîner les cigarettes, mais là… j’en avais envie. Mais je soupirais en me rappelant que je n’avais pas mon briquet, et point d’allumettes. La voyant s’en aller, une colonie de vieux potes se rua sur moi. Tous autant heureux les uns que les autres. Quelle belle atmosphère dites-moi. Ils me parlèrent, parmi tant d’écho, m’allumant une flamme pour que je puisse allumer ma clope. Ce que je ne refusai point…

    « Bien joué mec. Je paye la tournée pour fêter ton succès !
    - Non non… vraiment. Je ne bois certainement pas ce soir…
    - Pas trop dur avec la fille givrée ? »

    Givre… je posais d’ailleurs mes yeux sur elle, oubliant ce qui se passait autour de moi. Les paroles étaient confuses, je ne comprenais pas trop. Je la vis prendre le micro, c’est alors que j’apportais mon index à ma bouche, demandant avec une grande familiarité aux cinq personnes qui se trouvaient auprès de moi, de se taire. Voyant que je n’étais pas apte à tenir une conversation, ils hochèrent leurs épaules, et repartirent à leur place, navrés de mon comportement. Disons que je voyais plus d’intérêt à porter mon attention sur ce que disait la demoiselle, plutôt que mes amis complètement défoncés. Je remplis doucement mes poumons, recrachant ma fumée, tout en l’écoutant se manifester avec une simplicité hors du commun.

    « Certains d'entre vous me connaissent déjà je pense… »

    Beaucoup plus à l’aise sur scène, déjà dans son monde. C’est ce que je pouvais constater, rien qu’en écoutant ses paroles. Elle déclencha un brouhaha terrible dans la salle. Des cris hystériques se confondirent parmi tant d’autres. Hum… elle me semblait tout autant appréciée que d’habitude, c’était bon à savoir. J’avais chauffé la piste, et tout le monde semblait réveillé et totalement hypnotisé par l’arrivée de la demoiselle… Moi ? Oh, et bien… je me contentais de regarder, silencieux, affichant rien de vraiment spécial sur mon visage. Aucun sourire. Le vrai Misao. Je pompais une nouvelle fois, recrachant plus tard la fumée qui avait envahi mes poumons. J’étais plutôt sérieux. Quand j’écoutais quelque chose, je ne le faisais pas à moitié. C’était l’une de mes qualités. Bien que je n’en ai pas tellement. Les défauts sont plus à l’honneur chez moi. J’écoutais la suite, avec pas mal d’attention. Comme j’avais l’habitude de faire.

    « Alors laissez moi vous présenter ces deux chansons, que j'ai composées la semaine dernière. En avant première… »

    Ahh, les compositions de Givre. Elles avaient le don de me rendre encore plus attentif. Je posais à mon tour, mon menton dans le creux de ma main, cigarette entre les doigts. Je me perdais dans ses paroles, dans les notes de sa gratte. C’était… sublime ; entraînant ; hypnotisant… cette demoiselle avait-elle donc, tout ce qu’il fallait pour plaire à un homme ? Du rock, ou du punk, comme elle avait l’habitude de chanter et jouer. Elle se lâchait, ça se voyait. Je l’avais bien deviné. Un sourire s’installa sur mon visage. Incroyable, cette gamine. Je soufflais ma fumée, tout en continuant de lui apporter une attention hors du commun. Elle s’arrêta sur une longue note. Puis, commença sa deuxième composition avec… un sourire. Tout le long de cette dernière, je la regardais. Tellement heureuse, sur ce morceau de bois que l’on appelle la scène. C’était tellement beau à voir. Après quelques minutes, elle finit par lancer le micro au sol, marquant la fin de sa prestation. Des applaudissements se succédèrent à ce geste, dont les miens, que je morfondais parmi tant d’autres. Ils n’étaient pas très enthousiastes, mais je n’avais pas envie de tordre ma clope. Mon ami… je veux dire, le patron du bar monta sur la scène, et se débarrassa du matériel. Elle en avait fait, un tabac. A ma grande surprise, elle revint s’asseoir à la table où elle était. Je ne sais pas… je n’aurais pas imaginé qu’elle reviendrait. Ce fût une seconde surprise. Elle s’alluma une cigarette, soufflant par la suite sa fumée blanche en ma direction. Ça ne me gênait aucunement. Je supportais l’odeur de la cigarette, que l’air pur. Certainement dû à mon habitude. Elle me lança par la suite un regard, comme pour me demandant ce que j’en avais pensé. J’affichais un petit sourire, comme pour lui répondre. Mais finalement, j’optais pour la parole.

    « Hum ? Il est vraiment nécessaire que je laisse mon opinion ? » Mon sourire s’accentua doucement. « Toujours aussi bien. Pour ne pas changer les choses… toi et la guitare… vous formez un duo bien plus que splendide. La synchronisation est parfaite… qu’en dire de plus ? »

    Je me reculais doucement, tout heureux. Je la regardais, tout sourire, comme un enfant qui venait de recevoir le cadeau qu’il attendait depuis des lustres déjà. Et je continuais ma lancée, aussi bien que je l’avais commencée.

    « Je suis content. Je ne serais pas venu pour rien finalement. J’ai eut ce que je voulais. » Je pris une légère pause, pompant ma cigarette. « Ta voix… d’une certaine manière, m’apaise. Je sais que ça peut paraître étrange, mais c’est ainsi… donc, je ne peux que te remercier d’être montée sur scène… ? »

    Je soupirais doucement. Tout en reprenant, petit sourire aux lèvres, crachant ma fumée au loin.

