Pretty School, un simple et joli lycée, tenu par une directrice très désagréable, peuplé par ses élèves et son personnel.
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)   Ven 3 Sep - 17:33

Tiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiii
Boum !
Un carambolage ? Une explosion ? Non juste un réveil qui se fit assommé sans aucune pitié. David allongé sur le dos ne fit pas le moindre mouvement pour sortir de son lit, seul son bras gardé encore ses yeux dans l’obscurité la plus totale.
Le jeune homme n’avait aucune envie de se lever, mais vraiment aucune. Vous vous dîtes c’est parce qu’il a mal dormi et qu’il est malade? Oui mal dormi ça c’est vrai et non il n’était pas malade.
C’est juste la rentrée. Et oui, les vacances venaient de se terminer !
Pourquoi si peu d’enthousiasme ? Tout simplement parce que David a horreur de l’école, et encore plus les cours. Raison suffisante pour rester prostré ainsi ? Oui si on ajoutait ce petit détail, du moins petit détail…
Cette rentrée s’annonçait différente des années précédentes. En effet, le français allait devoir intégrer un internat, ce qui explique ce réveil brutal un dimanche matin.
Un internat.
C’était la première fois que David allait être pensionnaire, c’était la première fois qui allait dormir ailleurs que dans cette chambre qui était sien depuis sa naissance… La première fois qu’il n’allait pas rentrer chez lui après les cours. Première fois qu’il allait devoir quitter Séréna… A partir d’aujourd’hui, il ne la verrait plus que les week end… Deux jours par semaine seulement ! Cela lui plombait le moral, lui donnant envie de refermer les yeux pour se rendormir et de se réveiller de ce cauchemar qui allait prendre forme derrière les grilles de cette école. Comment allait-il pouvoir supporter l’absence de sa sœur ? La distance ?
Cela allait être une étape pour ces deux là. Ils en avaient vu d’autre bien sûr mais celle là s’annonçait difficile. Mais comme toujours ils en sortiraient vainqueurs n’est ce pas ?
Seul l’avenir nous le dira…
Il resta donc ainsi sans bouger pendant plusieurs minutes, perdu dans ses pensée avec pour bruit de fond le va et vient des pas de sa mère au rez de chaussée.
Elle devait être devant la gazinière en train de préparer du pain grillé et le café, tandis que son père feuilletait un de ses magazines économiques sur la table de cuisine. Oui une journée comme les autres pour eux.
Le train train quotidien à l’exception qu’on était dimanche et non en pleine semaine.
Les minutes s’écoulèrent… Finalement David se leva, les cheveux en bataille, torse nu et en caleçon, il prit ses vêtements pliés sur son bureau et d’une main il tira le rideau au dessus de celui-ci et constata les gros nuages gris qui défilaient dans le ciel.
*Super journée dis donc ! ironisa le français.
Le temps semblait être à l’image de l’humeur du jeune homme…
Puis il se dirigea vers la salle de bain en évitant du mieux qu’il put de regarder ce satané sac qui lui rappelait son départ proche…
L’adolescent l’avait préparé la veille pour éviter d’oublier quoi que ce soit. Faut dire qu’avec son côté tête en l’air il valait mieux.
Après une douche rapide pour rattraper le temps perdu dans son lit, David enfila un jean noir, son T-shirt, un pull gris et son sweat à capuche noir avec des dessins et des écritures blancs dessus. Sans oublier ses mitaines aux mains, son bracelet en cuir à son poignée droit et son bandeau rouge. Une tenue sombre pour une journée qui l’était tout autant… A peine fut-il sorti de la pièce qu’il entendit son père dire à sa femme sur un ton sec« mais qu’est ce qu’il fabrique bon sang ? ». Sympa l’ambiance vous ne trouvez pas ?
Cela ne faisait qu’en rajouter sur l’humeur du français qui était déjà très proche de l’énervement avec une pointe de colère et une pincée de nostalgie lorsqu’il retourna récupérer son sac.
Il jeta un rapide coup d’œil à sa chambre se disant mentalement que ce soir il ne dormirait plus là, qu’il serait loin d’ici, loin de ce décor, loin de ses trophées, de ses posters, de ses BD, de sa console, de ses jeux. De tout ce qui l’avait toujours entouré.
David referma la porte…
Chargé de son sac, il prit le couloir et s’arrêta instinctivement devant la chambre de sa sœur. Son cœur s’emplit d’émotion. Ils s’étaient dit au revoir la veille… Seul à seul.
Il se rappela les larmes au coin des yeux bleus de Séréna qui tentait de les retenir vainement tandis que lui lui lançait des sourires, esquissait plutôt. Comme toujours il prenait sur lui pour apaiser sa sœur de deux ans sa cadette. Il la rassurait en lui disant que cinq jours ce n’était pas si long toujours sur un ton amusé et serein. Il disait cela mais il ne pouvait tromper son cœur…
Alors que David venait de passer la chambre et d’arriver en haut des escaliers, il entendit son père marcher d’un pas déterminé, puis arriver aux pieds des escaliers lui assénait d’un ton sec :

_ Tu as vu l’heure David ? la colère et l’impatience se lisait sur son visage fatigué par sa semaine de travail. On va être en retard si ça…
L’adolescent regarda son père dans les yeux et le coupa en lui lançant sur un ton ironique :

_ Bonjour Papa tu vas bien ?

Son père se retint de ne pas lui hurler dessus devant cette insolence ! Mais il se retint pour Séréna qui se reposait à l’étage.
Depuis quand son fils lui répondait-il ainsi ? Depuis quand David lui manquait-il de respect ? Depuis quand leur relation était ainsi entre froideur et colère ?
Il ne serait le dire. Cela datait déjà d’avant leur départ de France mais ce déménagement n’avait fait qu’agrandir le fossé entre eux. Il faut dire que son fils tout en grandissant avait aussi développé un caractère fort et insoumis. Ce qui enclenchait sans cesse des disputes entre eux pour de simple broutille à la base…

David descendit sans trop se presser, embrassa rapidement son père puis se dirigea vers la cuisine dire bonjour à sa mère. Celle-ci lui tendit un sac où elle lui avait préparé son petit déjeuner (vu qu’il n’avait pas eu le temps de le prendre) et à peine il s’en saisit que son père lui rappela l’heure !
Il se pinça les lèvres pour ne pas lui dire quelque chose de bien corsé… Son père partit sortir la voiture du garage.
David alla dans le hall suivi de sa mère, puis vint le moment des embrassades. Mais après Séréna, plus rien ne pouvait le toucher...
L’adolescent rejoignit son père dans la voiture, celui-ci pianotait sur le volant le regard perdu vers l’extérieur. Pas même un regard pour son fils… Charmant l’ambiance vous ne trouvez pas ?
Enfin, ils démarrèrent. Un silence pesant régna dans l’habitacle. David s’accouda à la portière, le regard perdu vers l’extérieur, ses pensées à mille lieux de là.
Il n’avait pas envie de vivre en internat, d’être éloigné de sa sœur… C’est sûr que c’est pas son père qui va lui manquer ! Vu leur entente.
Pour brisé ce silence lourd, le père alluma la radio pour apaiser un tant soi peu l’ambiance.
David jeta un œil sur son père. Un homme d’une quarantaine d’année, les cheveux courts, des lunettes fines, les épaules larges, le regard fixant la route. Quelle froideur entre les deux hommes !
Tout comme la température extérieure. Et pour couronner le tout les premières gouttes de pluie arrivèrent ! Quel temps pour un début septembre !
* A l’image de mon humeur le temps !
L’averse ne tarda pas à tomber ! Les essuies-glaces allaient à fond pour chasser l’eau tombant sans discontinuer.
Les voitures durent ralentir ce qui occasionna de nombreux bouchons ! Bouchons qu’avait prédis son père !

_ Qu’est ce que je t’avais dit David ! Regarde maintenant on est en plein dedans ! Bravo ! Si tu t’étais levé plus tôt !David se tourna vers son père et lui lança un
- Je t’avais pas demandé à ce que tu m’accompagne !