    « Je parie que tu n’es pas née de la dernière pluie, et que tu as fait du chant et de la musique autre part avant… hum… un groupe, je dirais ? Tu n’as pas une tête à faire carrière en solo, même si tu te débrouilles super bien. »

    Depuis quand m’étais-je mis à la tutoyer ? Oh… certainement avant de monter sur scène. Et quand je suis rempli d’un enthousiasme caché, j’en oublie parfois la politesse, me laissant voguer entre mes paroles. Mon sourire s’abaissa doucement, lorsque je pointais discrètement son visage de mon index.


    « Ah, au fait. Joli sourire… tellement révélateur. C’était fort plaisant. Dommage qu’on ne le voie pas plus souvent… »

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MessageSujet: Re: Le pire jour de la semaine [PV Misao]   Mar 21 Déc - 14:54

    Sans vraiment savoir pourquoi, Givre était retournée à la table de Misao. Si on lui demandait pourquoi, elle répondrait posément que c'était sa table habituelle, et qu'elle ne se voyait pas s'asseoir autre part. Elle était là depuis toujours, cachée de certains regards en étant au fond du bar. Mais en réalité, c'était aussi que l'avis du petit blondinet lui importait cette fois-ci. Il était venu l'entendre chanter après tout ? Ce qu'il ne savait pas, c'est que la deuxième chanson qu'elle venait de jouer était une improvisation totale. Elle parlait des rencontres justement, et de l'indifférence de certains gens face aux autres. Bien sur il ne pouvait pas comprendre que cela parlait de cette rencontre, les gens ouvraient souvent des yeux gigantesques quand elle leur disait que la plupart de ce qu'elle jouait sur scène en Solo était une improvisation. Et elle n'aimait pas attirer l'attention, alors elle se taisait. Pourtant oui, elle jouait rarement des choses qu'elle avait composé à l'avance. En fait très rarement même. La plupart du temps, elle n'avait qu'une petite série d'accord, ou une strophe ou deux de parole. Mais la scène était quelque chose de tellement magique pour elle, que les mots et les notes venaient naturellement. Finalement elle ressemblait assez aux joueurs de Jazz, connus pour leurs immenses impros à couper le souffle. Pour elle, l'art de la musique reposait également dans la création inspirée. La création instantanée, qui vient naturellement et coule tout seule.

    Sans lui demander à vive voix, elle fit comprendre à Misao qu'elle attendait son avis, il était Psychiatre, non ? Il devait être capable de décrypter les mouvements du corps !

    « Hum ? Il est vraiment nécessaire que je laisse mon opinion ? » Son sourire s’accentua doucement. «Toujours aussi bien. Pour ne pas changer les choses… toi et la guitare… vous formez un duo bien plus que splendide. La synchronisation est parfaite… qu’en dire de plus ? »

    Elle leva un sourcil, il pensait réellement ce qu'il disait ? son "toujours aussi bien" laissait entendre qu'il l'avait entendue plus d'une fois, comment avait-elle pu ne pas remarquer un blond dans la salle ? En même temps, elle chantait pour elle, et regardait rarement le public avec précision. Ce n'était pas son genre.
    Givre ramena sa jambe droite contre son ventre, l'appuyant contre le rebord du banc de cuir et porta à nouveau sa cigarette à ses lèvres, elle lui dit tout en crachant la fumée :

    - Je ne t'ai pas demandé ton avis. Mais merci.

    Oui bon, c'était un peu faux, elle lui avait demandé son avis d'une certaine manière. Mais elle n'aimait pas qu'on la complimente aussi ouvertement, car malgré ce qu'elle laissait entendre, elle était facilement touchée par.. les compliments. Si elle avait été normale, elle aurait rougit et bafouillé. Mais.. oh ? Givre n'était pas normale. Elle n'avait pas envie qu'on voit en elle la petite fille terrifiée et pleurnicheuse qui s'effondrait devant ce qu'elle devait parcourir. Cette petite fille était enfouie en elle, bien bien profond. Dès qu'elle essayait de sortir, Givre sortait un coussin et tentait de l'étouffer. Cela rendait inaudible ses gémissements de petite fille intérieure, mais elle savait qu'elle ne pouvait la tuer, et qu'un jour la voix passerait à travers l'oreiller. Elle verrait en temps voulu.

    « Je suis content. Je ne serais pas venu pour rien finalement. J’ai eut ce que je voulais. Ta voix… d’une certaine manière, m’apaise. Je sais que ça peut paraître étrange, mais c’est ainsi… donc, je ne peux que te remercier d’être montée sur scène… ? »

    Il avait eut ce qu'il voulait, tant mieux. Il pouvait partir maintenant ? Elle sentait que son masque ne tiendrait plus des milliers d'années. Mais elle ne s'avouerait pas vaincue en s'en allant. Elle détestait perdre, surtout face à un blond. Et en plus, il avait l'air sincère, c'était touchant ! Ça lui paraissait étrange oui, que sa voix puisse apaiser quelqu'un. Elle chantait pour elle, ne pensait qu'à elle d'une certaine manière. Elle ne savait pas qu'elle pouvait donc toucher quelqu'un avec sa voix. Intéressant à savoir. En général elle fuyait les compliments d'après spectacle, car elle se fichait un peu de l'avis des gens. Mais là, il la remerciait carrément d'être montée sur scène ? Il était bizarre, même pour un blond ! Elle hocha la tête en signe de réponse, ne daignant pas répondre. C'était surtout qu'elle ne savait pas quoi répondre à ça.

    « Je parie que tu n’es pas née de la dernière pluie, et que tu as fait du chant et de la musique autre part avant… hum… un groupe, je dirais ? Tu n’as pas une tête à faire carrière en solo, même si tu te débrouilles super bien. »

    Née de la dernière pluie ? Non en effet, il neigeait le jour de sa naissance //Zbaaf//.
    En effet, elle avait fait partie d'un groupe, surement la meilleure expérience de sa vie, et la première fois qu'elle a pu se considérer avec des amis. Elle avait beaucoup chanté sur cette scène avec son groupe, et dans d'autres salles de Tokyo, bien plus grande. Puis le batteur du groupe, le plus grand, était entré à l'université, le guitariste les avaient lachés pour sa petite copine, et le bassiste avait remarqué avec justesse qu'ils ne pouvaient continuer à deux. Et voilà, ils ne s'étaient plus jamais parlés depuis la séparation.. Comme quoi seule la musique maintenaient leurs liens d'affections. Depuis, Givre était encore plus seule.
    Elle se redressa sur son siège, sa jambe toujours négligemment pliée contre son ventre. Regardant Misao, dans les yeux, surtout pas vers les cheveux, elle répondit :

    - En effet, je n'ai pas toujours été soliste. Avant je faisait partie d'un groupe, Black Swan.

    Hého, Misao, tu te rends compte de l'exploit que tu viens d'accomplir ? Tu viens de réussir à faire aligner plus de deux phrases à Givre. Tu peux t'estimer heureux, très peu de gens ont eu cette chance !! En fait, à bien y réfléchir, les seules personnes avec qui Givre n'est tenue une vraie conversation était sa Grand-mère et les membres de son ancien groupe. Inutile de préciser pourquoi elle ne parlait pas vraiment à sa mère, et elle ne trouvait jamais de mots pour parler avec les autres.
    Givre avait en effet l'impression que si elle parlait trop longtemps à quelqu'un, elle se dévoilerait totalement. Et se dévoiler face à quelqu'un qui l'avait déjà entendu chanter était comme se mettre totalement nue. Et elle tenait un peu à ses vêtements en fait.
    Elle nota exactement qu'il l'avait tutoyé, il tombait directement dans les familiarités ? Ça ne lui plaisait pas vraiment. Enfin, il faisait bien comme il voulait, il était blond après tout elle pouvait bien lui pardonner quelques erreurs. De toute façon, elle ne comptait pas le vouvoyer non plus. Pas parce qu'il était blond hein, mais parce qu'elle ne vouvoyait personne, même pas ses professeurs.

    Mais qu'avait-elle donc contre les blonds ? (Ahah je suis sûre que tu te poses la question !! /sort/) De un, son "père" si elle pouvait l'appeler comme ça, sa fausse mère sinon, était blond(e). Il s'était décoloré les cheveux à l'age de 15 ans, un an avant d'avoir Givre. Et en quittant Ayate, après une longue engueulade, il lui avait sortit "Mais ma pauvre Ayate, t'aurais du te douter que je ne m'intéressait plus à toi depuis que je me suis déteint les cheveux". La mère de Givre lui avait raconté ça en pleurant son alcool un Dimanche, premier point négatif pour les blonds dans le coeur de Givre. Et Hayate, le plus vieux membre de son groupe, ceux qui les avaient quittés en premier, était blond également, décoloré. Et puis il y avait eut ce gars, qui avait suivit Givre pendant un an. Il marchait derrière elle dans la rue, attendait devant Pretty School lorsqu'elle était en cours. Et il l'avait attaquée, il y a un an. Il était maintenant en prison, car la plainte de Givre avait révélé que ce gars-là avait déjà agressé des dizaines et des dizaines de filles. IL était blond.
    Alors selon son expérience, les blonds décolorés étaient "Gays, Lacheurs et Harceleurs".
    Pour l'instant, seul le dernier point collait avec Misao. Après, si il était un vrai blond, elle pouvait changer d'avis.

    « Ah, au fait. Joli sourire… tellement révélateur. C’était fort plaisant. Dommage qu’on ne le voie pas plus souvent… »

    Raah, il recommençait avec ses compliments à la noix ! Qu'est-ce qu'il voulait, la faire rougir ? Non, il n'y arriverait jamais. Il avait peut-être réussit à la faire parler, et à lui arracher un compliment. Mais elle ne montrerait pas ses émotions devant un inconnu. Ni même devant personne d'ailleurs. Même les trois membres de Black Swan ne l'avait jamais vue rigoler comme une truie ou pleurer à chaude larme. Quelques sourires et longues phrases, c'était à peu près tout. La seule personne avec qui elle avait était vraie et extravertie, c'était sa Grand Mère.
    Givre remonta son regard vers Misao, le fixant droit dans les yeux pendant dix bonnes secondes. C'était long, dix secondes. Puis elle ferma les yeux et dit tout en calant sa tête sur le canapé :
    - Merci beaucoup, c'est gentil.





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MessageSujet: Re: Le pire jour de la semaine [PV Misao]   Mar 21 Déc - 18:11

    Le bar avait reprit une ambiance agréable, et loin d’être monotone. Une ambiance que j’affectionnais tout particulièrement. Notre jeune femme avait le don de faire changer les choses, en un coup de baguette magique, ou bien… en un simple grincement de sa voix. Je me demandais si elle s’en rendait compte, vraiment. C’est pour cela que je lui faisais comprendre, que sa voix, d’une certaine manière, ne me laissait pas de marbre. On m’avait appris à toujours être sincère à propos de la musique. Et je n’avais jamais changé sur ce point. Lorsque n’importe quoi touchait la musique, je ne pouvais m’empêcher de me laisser emporter. Un peu trop virtuose et enthousiaste sur ce sujet. On ne change pas les gens après tout. Et on ne peut se forcer à changer. Je n’arrêtais pas de sourire, et ce, en la présence de Givre, ou même sans elle. Ce qui pouvait être crispant pour la personne, car on arrive que rarement à reconnaître le vrai du faux. Ça me plaisait. Mettre du mystère, laisser l’autre personne réfléchir, ou même s’énerver contre moi en me disant « Arrête de sourire bordel ! », mais ma réponse à ce genre de remarque, ne serait qu’un rire sonore et particulièrement hypocrite.