Il se serait débrouillé sans lui ! Il croyait quoi ? Qu’il était perdu sans lui ? Il ne l’avait pas attendu pour grandir, pas attendu pour être le jeune homme qu’il était ! Oui ce même jeune homme qui ne semblait pas apprécier, ni même tolérer…
Trop différent de lui voyons ! Trop sportif et pas assez intellectuel ! Combien de fois en effet ne lui avait-il pas rabâché le sport ne menait nulle part ?
A part le nom, le sang, et quelques ressemblances physiques comme la mâchoire, et les yeux noisette, ils n’avaient rien d’autre en commun. Pas le goût du sport, ni celui des échecs! Des caractères forts mais bien différents ! L’un social, ouvert, un peu naïf sur les bords, l’autre renfermé, méfiant.

Son père lui répondit toujours sur le même ton :
_ Pourtant t’es bien content que je te conduise !

_ Tu crois que je t’ai attendu pour grandir ou quoi ? Je sais me servir des transports en commun tu sais !
Son père étant très occupé avec son travail, il n’avait vu ses enfants grandir… Trop occupé. Même quand il rentrait, il devait souvent s’occuper de dossiers… Il était présent par le corps mais pas par l’esprit… Mais revenons au présent et dans la voiture…

_ Tu me parles sur un autre ton, David ! lui hurla t-il tout en le regardant sévèrement. L’adolescent ne dévia nullement son regard, bien au contraire ! Il ne répondit pas mais ses yeux exprimés clairement son ressenti !
Le père fixa de nouveau la route, les lèvres serrées. L’ambiance devenait carrément polaire ! David aurait juré voir un pingouin sur le trottoir tiens !

Dehors on pouvait voir quelques personnes se dépêchaient pour se trouver un abri face au déluge qui tombait !
Le tableau de bord annonçait 7h47. Dans treize minutes pour être exact l’école ouvrirait ses portes ! Pourquoi aller si tôt à l’internat ? Parce que son cher papa ne voulait pas le conduire plus tard aux heures d’affluence ! David avait là encore protesté ! Il aurait voulu passer ce dimanche avec sa sœur mais non ! Ordre du chef ! Ben oui c’était lui dirigeait ce petit monde, lui qui décidait de la couleur de la voiture en passant par un déménagement à des milliers de kilomètres de la France !
L’adolescent était à vif, entre les au revoir avec Séréna, le fait d’entrer dans un internat, les engueulades avec son père !
Hum quelle belle journée n’est ce pas !Elle commençait bien en tout cas !
Puis son père brisa le silence, après avoir jeté un œil à sa montre d’un air agacé :

_ Tu vois, tu vas encore être retard ! Comme toujours ! Incapable d’être à l’heure et de tenir tes engagements !
A ces mots, la colère de David ressortit de suite, ses yeux lançaient des éclairs et ses mots sortirent de lui-même :

_ Je tiens toujours mes engagements ! Je me défile pas MOI !

Que son père se permette de lui dire qu’il manquait ses engagements le mettait hors de lui ! David avait toujours été là pour ses amis, dans les bons comme les mauvais moments ! Il n’avait jamais manqué un coup de fil, si un des ses amis n’allait pas bien. Le français arrivait à la minute même ! Alors que son père se permette de le juger, même de le critiquer !

La voiture était à l’arrêt, bloquée dans la circulation plus que dense… Son père se tourna vivement vers son fils :

_ Et depuis quand je me défile dis MOI, ? Tes engagements ! Avec ton ancien lycée t’as tenu tes engagements peut-être ? Il dit tout cela en fixant l’adolescent dans les yeux. Tu t’es fait viré ! persiffla t-il. Viré ! Son regard revient sur la route. Heureusement que je connais du monde sinon tu

Avant qu’il n’ait pu terminer sa phrase (que le jeune homme connaissait à l’avance), David lui cracha un « Va te faire foutre ! » jailli du fond de ses tripes, sortit tout en se saisissant son sac à ses pieds en claquant la portière de la superbe voiture cabriolet… La pluie continuait à tomber sans s’arrêter, plus forte qu’il y a encore dix minutes… David rabattit sa capuche et les mains dans les poches avança… Son père sortit de voiture, et une main sur la portière lui hurla : « Reviens immédiatement ici David ! ». Mais le jeune homme continua sa route sans même se retourner… Il l’avait entendu, en même temps vu la façon dont il avait hurlé, les gens à un kilomètre à la ronde avait dû l’entendre… Son cœur battait à tout rompre sous l’effet de la rage. Ses poings étaient serrés comme pour dominer une colère qui ne parvenait plus à contrôler vis-à-vis de son père.
Comment faisait-il pour le mettre dans des états pareils ? Il n’y avait qu’avec lui qu’il bouillonnait, il n’y avait que lui qui avait le don de le mettre sur les nerfs si rapidement ! Il fallait toujours qu’il cherche à le rabaisser ! Mais aussi à se mettre en avant avec ses « heureusement que je suis là pour ci »… Se croyait-il le centre de la famille ? Celui qui reliait tous ces membres entre elles ? Si c’est ce qu’il croyait, il se trompait grandement ! C’est Séréna qui maintenait un lien entre tous !
Puis pour son ancien lycée… Oui, David s’était battu, oui il s’était fait viré mais son père n’avait pas non plus cherché pourquoi cette violence chez son fils ! Surtout que David est quelqu’un de très sociable, qui parle et plaisante avec tout le monde !
En ce qui concernait son inscription à la Pretty School, sûrement que c’étaient les relations de son père qui l’avaient aidé à y rentrer mais dans tous les cas, si ce n’avait pas été cette école, cela en aurait été une autre ! Moins connu, moins réputé mais une école tout de même ! L’internat.
*Un moyen comme un autre pour se débarrasser de moi !
S’il n’y avait pas eu sa sœur c’est sûr que cela aurait fait du bien au français que de s’éloigner de son paternel ! Loin de l’égocentrisme de son père, loin de ces « je sais tout », « je te l’avais bien dit », de ces « moi à ton âge par rapport à toi »…

En ce moment même, David imaginait son père en train de fulminer, parlant tout seul de son fils à problèmes avec la radio pour fond sonore.

Le français réfléchissait à tout ça en marchant sous la pluie ! Cela ne faisait que cinq minutes que déjà, mais il était déjà trempé ! Des mèches collaient au front, la pluie dégoulinait sur ses joues pour gagner son cou… Mais pour autant il n’avait pas froid, la colère qui brûlait en lui sûrement !
David observa sur son sac en espérant que celui-ci résistera à l’eau. Manquerait plus que l’eau passe à travers tiens !
Ainsi chargé, le français n’eut pas trop de mal à circuler malgré les quelques passants qui, tout comme lui bravés la pluie !
Il arriva à une interception, le français s’arrêta, se demandant où aller pour se rendre à l’école ! C’est alors qu’il remarqua un panneau indiquant sa route, il prit ainsi la rue à droite...
David jeta un œil sur sa montre…Bon il arriverait juste à l’heure si il maintenait cette vitesse de marche… Et si il ne rencontrait pas d’incident évidement !



Dernière édition par David Duval le Mer 3 Nov - 23:18, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)   Ven 3 Sep - 23:48

    La séparation était difficile, plus que je ne l’ai imaginée dans mes pires cauchemars. Et pourtant, depuis longtemps penser au pire des scénarios possibles était l‘un de mes talents cachés.
    Je ne savais pas ce qui m’agaçait le plus : être totalement incapable d’émettre un son sans fondre en larmes ou d’être comme figée devant la porte d’entrée avec mon sac et ma valise sur le dos sans pouvoir me décider à l’ouvrir et encore moins à sortir. Par des picotements au niveau de ma nuque, j’avais compris qu‘il avait posé son regard sur moi, et rien qu’avec ça, j’étais dans l’impossibilité de le quitter.
    Rien que de penser aux longues semaines qui m’attendaient sans l‘avoir à mes côtés, ne pas profiter de sa présence rassurante, de ne pas sentir l’odeur de camomille qu’il dégageait sur son passage ou encore ne pas entendre le son de ses chaussures quand il faisait des allers-retours dans son bureau pour calmer une de ses rares colères, j’avais l’impression que mon cœur se déchirait.

    Au bout de quelques minutes, où j’ai eu le temps d’examiner dans les moindres détails la poignée de la porte, j’émis un petit « Au revoir. » Un simple murmure, presque un soupire mais qui exprimait bien mieux ma douleur que tout un discours. Dans la seconde qui suit, j’ouvris la porte d’entrée dans un geste brusque, la faisant quelque peu grincer, et partis sans me retourner vers l‘arrêt d‘autobus.
    Je retenais mes larmes du mieux que je pouvais, marchant d‘un pas rapide sous un ciel nuageux qui était en symbiose avec mon humeur. Je savais que si je regardais qu’une seule fois en arrière, ou que je ralentissais rien qu‘une seconde, je n’aurai plus la force nécessaire pour prendre ce fichu bus et aller à la Pretty School… Alors qu’il le fallait. Pour lui, pour moi et surtout pour ELLE !
    Un petit soupire m’échappa sans que je m‘en rends vraiment compte, et au fur et à mesure que je m’approchais de l’arrêt, je me perdis dans mes pensées. En y réfléchissant bien, c’était la première fois depuis nos dix-sept ans de vie commune que mon oncle Tsukida et moi, nous n’allions être éloignés l’un de l’autre. Cela pouvait peut-être expliquer les sentiments forts qui se bousculaient en moi, et qu’à ma plus grande consternation, j’étais incapable de contrôler.

    Quand je m’étais levée ce matin, à l’aube comme d’habitude, j’avais pris le temps de bien faire tous mes échauffements pour me vider la tête et que tout cela n’arrive pas ou du moins qu‘il y ait des dégâts limités. Cependant, à l’instant même où je suis sortie de ma chambre pour me rendre à la salle de bain, et que j’ai entendu Tsuka dans la cuisine, c’était comme si ma raison m’avait déserté laissant la place à toutes mes émotions… Depuis lors, j’étais dans un état d’agitation croissant sans que je puisse y faire quoique se soit. C’était l’une des choses qui m’irritaient le plus : je n’arrivais tout simplement pas à garder mon sang-froid alors que j’avais passé le plus clairement de mon temps depuis que j’étais petite à faire du sport, et plus particulièrement du Judo pour atteindre un certain contrôle…

    Une larme roula sur ma joue, et je l’essuyai d’un revers de main rapide. Les larmes étaient tout à fait normales pour mes semblables dans une situation difficile, mais à mon avis, ils n’en voyaient pas la vraie signification. Les larmes n’étaient qu’une façon de montrer qu’on ne pouvait strictement rien faire face à la fatalité, qu’on abandonnait la partie en quelque sorte, qu’on échouait… Ce qui était absolument hors de question pour moi !

    Je venais juste de tourner au coin de la rue, toujours quelque peu perdue quand un détail me fit revenir brutalement à la réalité. A quelques mètres de là où j’étais, je voyais l’abri bus, mais au lieu de l’habituel attroupement et les bavardages intempestifs qu’il y avait tous les matins, il n’y avait qu’une vieille dame qui patientait. J’avais loupé le bus, le premier qui menait jusqu’au lycée. Mon état d’agitation s’arrêta quelque peu de progresser puisqu’une pointe d’irritation fit son apparition face au retard que j’avais pris sans en prendre conscience… Bien sûr ma mauvaise humeur crue imperceptiblement.

    Je saluai tout de même la vieille dame d’un sourire même si je pensais que cela devait plus ressembler à une grimace, puis je m’assis à ses côtés et attendis la seconde navette qui m’emmènerait à mon nouveau lycée.
    Pendant une dizaine de minutes, je ne fis qu’attendre tout en ayant l’impression que la vieille dame se sentait quelque peu menacé rien que par ma simple présence, vu les petits coups d’œil étranges qu‘elle me jetait.
    Quand le bus arriva enfin, je fus comme soulagée. Il s’arrêta, et par égart pour la vieille dame, je lui laissai le passage pour qu’elle puisse monter la première. Seulement, je ne me doutais absolument pas que j’avais à faire à une de ces personnes âgés qui ont du mépris pour les jeunes et qui se croient tout permis dû à leur faiblesse physique. Je venais à peine de m’écarter que je me pris un coup de coude dans les côtes de sa part avant que je la vois monter dans le bus à une vitesse plutôt incroyable pour une femme de son âge.
    Ma mauvaise humeur en monta d’un cran, mais je me retins de faire une remarque désagréable. Je saluai le chauffeur, insérai ma carte dans la machine, et tout en retenant un soupire, je me collai contre l’une des vitres du bus. Le second bus qui nous emmenait jusqu’au lycée était le plus bondé et dire qu’on était serré comme des sardines n’était qu’un petit euphémisme face à la réalité. Mais, malgré le manque de confort et de place, j’étais soulagée d’y être. Ainsi, je ne serai plus tentée par l’envie de faire demi-tour et ainsi de rejoindre Tsukida.

    Deux arrêts plus tard, une jeune femme descendit, et laissa un siège inoccupé. Laissant le bus redémarré, je le remarquai, et décidai de tenter ma chance, surtout que j’étais obligée de reposer ma valise sur mon dos et on pouvait dire qu’elle commençait à se faire bien sentir. Je m’avançai comme je pouvais dans cette masse humaine, et juste au moment où j’allais atteindre le siège, la vieille dame de tout à l’heure s’y assit. Elle me fixa alors, avec un tel regard que la première pensée qui me vint à l’esprit était qu’elle devait être une réincarnation d’une sorcière. Je tiens bon dans ce petit échange, et c’est elle qui détourna la tête en premier. Maigre victoire mais victoire tout de même ce qui amena un petit rictus sur les lèvres. Me détournant d’elle avant que l’envie de la baffer me prenne, je m’appuyai alors sur un des poteaux en plein milieu du bus puisque j‘étais incapable de revenir à ma place initiale. Je posais ma valise entre mes jambes pour être callée, et remis correctement mon sac en bandoulière.

    Regardant par l’une des fenêtres la ville de Tokyo défilée, je remarquai alors qu’il avait commencé à pleuvoir. Et des trompes d’eau en plus. Le soupire de tout à l’heure arriva à franchir la barrière de mes lèvres quand j’eus pensé que le temps était bien à l’image de mon état d’esprit. Ou presque puisqu‘avec la colère qui bouillonnait dans mes veines, je sentais encore plus que dehors la température était en-dessous de la saison. Et par conséquent, le petit sous pull rouge que j’avais enfilé en dessous de ma veste à capuche rouge et noire, mon simple pantalon en toile noir et mes bottines également noires n’allaient pas être les vêtements idéaux pour un temps pareil.

    Je détournai mon regard, et en essayant de trouver un moyen d’être appuyée dans une position un peu plus confortable au poteau pour mon dos, qui souffrait déjà du poids de ma valise, je me pris un bon coup dans l’épaule de la part de ma voisine de droite, et la préadolescente qui était devant moi me rentra une partie de son sac à main en plein dans l’estomac. Avec quelques gestes brusques, je pus retrouver un espace vital quelque peu acceptable compte tenue de la situation, tout en donnant habilement par un petit déplacement de ma valise, un coup dans l’une des jambes de la gamine…

    Je n’étais pas une méchante personne, j’avais juste quelques soucis en ce concernait la communication avec les autres. Et même si je n’aimais pas être à proximité des autres, je pensais que le voyage en bus jusqu’au lycée serait sans grand risque. Néanmoins c’était sans compter l’aide de ma malchance habituelle…

    On venait de s’arrêter pour la cinquième fois. Je me raccrochais au poteau comme je le pouvais à chaque coup de freins du chauffeur, mais j’étais tout de même bien ballotée d’avant en arrière, et dans les virages également. En étant pencher pour retenir ma valise avant qu’elle ne part à l’autre bout du bus, j’ai pu apercevoir qu’une jeune femme y montait et qu’elle était accompagnée de ses deux fils dont l’un était dans une poussette.
    Le bus était déjà bien blindé et pourtant, il avait encore et toujours des gens qui voulaient à tous prix remplir le peu d’espace qui restait dans les transports en commun par des poussettes, des parapluies ou encore mieux des sacs de courses énormes qu’ils gardaient sur le dos, bien entendu !
    Cette maman devait être aveugle ou alors totalement idiote. Enfin, du moment que je ne perdais pas le peu d’espace vitale que j’avais encore, elle pouvait bien monter avec un éléphant, cela me serait bien égale. Bien sûr c’était trop demandé. Mon espace personnelle se rétrécit encore jusqu’à ce que mon épaule soit qu’à une vingtaine de centimètres de la tête d’un gamin que sa mère n’avait surement pas appris ce qu’était « la discipline. » Et l’homme d’une quarantaine d’années à ma gauche, plutôt grand puisqu’il me dépassait d’une bonne tête alors que déjà je faisais un bon mètre soixante-quinze, s’était encore plus rapproché de moi.
    Je ne l’avais pas remarqué à mon entrée dans le bus, et pourtant il l’avait écrit sur son front. Rien que son regard en disait long. Je ne l’aurais absolument pas vu, ou plus exactement, il ne m’aurait pas gêné outre mesure si il avait eu un comportement tout à fait normal à l’égard d’une jeune fille de dix-sept ans. Mais - et je commençais à être vraiment en rogne à cause de ça - il ne l’avait absolument pas !