    Je lui avais dis, en quelques sortes, qu’elle était faite pour la guitare. Que j’aimais beaucoup sa manière de jouer, ses compositions… ah, quoi que… ça, je ne me rappelle pas lui avoir véritablement dit… mais en tous les cas, je le pense. Je n’étais pas très doué pour composer… je me contentais de reprises. De rajouter quelques petits trucs par-ci, et par-là, mais sans plus. Du coup, je vouais une certaine admiration envers Givre, qui elle, faisait tout par elle-même. Et, elle le réussissait plus que bien. J’aurais bien aimé qu’elle passe, rien qu’une fois en mon bureau, son dossier m’intéressait. Mais elle n’est jamais venue. Alors bon… je venais ici certains dimanches, afin d’essayer d’en apprendre un peu plus sur elle. Mais en vain. Je ne pouvais croire les paroles des autres. Il fallait que je vienne lui parler de moi-même, mais je n’en avais jamais eut l’occasion. A part aujourd’hui. Il y avait des choses qui se révélaient justes, aussi bien que d’autres, qui s’avéraient fausses. Le fait qu’elle paraisse énormément insensible, lorsqu’on lui parle, indifférente, était pour le moment vrai. Mais le fait qu’elle ne puisse pas vous aligner plus de deux mots, est bien évidemment faux. Et par le plus grand des miracles, elle ne m’avait pas encore ordonné de dégager. Et de toutes manières, je ne partirais pas parce qu’elle me le demanderait. J’étais assez collant, lorsque je voulais en savoir un peu plus sur une personne en particulier. Lorsqu’elle ne m’intéresserait plus, je la lâcherais bien sûr. Comme je l’ai fait avec pas mal de personnes. Mais en tous les cas, je reviendrais tout de même le dimanche pour l’écouter. C’était la moindre des choses, et puis, de toutes manières, j’aimais beaucoup sa voix. « Je ne t'ai pas demandé ton avis. Mais merci. » Hum ? Ah, le compliment que je lui avais fait pour son improvisation. Je souriais doucement, gardant mon air sympathique et angélique dessiné sur mon visage.

    Je crachais de la fumée, tout en continuant de lui parler de sa prestation, complimentant par la suite sa voix. Elle m’atteignait affreusement. J’aimais tous les styles de musiques, mais je portais grande attention à la voix du chanteur, et aussi à la manière de tenir l’instrument. C’étaient deux choses très importantes pour moi. On pouvait ainsi lire à travers leur cœur, avec une certaine facilité. Je la vis me répondre d’un simple geste de la tête. Ce qui relevait presque du miracle qu’elle m’écoute déjà. Je me connaissais bavard. Très bavard, et étrangement sociable. J’allais vers les autres avec une grande aisance. Comme vous avez pût le remarquer. Je n’ai pas attendu de me faire remballer pour m’asseoir à la table de la demoiselle. En fait, la réponse m’aurait parue beaucoup trop évidente. Alors, pourquoi attendre une réponse négative ? Autant faire, et recevoir les représailles… plus tard. Par une gifle, ou des insultes. Peu m’importe. Je peux atteint par ces choses futiles. Seules les choses recherchées m’intéressent. Je suis peut-être trop exigeant envers les autres ? Mais… je n’aime pas parler avec des idiots. C’est aussi simple que ça. Non pas que je ne peux les supporter, mais leur sens de la conversation est plutôt… ennuyant. Après son hochement de tête, je continuais la conversation, en lui posant cette fois-ci, une question.

    « Je parie que tu n’es pas née de la dernière pluie, et que tu as fait du chant et de la musique autre part avant… hum… un groupe, je dirais ? Tu n’as pas une tête à faire carrière en solo, même si tu te débrouilles super bien. »

    En fait, j’étais presque certain de la réponse. Mais je voulais l’entendre de la voix de Givre, en avoir en quelques sortes, la certitude. Je n’aimais pas me faire des idées fausses. Alors bon, autant confirmer le cas. La demoiselle se redressa soudainement. Puis, plongea son regard dans le mien. J’attendais patiemment une réponse. D’ailleurs, elle ne tarda pas à montrer le bout de son nez.

    « En effet, je n'ai pas toujours été soliste. Avant je faisais partie d'un groupe, Black Swan. »

    Ah ! J’avais donc vu juste, c’était une bonne chose à savoir. Mon sourire s’intensifia. Et là… belle et grosse surprise, volume trois. Deux phrase pour le prix d’une ! Et bah. Je n’en avais pas demandé. J’espérais que ça n’avait pas été trop dur pour elle… Black Swan… c’était un nom bien joli. « Cygne noir ». Hum… j’imaginais bien le style du groupe. Punk-rock non ? Un truc dans le genre ? Ça ne m’étonnerait pas tellement, vu le style de la demoiselle, qu’elle doit certainement avoir détenu de cet ancien groupe. J’avais bien envie de lui demander pourquoi est-ce qu’elle avait quitté le groupe, mais bon, elle me remballerait immédiatement. Donc autant… réserver cette question pour plus tard ? A moins qu’elle ne sorte de ma bouche dans quelques instants, avant même que je ne m’en rende compte. C’est que j’en serais bien capable. A force d’être franc, on en oublie même parfois ce que l’on dit, et le mal que ça peut faire à la personne. Peut-être qu’elle n’avait pas envie d’en parler. Alors, je respectais ce choix secret. Je me contentais tout simplement de lui répondre, un sourire particulièrement prononcé au bout de mes lèvres.