    *J’en connais un qui va se manger une belle petite poire en pleine figure si il ne cesse pas !*

    Au début, cela n’avait pas vraiment été gênant mais plus le bus avançait en direction du lycée, plus ses gestes étaient répétitifs et ils gagnaient en intensité. Parce que je ne disais rien ? Va savoir.
    Quoiqu’il en soit, l’irritation que je ressentais depuis que je m’étais levée ce matin avait également bien augmenté en intensité, jusqu’à à atteindre un seuil que l’on pourrait qualifier de critique. Et vu à quel niveau les mains de cet homme me frappait par « inadvertance, » elle n’était pas prête à redescendre de sitôt.
    Essayant de me dominer avec le peu de sang-froid qui me restait, je me redressai et me concentrai pour voir si il n’y avait pas un siège à proximité qui s’était libéré. A ma grande déconvenue, la malchance était encore de mon côté. Mais pour mes fesses et pour la figure de l’énergumène que j‘avais pour compagnon de route, je décidai d’aller me cantonner au fond du bus.
    Repositionnant mon sac en bandoulière, je repris avec une grimace ma valise sur le dos, en bousculant « par erreur » mon charmant voisin le pervers et me dirigeai vers l’arrière du bus.

    Quelle idée j’ai eu à ce moment-là !

    Je venais juste de m’appuyer contre l’une des vitres quand le bus s’arrêta encore une fois. Une personne âgée en face de moi quitta son siège et j’eus qu’un pas à faire pour avoir enfin un peu de confort en plus. Je posai ma valise au sol ainsi que mon sac et je pus souffler enfin.
    Je pensais sincèrement que j’allais être enfin tranquille et pourtant c’est tout le contraire qui se passa.

    Assise depuis moins d’une minute, je sentis une odeur très déplaisante envahir mon pauvre nez et en quelques secondes je compris que c’était mon jeune voisin qui en était responsable. En lui jetant un coup d’œil à la dérobée, je remarquai qu’il n’était pas beaucoup plus vieux que moi. Même si il avait un apparence plus que banale, l’odeur de transpiration, de sueur qu’il dégageait indiquait clairement qu’il n’était absolument pas accro aux déodorants.

    Cela n’arrivait qu’à moi ! Entre un pervers et un mec puant, ce dimanche matin était vraiment sous une jolie étoile. Avec ça, si je ne tuais pas quelqu’un avant la fin de la journée, c’était un miracle…

    Je remontai jusqu’au cou la fermeture éclair de ma veste, et mis mon nez dedans avant de fouiller dans mon sac pour trouver mon journal. En effet, depuis que j’avais commencé l’école, le fait de mettre par écrit mes pensées, mes sentiments m’aidaient quelque peu à me contrôler et y voir un peu plus claire. Bien sûr, tout cela était adressée à une personne très particulière pour moi, mais étrangement, que je n’avais jamais pu connaître…
    Ma mère.
    Cependant, comme on était revenu dans sa ville natale et que j’avais appris peu avant mon déménagement la vérité sur mes parents, j’avais décidé de clôturer l’ancien et de commencer un nouveau. Celui-ci allait être en rapport avec mes années de lycée coincé dans un internat en compagnie des jeunes plus ou moins de mon âge et les membres du personnel… Loin de Tsukida et de ma solitude bien-aimée en somme.

    Alors que je venais de coller une petite photo pour faire une petite en-tête à la première page, mon cher voisin se réinstalla sur son siège. En quelques secondes, il m’envoya un de ses appels d’air. Un masque à gaz aurait été nécessaire, mais dommage pour moi, je n’en avais pas un sous la main.
    Tout en écrivant la première page de mon journal, une question me traversa l’esprit : Comment le vieux de tout à l’heure avait-il pu rester assis à ces côtés le temps d’un arrêt ? Il ne devait plus avoir d’odorat, c’était la seule explication.
    Je lui jetai une nouvelle fois un coup d’œil, et à ma plus grande consternation, je croisai son regard. Mauvais ! Très mauvais ! Ce n’était pas le fait de croiser son regard qui était mauvais, c’était plutôt la lueur d’intérêt que j’ai entre-aperçu qui l’était…

    Au bout de quelques minutes, comme il ne tentait rien, il n’essaya pas d’engager la conversation, je me concentrai tout à fait dans mon écriture, et plus encore dans mes pensées. (ici) Je levais les yeux tout de même pour vérifier où j’étais, ne voulant pas louper mon arrêt. Mais j’étais bien dans mon petit monde. Je commençais à peine à reprendre mon sang-froid, à réussir à faire redescendre le bouillonnement dans mes veines tout en essayant en même temps de m’habituer à la senteur très parfumé de mon voisin quand il la fit grimper en flèches jusqu’à l’extrême limite en une seule réflexion. D’ailleurs, le jeune homme m’appris également grâce à cette réflexion - très profonde en passant - qu’en plus des déodorants, il ne connaissait pas du tout la brosse à dents, et encore moins bien le dentifrice. Je le déduisis à partir de sourire très tartré et sa mauvaise haleine…

    « Tu sais, je ne mords pas. » dit-il avec un sourire qui se voulait sexy. « Arrête de faire style de regarder dehors, et dis-moi ce dont tu as envie, et ce que tu penses. »

    Je savais que je n’étais pas une jeune fille comme les autres, mais au point où quand un jeune homme me drague j’ai une bonne montée d’adrénaline d’un coup et une envie subite de lui envoyer l’un de mes talons dans son entre-jambes, je devais être vraiment un cas. Je refermai d’un coup sec mon journal et le rangeai dans mon sac, juste le lap de temps qu’il me fallait pour contrôler avec le sang-froid que j’avais quelque peu récupéré le flot d‘agacement profond que j‘avais. Me tournant alors vers l’empoisonneur, je le regardai dans les yeux et le petit sourire qu’il avait, disparu en même pas une seconde.

    Tsukida m’avait fait souvent remarqué que je pouvais avoir un regard assez déstabilisant quand j’étais quelque peu énervée. Cependant, après avoir dû partir loin de la seule personne que j’aimais pour un long moment il y a de cela moins d‘une heure, de m’être coltinée ensuite mes semblables pendant plus de quarante minutes à moins de trente centimètres- surtout un obsédé des postérieurs féminins - un pauvre petit dragueur qui ne connaissait absolument pas l‘importance de l‘hygiène, s’en était vraiment trop. Mon impassibilité habituelle n’avait pas fait le poids face à mon énervement et mon regard ainsi que mon sourire très ironique devaient bien évidemment le montrer.

    Je me levai en prenant mon sac, le mettant en bandoulière, tout en sortant le bas de mon visage de ma veste. Puis prenant ma valise par la poignée, je me redressai complètement et juste avant que le bus s‘arrête, je regardai le jeune homme quelques secondes, toujours avec un rictus, avant de lui dire d’un ton sec et froid.

    « Tu ne mords peut-être pas, mais tes aisselles et ton haleine le font extrêmement bien pour toi. »

    Dès la fin de ma phrase, j’appuyai sur le bouton des portes qui s’ouvrirent dans la seconde et je descendis. Un dernier petit regard moqueur à travers la vitre au pollueur le temps que le bus redémarre, avant de poser ma valise au sol. Tout en mettant ma queue de cheval à l’intérieur de ma veste et d’enfiler ma capuche pour protéger ma tête de l’averse qui était entrain de me tremper tout entier en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je regardai autour de moi.

    J’aperçus à une bonne centaine de mètres une grille en fer forgée noire avec ce qui me semblait l’emblème de la Pretty School, et j’en déduisis que j’étais presqu’arrivée. Et il était largement temps !
    Même si la pluie ne me dérangeait pas, j’avais une certaine hâte de m’abriter et de prendre possession de ma chambre même si, d’après la lettre d’admission que j’avais reçu, j’allais devoir la partager. Je voulais simplement après ce début de journée catastrophique me retrouver seule et faire une pause « lecture » pour me détendre et oublier la colère qui était encore bien présente en moi.
    Ayant terminé avec ma capuche, je vérifiai que mon sac était correctement fermé et que l’eau ne s’infiltrait pas avant de prendre ma valise. Enfin, d’essayer de prendre ma valise…

    *Je vais exploser…*

    Au moment même où j’ai fais un pas pour me diriger vers l’école, j’entendis un craquement puis un bruit mat. Je m’arrêtai et c’est avec surprise mélangée à un brin de perplexité tout d’abord que je regardai la poignée de ma valise qui m’était restée dans les mains.

    Je ne pourrais pas dire combien de temps je suis restée totalement immobile sous cette pluie battante à fixer cette poignée, ni ce que j’ai pensé à ce moment-là. Tout ce que je peux dire, c’est qu’à cet instant précis, les émotions que j’avais ressentis, liées à tous les événements qui s’étaient produit depuis que j’étais sortie de ma chambre ce matin, avaient plus ou moins pris possession de moi. J’étais vraiment en rage !

    *Pour quelles raisons ? Pourquoi j’avais droit à ça, aujourd’hui ?*

    Ne connaissant pas la réponse ce qui m’énerva encore plus -si c’était possible - je ne pus m’empêcher alors de pensée que la première personne que je rencontrais au sein du lycée avait intérêt à ne pas être une de celles que l’on pourrait ranger très facilement dans la catégorie « des chieuses. » Parce qu’il faut bien l’avouer, même avec la meilleur volonté du monde, à ce stade je ne pourrais en aucun cas retenir ma colère.

    Retrouvant quelque peu pieds dans la réalité après ce moment d‘absence, la première chose que je vis était bien entendu la dernière que je voulais voir : la poignée de ma valise. Et sans que je puisse m’en empêcher, je pensai tout haut où l’on percevait clairement que j’étais à bout.

    « Je vais la buter ! »


Dernière édition par Rya Ashina le Mer 9 Fév - 23:45, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)   Mer 3 Nov - 18:43

Le temps était déchaîné, tel que les caniveaux avaient des difficultés à évacuer toute cette eau… Les pas du français étaient rapides malgré le poids de son sac sur son épaule et la pluie qui s’infiltraient à travers les coutures de son sweat… Mais David n’y prêta pas attention, ne ressortant même pas le froid, perdu comme il était dans ses pensées.

Pourquoi avait-il fallu que son père l’accompagne ? Déjà que c’était un bouleversement dans sa vie que de vivre en internat, pas qu’il est un enfant qui a besoin du confort et de l’ambiance familiale, mais le fait de ne pas rentrer le soir allait lui paraître étrange surtout les premiers temps. L’éloignement d’avec Séréna était ce qui s’annonçait de plus pénible, difficile…
Alors sachant l’état de nervosité de son fils pourquoi venait-il encore le provoquer, le pousser à bout ?
Le problème justement était là : son père ne le connaissait pas ! Et donc il ne voyait pas dans quel état était son aîné ! David jouait depuis toujours le rôle du plaisantin, de celui qui se moquer de tout alors qu’au fond c’était le contraire…
Mais ça, son père ne l’avait jamais vu, ne voulant voir que ce que David voulait bien lui montrer ! Les remarques de son père le touchaient plus que ce qu’il prétendait. Mais ce qu’il le mettait hors de lui c’était cette comparaison qu’il faisait sans cesse ! Les « Moi à ton âge je… » « alors que toi tu… ». Toujours en train de le dévaloriser mais David répondait de suite, ne se laissant nullement faire ! C’est cette rébellion qui déplaisait fortement à son paternel !
Des souvenirs venaient éclatés comme des bulles de savon dans son esprit…

Celui-là remonte il y a 2 ans…
David était parti pour l’après midi faire du sport avec des amis, rien de particulier ou d’étrange à cela. Heureux de s’être amusé ainsi avec ses amis, le jeune homme était de très bonne humeur, un grand sourire s’affichait sur son visage trempé de transpiration et de terre. Il pénétra dans la maison familiale, sans faire trop de bruit (oui ça lui arrive d’être discret parfois), ôta ses baskets pleines de boue dans l’entrée et alors qu’il allait lancer un « Coucou » jovial et retentissant, une main sur la rampe d’escalier pour se rendre dans la salle de bain, il surprit une conversation dans le salon.
« Ses notes sont vraiment pas très haute » cette voix fluette était bien celle de sa mère.
« A qui le dis tu ? C’est vraiment lamentable d’avoir de telles notes à 15 ans ! »
David ne chercha pas à savoir de qui ça venait car si même il n’aurait pas reconnu la voix (ce qui était improbable), de tels propos ne pouvaient sortir que de la bouche de son père.
« Qu’est ce qu’on va bien pouvoir faire de…
Soudain David sentit comme un obstacle au niveau de son pied gauche !

Brusque retour à la réalité…
Son pied fut coincé et dans sa lancée, le jeune homme fut propulsé en avant, entraînant au passage, la valise de malheur avec lui ! En effet, vu le poids et à la rapidité à laquelle le français avançait depuis sa brusque sortie de la voiture paternelle, la théorie de l’apesanteur et de la vitesse furent une fois de plus confirmées !
N’allons pas développer davantage, je sens approcher la migraine et le pauvre David qui plus est sans moque éperdument de ces théorèmes de physiques, lui ce qu’il constatait c’est qu’il était à quatre pattes dans la rue sous une pluie diluvienne !
Heureusement encore, David n’était pas carrément affalé par terre, sauvé in extrémis par ce réflexe qui consiste à poser ses mains à l’avant, mais pas de chance pour le sportif (une fois de plus^^), le trottoir détrempé ne l’aida pas à se maintenir, ses mains gantés refusant de rester stables ! Son sac quant à lui, glissa de son épaule pour rejoindre une flaque d’eau au pied de l’inconnue…

Un genou au sol, le français regarda l’objet de sa chute d’un œil mauvais, tout en maugréant un : C’est pas vrai, peu audible mais qui exprimait de façon assez clair ses ressentis de la journée, ou plutôt de la matinée !
Cela faisait à peine deux heures qu’il était réveillé qu’il avait déjà dû se coltiner l’impatience de son père pour qu’il quitte la maison, la dispute qui avait suivi dans la voiture, la météo et maintenant cette satanée valise ! Qu’est ce qui allait l’attendre cet après-midi ? Le ciel allait lui tomber sur la tête ?
Mais tout ce qui l’intéressait en ce moment c’était : qu’est ce que cette valise faisait là en plein milieu du trottoir?!
C’est alors qu’il vit une ombre de dos devant lui qui tenait justement ladite valise ! La colère le fit s’emporter :

_ Vous pouviez pas faire attention bon sang ! fulmina t-il, son accent français ressortant davantage encore, après avoir regardé l’obstacle qui se trouvait maintenant sur la tranche.