    « Black Swan ? Quel joli nom… « cygne noir ». J’aime beaucoup. Mais, à ce que j’ai bien compris… il est dissout ? »

    Herm… disons que j’ai formulé finalement, ma question, en quelque chose de plus soft. Après tout, elle avait juste à me répondre par un oui, ou par un non. Et si elle voulait plus en rajouter, elle avait le droit de le faire. Mais je ne la forcerais pas. Je lui dis par la suite, qu’elle avait un joli sourire, et qu’il était fort dommage qu’elle ne l’offre pas plus souvent, car c’était en quelque chose, un doux spectacle pour les yeux. C’était à la fois un compliment, mais aussi la vérité. Lorsqu’elle était sur scène, elle souriait, elle était heureuse, elle était « dans son véritable chez-soi », et lorsqu’elle descendait, toute la lueur qui résidait dans ses iris s’estompe. C’est triste… je pouvais comprendre cela. Du moins, je pense. Après tout, si on m’expliquait, j’arriverais à tout comprendre. Elle me fixa, après cela, dix bonnes secondes, et me lâcha, en fermant les yeux et déposant sa tête sur le canapé.

    « Merci beaucoup, c'est gentil.
    - Pas besoin de me remercier, ce n’est que véridique. » Répondis-je au tic et au tac.

    Le patron arriva avec un cocktail à la main, qu’il plaça devant la chanteuse. Il se retourna vers moi, me demandant si je n’avais toujours pas soif, je hochais négativement la tête, petit signe de main, repoussant, tout en lui avouant que ça allait plutôt bien jusqu’ici avec un petit sourire. Il me rendit aussitôt ce dernier, en haussant des épaules, retournant à son travail. J’examinais d’un peu plus près le cocktail. Je savais qu’elle ne buvait pas d’alcool. Alors… il n’y en avait certainement pas à l’intérieur. Intelligent d’en élaborer, un tel. Je la voyais depuis tout à l’heure éviter mon regard. Je venais de finir ma cigarette. Je l’écrasais dans le cendrier. Me disant soudainement qu’il fallait que j’arrête. Deux, c’était bien assez. Je reposais mon menton dans le creux de ma main, gardant mon regard rivé sur Givre. Puis. Je lui demandais, un peu curieux.

    « Il y a quelque chose qui t’insupporte chez moi, pour m’éviter à ce point ? »

    Je me reculais doucement, puis, je sortais de ma poche un paquet de chewing-gums. A la fraise. J’adorais ce fruit. C’était l’un de mes préférés. J’en pris deux, que j’enfilais dans ma bouche. Je n’aimais pas garder le goût de la clope dans ma bouche. Il fallait que je l’enlève. Et ce, le plus vite possible. Mais bon, si j’aurais bu, il est vrai que ça n’aurait pas servi à grand-chose. Car mon, remplacer le goût de la cigarette par celle de l’alcool, ce n’est guère mieux, il faut l’avouer. Je laissais mon paquet sur la table, si Givre en voulait un, il n’y avait aucun problème. J’étais plutôt généreux. Je mâchais doucement, bouche fermée. Puis, je portais mes yeux sur mon casque de moto. Je me demandais quand est-ce que je partirais. Peut-être dans la soirée. La nuit n’a pas encore commencée, et la plupart de mes amis arrivent la nuit tombée. Je décidais de les attendre. Après, je verrais avec eux ce que l’on fera. Mais enfin. Pourquoi me préoccuper du futur ? Le présent est déjà bien plus encombrant. Je reposais mon regard aux reflets bleutés sur Givre. Puis, je lui demandais, tout sourire. Une question simplette, faisant comme si je la connaissais point.


    « Cocktail sans alcool je présume… ? »





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MessageSujet: Re: Le pire jour de la semaine [PV Misao]   Mer 22 Déc - 12:05

Dire à haute voix le nom de Black Swan rendit immédiatement la jeune fille un peu mélancolique. Ils étaient en fait, les trois anciens membres du groupe, son ancienne famille. Elle avait vécu tant de choses avec eux, découvert tant de nouvelles sensations.. La première fois qu'elle était montée sur scène, c'était avec eux. Ici, au Water Cats. Sûn était un ami du gérant et avait négocié une soirée, à titre d'essai. Et la joie de pouvoir remonter encore encore, sur des dizaines de scènes. Le plaisir d'avoir un endroit où échouer le soir, la salle de répétition qu'ils louaient au sous-sol d'un vieil immeuble. Un endroit sans fenêtre, tapissé de briques rouges et qui les vieilles maisons et le cuir, du au canapé installé dans un coin. Elle n'avait jamais retrouvé une odeur qui la calmait à ce point. Et puis aussi.. Sa première expérience amoureuse, et la seule d'ailleurs. Avec Sûn toujours.. Le Guitariste du groupe, et également le Leader. Puis il était partie avec cette pimbêche qui passait ses soirées au Karaoke. Givre avait faillit s'évanouir il y a un mois quand elle avait vu son ex petit copain entrer au Karaoke, il portait les vêtements dont il se moquait à gueule ouverte avant. Les gens changent bien trop..