La colère lui faisait perdre sa raison et sa réserve de patience (peu élevé à la base) était à sec, trop exploité durant les premières heures pour qu’il lui en reste assez après cette chute ! Sa colère n’avait pas de but, de personnes à atteindre, il fallait juste qu’elle sorte…
Pourtant si l’on regarde la scène de manière objective, David était aussi innocent que l’étrangère, c’était juste un « pas de chance » qui avait fait détacher la poignée de la valise ! (ce dont le jeune homme n’avait pas pris conscience).
Le destin ! Ce fameux destin que l’on accuse de tous ses maux !
Mais dans l’état d’énervement dans lequel le jeune homme était, la raison et la patience n’avaient pas leur place…
Revenons-en à ces pensées et à ses réflexions quelque peu… en désaccord avec la réalité…

Quel est l’imbécile propriétaire qui marchait comme une mamie pour qu’il se retrouve les pieds dans la valise !
Ensuite, son regard noisette se détourna de l’objet de malheur pour remonter un peu plus haut. Il tomba sur des bottes pas franchement pour des personnes du troisième âge (non ce ne sont pas des bottes en caoutchouc mais avec un petit talon très stylé) un pantalon noir dévoilant des jambes assez fines et longilignes, des hanches et des fesses bien dessinées (le doute n’était plus permis ce n’était pas une septuagénaire même avec de la chirurgie plastique elle n’aurait pu avoir un tel corps !).
Il poursuivit cette inspection rapide. Une veste en cuir rouge et noire bien cintrée, une capuche sûrement dû à un sweat.
D’après ses déductions, très masculines d’ailleurs, l’inconnue une fille sans aucun doute (quel mec aurait de telles courbes sérieusement ?^^) devait avoir à peu près son âge…

Mais comment se faisait-il qu’il est pu ainsi la rattraper jusqu’à se bousculer avec les bagages de la jeune fille ! Marchait-elle si lentement ?
Il faut dire que le français avait eu la tête ailleurs, perdu dans ses pensées, regardant plus le sol que les passants du dimanche ; c’est pourquoi il n’avait pas vu la jeune femme( ?) loin de lui sur le même trottoir, chargé de son sac à roulette…

David se redressa tant bien que mal, pour ne point garder cette position des plus gênantes et des plus « faibles ». Etre à genou devant quelqu’un était une chose impossible pour le français qui avait sa fierté ! Alors qu’il fut debout, on pouvait constater qu’autre lui et « l’heureuse propriétaire de la valise », il n’y avait pas beaucoup de différente de taille. Quelques centimètres tout au plus.
Le sportif s’épousseta alors les mains sur son jean, laissant ainsi deux longues trainées humides à l’arrière de ses cuisses… Alors qu’il allait se saisir de son sac, une rafale de vent vint ponctuer cette matinée bien sombre, rabattant au passage la capuche du jeune home sur son dos !
Manquait plus que ça ! Quelques mèches se plaquèrent ainsi contre son front, l’une d’elles lui barra l’œil, laissant sur leur passage de longues trainées d’eau… Une goutte coula le long de sa joue pour atteindre le cou peu découvert du sportif…
Il soupira un : « pff c’est pas possible » entre ses lèvres serrées, comme si c’étaient des vannes qui retenaient des jurons qui lui traversaient l’esprit.
Son corps était tendu sous l’emprise de l’énervement, les traits de sa mâchoire ressortaient davantage encore, ses prunelles noisettes lançaient comme des éclairs, mais alors qu’il allait ouvrir la bouche pour ajouter quelque chose à l’inconnue un « Crr Splapl » retentit non loin de lui ! Pour être exact juste à sa droite, où se trouvait la valise !
Il tourna alors la tête en direction du bruit et constata que ladite valise, décidément vieille comme Erode pour se disloquer ainsi, s’ouvrit, sa fermeture ayant cédé, pour déballer son contenu à tous les passants !
Passant d’ailleurs qui ne s’était pas arrêté après la chute de David, seule la curiosité les avait fait pivoter leur regard vers lui, pour ensuite regarder tout droit vers leur destination !
Même là devant la valise grande ouverte, personne ne songea à venir aider à ranger les affaires pour éviter alors qu’elles soient le moins possibles mouillées !
David passa une main sur son visage trempé :
* Mais ces catastrophes vont s’arrêter quand ?!* pensa t-il alors que sa colère retombait doucement…
Ni une ni deux, le jeune homme s’agenouilla, remit la « fameuse valise » à plat puis il saisit un tas de vêtement, qui étaient bien pliés malgré leur « migration » du fond du sac vers le couvercle !

Il semblait tout naturel à David de venir en aide à l’inconnue, sachant qu’il était en partie responsable de la découverte des trésors de l’intimité de celle-ci…
Puis de part sa nature altruiste, il aurait apporté son aide...

Ses gestes étaient rapides, ne portant pas attention ou si peu au contenu du sac…
Malgré tout son regard remarqua sur une petite culotte rouge et noire (oh comme la veste, décidemment leur propriétaire aimait bien ces couleurs !).
Instinctivement, le rouge lui monta aux joues, gêné par cette découverte inopinée, espérant de tout cœur que l’inconnue ne se soit pas retournée et surtout ne remarque rien…
Comme piqué au vif, David reprit sa besogne, ramassant des jeans, des pulls de couleurs sombres certains quelque peu dépliés, des soutiens à gorge. Des soutiens à gorge ? Non, non stoppons là les idées avant qu’elles aillent trop loin… Il les mit en vrac sans s’attarder davantage.
Cela faisait quelques minutes qu’il s’astreignait à cette tâche mais toujours pas de réaction ni de gestes de l’inconnue !
L’impatience et une pointe d’énervement encore dans les veines, David, complètement trempé maintenant (hum un jeune homme à moitié mouillé…) leva la tête vers l’ombre immobile devant lui et lança :

_ Ca vous dérangerait pas de me donner un coup de main ? dit-il entre énervement et ironie.

Après tout il s’agissait de ses affaires non ? Ok, c’est à cause de lui et "l'accrochage » malencontreux, qui avait déstabilisé la valise, mais quand même ! C’était qu’un petit choc !
Puis c’était pas de sa faute si la valise était usée au point que le zip craque à cause du poids des vêtements pesant sur la partie du couvercle !

Le jeune homme, trempé, se trouvait donc à genou, regardant la jeune fille( ?), deux pulls à la main, attendant une réponse à ses propos… Ou tout au moins une réaction…

( HRP: En espérant que ma réponse t'est bien fait rire^^ et t'as changé les idées. J'espère que ma réponse adoucira mon inexcusable retard)
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)   Jeu 11 Nov - 17:40

    La pluie tombait drue, le vent soufflait de plus en plus fort à chaque minute qui passait et je commençais à avoir froid ce qui n’arrangeait en aucun cas mon humeur du moment. Pourtant, j’entendis distinctement le bruit sourd d’une chute et un « Ploff » comme si quelque chose venait de tomber dans une flaque d’eau… Chose pas très difficile puisque avec cette pluie diluvienne, le trottoir en lui-même était une immense flaque. Respirant à fond pour juguler un maximum de colère, je commençai à me retourner pour voir ce qui s’était passé mais mon regard fut comme attiré par ce que je tenais encore dans ma main : Cette satanée poignée !

    Mon esprit quelque peu embrumé par tout ce qui m’était tombée dessus en moins de deux heures, je ne sus pas combien de temps j’étais restée figer sur place, mais surement un peu trop longtemps puisque j’étais maintenant trempé ! J’entendis de très loin une voix masculine qui exprimait clairement son mécontentement, tellement plongé dans un capharnaüm de sentiments. D’ailleurs, j’étais tellement furieuse jusqu’à présent que je ne m’étais même pas rendue compte du jeune homme qui s’était plus ou moins étalé à mes pieds.

    Commençant à être tout aussi fatiguée que furibonde, je soupirai tout en pensant que la situation ne pouvait pas être pire. J’étais bien sûr à dix années lumière de connaître le penchant qu’avait la vie pour l’ironie. Une rafale de vent vint rabattre la capuche de mon sweat-shirt et arriva dans un même temps à détaché mes cheveux… Ils se répandirent en quelques secondes en une cascade jusqu’au milieu de mon dos. La pluie les réduisit en de joli filament humide et le vent continua à jouer avec, réduisant ainsi mon champ de vision à son plus grand plaisir.

    Serrant à en faire blanchir mes jointures la poignée de ma valise tout en repoussant d’un geste de brusque mes cheveux derrière les oreilles. j’entendis un autre bruit qui ne me présageait rien de bon et une sorte de gémissement de frustration, de fatigue et de colère mêlés, franchit la barrière de mes lèvres pour exprimer dans quel état j‘étais. Je me frottais les yeux dans un geste pour me calmer et alors que je sentais mon énervement diminué pour laisser place à un sentiment d’abattement plus que gênant, je levai la tête vers le ciel en fermant les yeux.

    Je restai ainsi, quelques secondes, laissant les gouttes de pluie glissées le long de mon visage, comme si elles voulaient m’apaiser après m’avoir trempé. Cependant, la réalité était tout autre. Je devais encore faire face à une situation que je pouvais qualifier de « catastrophique. »

    Rouvrant les yeux, je baissai la tête et croisai le regarde d’une passante qui me dévisageait avec insistance… Avant de rougir comme une pivoine quand elle se rendit compte que je l’avais remarqué. Elle regarda devant elle, droite comme i et accéléra l’allure.

    *Mauvais poil ne rime pas avec tueuse, pauvre idiote !*

    Me retournant complètement, je découvris alors avec consternation la situation qui se jouait depuis tout à l’heure sans que j’en ai conscience. Comme une plaie béante, ma valise dévoilait mes effets personnels à tous les passants qui passait par là. Mais, le pire était encore à venir. Un jeune homme, grand et plutôt bien bâti, était agenouillé devant et tenait entre ses mains l’une de mes… Le rouge me vint aux joues et il n’y avait pas que la gêne et la honte qui en était la cause !
    Mon cœur s’arrêta de battre pendant une demi-seconde avant de repartir à une vitesse hallucinante, telle que si j’avais été dans mon état normale, j’aurai eu peur de faire une crise cardiaque. Mon sang ne fit qu’un tour et commença à bouillir dans mes veines. Le sentiment d’abattement de tout à l’heure disparu aussi vite qu’il était venu pour laisser place à un mélange explosif de frustration, de honte, de fatigue et évidemment de colère.

    * Espèce de petit pervers minable, vicieux fouilleur de valise, jeune…*

    Je comptai jusqu’à dix, en inspirant et expirant lentement, pour éviter de perdre tout contrôle. Quand cela fut fait, je vis que le jeune homme - tout aussi trempé que moi, d’ailleurs - remettait avec un rythme rapide, mes vêtements plus ou moins en ordre. Je compris alors qu’il ne faisait que m’aider et une pointe de culpabilité naquit au sein de mon cœur. Heureusement que je n’avais pas dis à voix haute les quelques mots qui m’étaient venus à l’esprit.

    Malgré l’état d’énervement dans lequel j’étais, je savais qu’il fallait que j’aille remercier cet inconnu pour l’aide qu’il m’avait apporté. Bon, je ne l’avais pas remarqué jusque là, mais je n’allais certes pas lui présenter des excuses, non plus. Il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin ! Les lèvres plissées en un pli amère, j’avançai d’un pas vers lui et au moment même où j’allais le remercier, il posa son regard sur moi.
    Même si à cet instant ses yeux lançaient des éclairs, son regard dégageait quelque chose qui me coupa littéralement le souffle. Avec perplexité, je ne pus pas prononcer un seul mot et fus comme paralyser sans que je ne sache pourquoi ni comment. J’aurai pu rester ainsi un temps indéfini si l’inconnu n’avait alors pris la parole.

    « Ca vous dérangerait pas de me donner un coup de main ? »

    Avant même qu’il n’ai finis sa phrase, j’avais atteint le stade que Tsukida qualifiait « dragon. » La seconde de stupeur qui était apparue face au regard noisette de mon interlocuteur, laissa place à une froideur presque palpable. Tout en serrant les dents, mes lèvres s’étirèrent en un sourire ironie et mes yeux verts étaient aussi glacials que des émeraudes. Il avait eu peut-être une certaine amabilité dans l‘aide qu‘il m‘avait apporté, mais cela ne lui donnait en aucun cas le droit de me traiter de la sorte. Je rangeai sans vraiment m’en rendre compte la poignée de la valise dans la poche de mon sweat et avançai jusqu’à ce… J’évitai d’aller plus loin ! Apercevant alors le sac dans la flaque d‘eau, j’en déduisis qu’il appartenait à l’inconnu et une idée germa dans ma tête. Autant qu’il se rend utile.

    Sans un mot, je lui repris avec brusquerie les deux pulls qu’il tenait. Puis, avec fébrilité, je jetais le reste des vêtements dans la valise dans un désordre indescriptible qui me fit quelque peu mal au cœur. Dès mon « coup de main » terminée pour reprendre son expression, je la refermai d’un coup sec et enclenchai le seul verrou qui était encore valide.

    Je me redressai. Je décollais de mon front les quelques mèches de cheveux humides qui me gênaient, puis je repositionnai correctement mon sac en bandoulière qui commençait lui aussi à être bien humidifié. Dès que mon manège fut terminé, je pris ma valise dans mes bras sans m’en faire. Je ne pouvais pas être plus mouillée que je ne l’étais déjà de toute façon. Je jetai un coup d’œil au jeune homme, toujours agenouillé. Mon sourire ironie revint sur mes lèvres et je répondis enfin à sa question.

    « Vous rangez tellement bien. Je ne voulais pas vous déranger. »

    Je lui tournai le dos et du menton j’indiquai le sac sur le sol tout en lui demandant si il lui appartenait. La réponse n’était pas vraiment importante, puisque j’en avais quasi la certitude. Par conséquent, je n’attendis même pas qu’il ouvre la bouche. Avec un immense sourire mais qui n’alla absolument pas jusqu’à mon regard, qui d’ailleurs était toujours aussi glacial, je me retournais une fois encore vers lui… Et je ne pus m’empêcher de l’observer un instant.

    Il était plus ou moins de mon âge, les cheveux bruns, yeux noisettes. Il avait un physique agréable qui était surement dû au sport. Enfin, il était venu à mon aide sans que je lui demande quoique se soit. Pourtant… Pourtant, la seule chose que je pensais quand je le regardais, c’était de me venger du ton qu’il avait pris en s’adressant à moi. Je ne savais pas pourquoi et d’un certain côté, je ne voulais pas le savoir. La vengeance n’était pas dans mes habitudes, encore moins la mesquinerie et je me retrouvais à jouer à ça avec un total inconnu sous une pluie battante. Je devais être en train d’attraper froid ! Ou alors… Non, je devais surement couver quelque chose.

    Je me rendis compte que l’inconnu et moi, on se faisait face à face, comme deux adversaires qui attendent que l’autre abandonne… Mon sourire s‘élargit et c’est avec presque amusement que je lui mis de force ma valise dans les mains. Alors que j’étais en train de la lâcher rapidement pour qu’il soit obligé de la prendre si il ne voulait pas qu’elle tombe et par conséquent, se faire encore plus mouillé qu’il l’était, je lui glissai.

    « Tenez, rendez-vous utile, portez-moi ça ! »

    Je me reculai, l’observant une nouvelle fois pour bien voir sa réaction. Puis, au bout de quelques secondes, j’allai récupérer son sac. Tout en regardant si l’eau avait pénétré à l’intérieur, j’avais l’impression diffuse que l’inconnu était en train de me fixer. Cependant, pour éviter de ressentir quoique se soit d’autre que de la colère envers, je me persuadai que ce n’était absolument pas le cas et que ce n’était que le fruit de ses fichues émotions que je n’arrivais toujours pas à canaliser.

    Je me concentrai sur le sac, puis après un intense examen, je hochai la tête pour moi-même. Il était trempé-mouillé mais qu’à l’extérieur. Le tenant par l’une de ses hanses, je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule pour regarder l’inconnu et tout en essayant d’imaginer sa prochaine réaction, je lui dis :

    « C’est parti. Suivez-moi ! »

    Je n’attendis même pas sa réponse une fois encore et alors que je mis son sac sur l’épaule, je commençai à marcher d’un bon pas en direction de la Pretty School, qui n’était qu’à environ trois cent mètres.
    On apercevait déjà la grille noire en fer forcé et le logo du pensionnat. Le rêve !
    Dès que je me mis en route, je n’eus plus qu’une idée en tête : être enfin dans ma chambre et avoir la chance de prendre un bon bain chaud !
    Cette idée devint fixe. Tellement fixe que je ne me posai même pas les questions les plus élémentaires alors que j‘étais la plupart du temps d‘une rationalité à faire peur. Je ne mettais même pas demander si le jeune homme allait dans la même direction que moi. Ce n’était pas parce qu’il semblait avoir à peu près mon âge qu’il allait à la Pretty School. D’ailleurs, est-ce qu’il n’avait pas quelque chose d’autre à faire, importante qui plus ait ? Je ne le savais pas et je ne m’interrogeais même pas là-dessus. Je voulais juste que ce début de matinée se termine enfin, avec tous les désastres qui allaient avec !