Misao souriait toujours, le faux blond assit en face d'elle tenait toujours son insupportable sourire. En réalité, elle n'était même pas sûre que ses cheveux soit une décoloration. Les reflets étaient assez naturels pour que ce ne soit pas chimique. Aaah, Impossible ! Cela n'aurait rajouté qu'encore plus d'étrangeté au garçon. Déjà son prénom, son sourire large comme la lune, les chansons qu'il jouait et ses cheveux. C'était un extra-terrestre. Il venait faire quoi ici ? L'enlever pour l'emmener sur sa lointaine planète plein de bonshommes verts, à bort de son vaisseau spatiale ovale avec un tas de lumières bruyantes. Il fallait qu'elle se calme..
"Givre, Givre, Givre, tu as trop d'imagination" Base de la musique, l'Imagination ! Oui, un jour, un client d'un bar où elle jouait lui avait dit " Un musicien est un bon musicien quand il maîtrise les quatre I : Interprétation, Imagination et Improvisation." Zut, il lui manquait un I. Tant pis, elle ne se souvenait plus. Elle n'arrivait même plus à se rappeler la tête du gars qui lui avait dit ça !



« Black Swan ? Quel joli nom… « cygne noir ». J’aime beaucoup. Mais, à ce que j’ai bien compris… il est dissout ? »


Oui, un nom vraiment magnifique.. Surtout si on savait pourquoi le groupe portait ce nom. Il avait été l'aboutissement d'une des incessantes querelles entre les membres du groupe. Surtout entre Sûn et Givre en fait. Car le leader du groupe, connu pour son ego minuscule, avait décidé que le nom du groupe devait être à l'image du membre phare du groupe : Lui. Il avait donc proposé un tas de nom plus idiots les uns que les autres, "Vraiment à ton image", comme l'avait fait remarquer le bassiste. Puis l'aîné du groupe, qui occupait le poste de Batteur, l'avait faire taire et lui avait dit "Je suis d'accord avec toi, le groupe doit être à l'image du membre phare, mais également de tout le groupe." Il avait déjà trouvé un nom "Black Swan". Quand Sûn lui demanda pourquoi, il lui répondit qu'il était parfait car selon lui, il représentait magnifiquement Givre. Un cygne est normalement blanc, immaculé. Comme ce que l'on peut attendre du Givre ou d'une jeune fille. C'était là un cygne plus sombre, qui n'avait plus rien de pur. Un Cygne qui vole la nuit pour se fondre dans le paysage et ne pas rencontrer les autres. Il représentait en ça la personnalité de tous les membres du Groupe, surtout Givre. Ce nom avait été voté à la majorité, sauf un voix. Celle de Givre, ce qui avait seulement fait sourire les trois amis. Sûn avait faillit se faire tuer en répondant "On sait bien, Givre, que son son habit noir, le cygne est encore immaculé et pur. Comme t.." Heureusement qu'on l'avait fait taire. La jeune fille l'aurait tué.

Dissout ? C'était exactement le mot. Black Swan s'était dissout dans les mains de Givre sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle avait laissé partir la seule chose qui comptait pour elle.. Comme elle avait laissé sa Grand-mère partir. Depuis ce jour, Givre s'était juré de ne plus laisser filer ce qui comptait pour elle.
Le seul problème était que rien ne comptait plus pour elle depuis. Sauf le chant et la guitare. Alors à moins de devenir muette, elle chanterait jusqu'à en mourir, peut importe si cela plaisait aux gens ou non.
Mais d'abord, de quoi se mêlait Misao ? Elle aurait du se douter qu'il lui poserait cette question, il était tellement direct ! Elle lui répondit tout de même après un temps :

- Oui, il s'est dissout.

Sa cigarette était finie. Elle avait perdu le compte. Tant pis, quand elle perdait le compte, elle en rallumait une. Fouillant dans la poche de son blouson, elle en sortit donc une nouvelle cigarette et la porta à ses lèvres. Elle compensait l'alcool qu'elle ne buvait pas par ses cigarettes quand elle était dans ce bar. Sans savoir pourquoi d'ailleurs. La jeune fille savait bien qu'elle n'aurait jamais du commencer à fumer. Elle était devenue totalement dépendante. Comme sa mère avec l'alcool. A une seule différence près : Elle pouvait encore marcher et parler normalement après avoir fumé trois paquets. Et fumer donnait à sa voix un petit côté grave qu'elle aimait bien.
Misao recommença à la fixer, elle sentait le regard du jeune homme, et ça l'agaçait profondément. Elle détestait qu'on la regarde. Elle détestait se regarder, elle se haïssait.

« Il y a quelque chose qui t’insupporte chez moi, pour m’éviter à ce point ? »
- Oui, tes Cheveux.

Elle avait répondu du tac au tac également, sans même réfléchir. Cela la gênait depuis le début, alors la réponse lui paraissait évidente. Pour elle tout du moins.
La patron arriva avec un Cocktail qu'elle avait commandé. Elle commençait à avoir soif. Chanter sans boire après était assez suicidaire. Et comment mieux prendre soin de sa voix qu'avec ça ? Elle s'inclinait devant l'énorme talent du Patron en matière de boissons, et c'était pour cela qu'elle revenait à chaque fois. Parce que boire un thé ou un café, c'était bon pendant une semaine ou deux. La plupart des bars à peu près fréquentable pour elle ne vendaient que de l'alcool en "vraie boisson". Le Water Cats était une petite exception, pour son plus grand Bonheur.


« Cocktail sans alcool je présume… ? »

Comment ça, il présumait ? Givre se mit immédiatement sur ses gardes, se refermant totalement. Oui, c'était sans alcool. Et alors ?! Elle lui lança un regard extrêmement dur et sombre. C'était le sujet tabou avec elle. Si Givre continuait de lui parler, c'était aussi parce qu'il n'avait pas commandé encore d'alcool. Malheureusement pour lui il venait de la toucher directement. Présumer, cela voulait dire qu'il savait déjà qu'elle ne buvait pas d'alcool ? La plupart des gens ne connaissait pas ce cocktail, personne en fait ! Et il était impossible de discerner à première vue qu'il ne s'agissait pas d'alcool, donc à part le Patron, personne ne savait qu'il ne s'agissait pas d'alcool. Et elle avait demandé au Gérant de ne pas en parler, il connaissait l'histoire lui et l'aidait à garder le secret. Alors comment pouvait-il présumer, hein ? Elle posa son verre assez bruyamment, et lui demanda tout aussi brutalement et froidement qu'elle venait de poser son cocktail :
- Comment ça, tu présumes ?

Oh Misao, tu as intérêt à avoir une bonne explication, tu ne reverras sinon jamais Givre. Il était à Pretty School, se pouvait-il donc qu'il est entendu des choses sur sa mère ? Impossible, seule la directrice le savait, et elle ne connaissait pas tout, croyant que sa mère était assez valide pour s'occuper d'elle. Si elle avait su que Givre vivait seule, il était évident qu'elle aurait été jetée de partout. Et elle avait besoin de finir ses études. Misao ne pouvait pas savoir, elle n'était jamais venue le voir, donc il logiquement il n'avait pas lu son dossier, non ? Malheureusement, il semblait que la Logique n'existait pas dans l'esprit du Jeune homme..
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Misao Kiyomizu
Farewell, Darling.

 Farewell, Darling.


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Did you ever see an asparagus ?

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MessageSujet: Re: Le pire jour de la semaine [PV Misao]   Jeu 14 Juin - 3:59

    Quand on ment, cela nous retombe forcément dessus, au bout d’un certain moment. Mais pourquoi dis-je ça au juste ? Je n’ai aucunement menti, je suis juste très bien renseigné, et malheureusement pour beaucoup de personnes, je sais discerner le vrai du faux. On se conseille auprès de moi, on se vend, on croit tout garder en donnant à un inconnu, mais c’est faux. Totalement faux… on ne fait qu’aggraver, que se donner de faux espoirs. La vie est cruelle, et l’on ne peut faire confiance à… personne. Hors de mon travail, il est vrai que j’étais une personne indomptable. Il était difficile de tirer de moi, mot sur ma vie. J’étais encrée au présent, tant bien que parfois, lorsqu’on me soufflait des mots de mon passé, je répondais par un sourire large comme l’immensité de la nuit, sifflant des mots faux, et archi-faux, aux notes ratées et croches pendues. « De quoi tu parles ? » C’est vrai. Ma vie avait changé. J’ai toujours été ce que je suis aujourd’hui. Je le sais. Et pourtant, il y avait parfois, encore des gens pour le contester. Critiquer sans connaître la personne… hein ? Voilà quelque chose qui me déplaisait fortement. Et c’est aussi le pourquoi j’avais voulu être psy’. Ouvrir des dossiers, des livres, s’instruire de la vie des gens. Ecouter des ragots, des paroles futiles qui pourtant peuvent en dire bien long Sur n’importe qui et n’importe quoi. Une importance, un fil long et approbateur. « Ahh… Misao, parfois, ta propre capacité analytique peut s’avérer effrayante. Tu vois et entends ce que peu de personnes peuvent percevoir. Tu es étrange, tu es en toi-même, une personnalité effrayante. » Oui, c’est vrai. On m’avait conté ça un jour. Et je répondais simplement, large sourire aux lèvres « Tu trouves ? » J’étais une personne… difficile à comprendre. Et c’était peut-être pour cela que je m’attardais plus sur les personnalités renfermées. Car parfois, ce sont elles qui ont le plus gros à dire. Le plus long à développer. Et les torrents de larmes à verser. Non, je ne suis pas une épaule sur laquelle on peut pleurer. Je suis seulement… une cassette. J’enregistre, et je suis autonome. J’écoute et réécoute. Je perçois l’essence même de la voix et ce qui se cache derrière chaque petit grincement et reniflement. Je suis bizarre.

    Chacun sa spécialité, n’est-ce pas Givre ? Toi, c’est te taire ou bien chanter, jouer de la gratte, et moi, c’est le piano ou bien analyser. Tu aurais été bien veine de croire qu’on pouvait lire en moi tel un livre ouvert. C’est beaucoup… plus dur, on va dire. Je ne pense à rien. Je constate juste. Je suis direct, je pourrais lancer des piques, et pourtant, je me retiens parfois pour ne pas paraître désagréable. Givre, dis-moi… Serait-il possible de te revoir sourire, une dernière fois ? Comme tu pourrais le faire avec tout le monde, ton sourire neutre et sans définition. Cette chose similaire à la mienne, mais qui pourtant, semble difficile à écorcher de tes lèvres. Montre-moi donc, et laisse-moi lire en toi, te machiner de mes talents, te découvrir de manière chaste. Tu es tellement… passionnante. Cela en devient même frustrant… irritant. Tu es froide et mystérieuse, et ça attire l’œil, ça met la puce à l’oreille. Ca donne envie à tout le monde de te découvrir, te déshabiller, te mettre à nu. Et pourtant, moi, j’ai à peine l’envie de te défroquer du regard. Seules tes iris me comblent, et tes lèvres. Je suis assez chaste dans l’analyse, je ne me sers point du corps de mes cobayes pour compléter mes expériences. La première apparence suffit. La parole affûtée, et de longs regards, construisant des murs, ou bien les détruisant, les faisant fondre telle de la vulgaire cire.

    Je la regardais. Je la fixais. Je l’analysais. J’aimais bien ça, en traître. Paraître grossier et vulgaire par rapport au regard. Les yeux en disent parfois plus que les gestes et paroles vous savez… et pourtant, lorsque vous combinez les trois, cela donne une harmonie parfaite, celle qu’est la conscience et l’être humain. Elle finissait sa clope, l’écrasait puis en ressortait une autre, pendant que moi… et bien… je mâchais, mastiquais mon chewing-gum avec intensité, et lenteur. Givre évitait mon regard. De me regarder, tout simplement. Mais il me semblait bien que le poids de mon regard commençait à se faire sentir, à l’irriter. C’est alors, qu’en bon gentilhomme, je me montrais galant, et poli, lui demandant d’une manière calme et posée, une question qui me tracassait :

    « Il y a quelque chose qui t’insupporte chez moi, pour m’éviter à ce point ? »
    « Oui, tes Cheveux. »

    Mes… cheveux ? Comme si je retombais sur la planète terre, je posais mes yeux sur mes quelques mèches de cheveux rebelles, constatant leur couleur blonde, virant légèrement vers la couleur or. Oh… je vois. Mes cheveux la dérangeaient. Je souriais tout de même, aucunement vexé. C’était intéressant. Je me grattais aléatoirement la nuque, laissant mon sourire s’étendre jusqu’aux oreilles. Un sourire, encore faux, bien sûr, et qui pourtant… semblait aux yeux de tous naturel. On me connaissait ainsi, j’étais le feu et l’eau. Soit il m’arrivait de ne plus sourire par mauvaise humeur quotidienne, ou bien… je souriais, sans véritablement le vouloir, ou même en donnant une signification. C’était… seulement un masque. Quelque chose d’accrocher à mon visage, refusant de se retirer, les griffes acérées sous ma peau. Je regardais alors Givre, lui avouant en riant légèrement, un rire ne montrant aucune gêne apparente, quelque chose de simple et plutôt agréable à entendre, quand on ne me connaît pas.

    « Oh ? Pardon. » Riais-je. « Dois-je me les colorer sur le champs, pour que tu ne daignes me regarder ? Je m’excuse d’être blond de naissance dans ce cas… ! »

    Le patron s’était ramené avec un cocktail pour la demoiselle, que j’avais deviné sans alcool. Il est vrai que je connaissais des bribes de son dossier, qui m’avait attiré à la rencontrer. Mais sans plus. Ainsi, je lui lançais de mon naturel direct, et voir même agaçant… très agaçant même…

    « Cocktail sans alcool je présume… ? »

    Réaction immédiate. Ouuh. Un regard dur et froid, mettant en avant sa véritable personnalité. J’aimais bien ça, même si j’étais venu à la base en ami. Elle posa violemment son verre sur la table, donnant naissance à un bruit qui m’était fort désagréable, sous ce dernier, mon sourire se crispa légèrement. Puis, je la voyais légèrement se méfier, se relever, brandir à nouveau sa carapace d’acier, qui venait pourtant depuis une bonne demi-heure déjà, de s’ouvrir. Se laisser aller. Malgré mes cheveux, elle m’avait accordé de belles paroles. De longues phrases que pourtant peu de personnes arrivaient à lui tirer habituellement. C’est alors, à l’affût de ma précédente question, qu’elle me demanda avec une curiosité froide et sans véritablement se doser, comme si cela sonnait comme un reproche. Et bien, elle avait un tempérament agressif, de temps en temps. Ce n’était pas plus mal… Je souriais d’autant plus.

    « Comment ça, tu présumes ? »
    « Ohh… ! » Chantonnais-je. « J’aime bien ce regard, cette agressivité. Tu changes complètement, mais rassure-toi, je ne suis pas des plus mesquins. »

    Quoi que, cela reste à prouver. Je posais mes coudes sur la table, mêlant mes dix doigts entre eux, et posant mon menton par-dessus, la regardant d’un air curieux et interpellé, toujours avec cette pointe d’hypocrisie raffinée, qui pourtant, n’était pas complètement voulu. Je fis une ou deux bulles, la laissant souffler, évacuer cette dose d’énervement qui venait de monter en flèche dans son esprit grandement fragile, puis, je lui répondis alors, avec une certaine attention.

    « Tu es mignonne. Tu prends tout au pied de la lettre. » Répondis-je doucement. « Tu viens souvent ici, je le sais, et la tête de ce cocktail ne me disait rien, et tu prends le même à chaque fois. Un soir, j’ai demandé à avoir le même, et le patron m’a répondu qu’il était spécial. » Je m’accordais une pause. « Mais je suis plutôt curieux, j’aime aussi le travail du patron, il est doué, et un autre soir, je lui ai redemandé le même. Et il me la fait naïvement, croyant que le goût m’importait peu. Et c’est ainsi que je l’ai sût. » Je me mis doucement à rire.
    « Tu m’en veux ? »


    [ HS : Bonjour, quand je m'ennuie à 5heures du matin, je réponds à de vieux RP. ]

    [Tomate : Je me disais, j'étais là "wtf" XDDDDDDDDD]

    [ HS : Non non, je n'ignore pas la fermeture de P.S, pas du tout ! /VLAM/ ]


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