    D’ailleurs, cela me fit penser qu’il ne valait mieux pas que, quand j’appellerai Tsukida dès la fin de mon emménagement et après mon bain, je lui parle de ce qui m’était arrivé depuis que l’on s’était quitté. Je le voyais déjà me faisant toute une leçon de morale sur tout et n’importe quoi avant de conclure que cela était bien trop tôt pour moi de vivre seule et qu’il raccroche en finissant par un de ses « Je viens te chercher, point ! » C’est sur que d’être entourée de plein d’élèves, d’enseignants sans même parler des surveillants, secrétaires et tout autre membre du personnel de l’école, c’était vivre seule !

    J‘arrivai alors à une dizaine de mètre de l’entrée de l’école, que la question me vint à l’esprit. Une qui n’était pas en rapport à mon idée fixe de bain chaud et encore moins à Tsukida. Non, cette pensée concernait l’inconnu de tout à l’heure qui m’était un peu sorti de l’esprit, je l’avoue et qui était plus que capitale, puisque c’était lui qui avait mes vêtements !

    Est-ce qu’il m’avait suivi ?



Dernière édition par Rya Ashina le Mer 9 Fév - 23:46, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)   Mar 18 Jan - 17:10

Enfin David pouvait mettre un visage sur l’inconnue. Car oui il s’agissait bien d’une fille ! Son regard très masculin ne l’avait pas trompé ! Les courbes l’avaient mené à cette déduction qui s’avère être exact ! Quel instinct ce français je vous dis^^.
Ce visage aux traits fins était tourné vers lui… Ce qui attira de suite l’attention du jeune homme, c’était cette paire d’yeux verts. Ce n’était pas tant leurs formes (évidement !) mais leur couleur. Un vert si particulier et étrange, si attirant et fascinant à la fois comme cette pierre précieuse de la même teinte : l’émeraude… Pourtant la dureté n’était pas la seule chose qu’on pouvait observer dans ses prunelles où des voiles d’émotions défilés comme les nuages gris dans un ciel tourmenté…

Mais David ne dévia nullement son regard du sien... Ce face-à face silencieux dura quelques instants sous cette pluie des plus violentes. Les longs cheveux noirs de la jeune femme volèrent au gré du vent comme des lianes voulant agripper ce qui les entouraient tandis que les siens dégoulinèrent le long de son cou… Mais cela lui importait peu, il attendait une réponse ou au moins une réaction à son propos ironique. Ce qui arriva sans tarder…
Un sourire d’abord apparut sur le visage de la jeune fille alors que ses prunelles restaient aussi dures que la glace... Quel contraste ! On aurait pu s’attendre à un regard rieur en combinaison avec le sourire mais non pas de ça.
Mais ce qui choqua encore plus David c’était l’idée même qu’elle puisse sourire. Ne venait-il pas de lui faire une réflexion des plus désagréables ? De lui dire de façon détournée qu’elle pouvait l’aider que cela concernait ses affaires après tout ?
Les sourcils froncés, le sportif regarda l’étrangère fourrer quelque chose dans sa poche de sweat. Un téléphone peut-être ? Ce qui expliquerait qu’elle ait été distraite au moment de la chute et qu’elle ne se préoccupe de sa valise que maintenant…
Mais il n’eut pas le temps de réfléchir bien longtemps sur la question qu’elle se saisit des vêtements qu’il tenait encore en main ! David n’esquissa aucun geste et observa l’inconnue enfourner le reste des habits avec dextérité et rapidité. La tâche fut vite expédiée. Il faut dire que le temps ne donnait pas envie de s’attarder davantage dehors…
Puis elle referma l’objet de tant de scandale avec le dernier verrou encore valide. Mais combien de temps allait-il encore tenir ? Vu le résultat d’une pauvre chute, David dirait… moins d’une heure ? Non plutôt dix minutes. Oui là ça semblait plus juste !

Toujours à genoux, il continua à la suivre du regard… Elle replaça quelques mèches ébène derrière son oreille, remonta son sac à bandoulière sur son épaule, puis se saisit de la valise à bras le corps.
Voilà leur rencontre venait de prendre fin ! Chacun allait reprendre ses affaires, son chemin, sa vie en oubliant cet incident… Incident qui, avec du recul, allait les faire rire chacun de leur côté… Et qui allait permettre à David de se remémorer une de ses rentrée des classes ! Une première pour le jeune homme ! Lui qui avait tendance à occulter cette sombre partie de l’année pour les vacances et les week-ends…

Alors que le français essuya une de ses mains sur son genou, il entendit un « Vous rangiez tellement bien. Je ne voulais pas vous déranger. » Il releva la tête et vit les prunelles vertes posées sur lui. Pas de doute, ce message lui était adressé ! Si David n’avait pas perçu l’ironie dans cette phrase, c’est sûr qu’il aurait explosé et aurait riposté avec agressivité. Mais là, les propos de la jeune fille le firent sourire. Si sa mère entendait ça ! Lui ranger ? C’est une blague aurait-elle dit dans un rire. Il faut dire qu’il préférait passer son temps avec ses amis, à faire du sport et s’amuser avec sa sœur alors que le rangement… Ca ne faisait pas parti de ses priorités, je dirais même qu’elle figurait en bas de sa liste !
Un sourire au coin des lèvres apparut, ce qui adoucit quelque peu son regard de braise d’il y a quelque instant. Au moins cette inconnue avait du répondant !
Et elle poursuivit en lui demandant si le sac de sport à ses pieds lui appartenait. David regarda dans la direction indiquée et constata qu’il s’agissait bien de son sac mais surtout qu’il gisait dans une flaque d’eau !
* Pitié faîtes que l’eau n’est pas traversé la toile !* pensa-t-il navré.
David se releva alors, passa une main dans ses cheveux trempés. Il ne manquerait plus que ça tiens ! Comme si sa matinée n’avait pas été assez catastrophique !

Perdu dans ses réflexions, il ne remarqua pas l’attitude de la jolie inconnue. Soudain un brusque poids dans les bras le ramena à la réalité ! Le français remarqua alors que la jeune femme venait de lui refourguer SA valise ! Mais elle le prenait pour qui ? Un majordome qui en plus de ranger les affaires, est aux petits soins pour sa maîtresse, chargeant les valises d’un lieu à un autre !
Le français allait lui balancer une réflexion bien corsée mais cette sans-gêne le devança une fois de plus ! « Tenez, rendez-vous utile ! Portez-moi ça ». Avait-il bien entendu ?! Elle venait bien de lui donner un ordre ou il rêvait ?! Le sang de David ne fit qu’un tour tandis que sa colère qui s’était radoucie aux souvenirs de sa mère, refit surface. Le fait que cette étrangère se permette d’abuser de sa politesse l’énervait au plus haut point ! Par amabilité, le jeune homme avait aidé l’inconnue à ranger au plus vite ses affaires, évitant ainsi qu’elles soient trempées, alors que celle-ci n’avait réagi que plusieurs minutes après et voilà que maintenant elle se servait de lui comme d’un serviteur !

Pendant qu’il fulminait, la valise elle, commençait à lui glisser des bras.
-Eh vous me prenez pour qui ? Votre domestique ? lui cria-t-il les yeux brûlant de rage, tandis qu’une mèche de cheveux lui barrait son visage. La pluie quant à elle, se déchaînait comme si elle communiquait avec l’humeur du jeune homme. Et vous m’écoutez bon sang ! hurla-t-il. Eh mais !

Mais l’inconnue en possession de son sac avançait déjà, sans même se préoccuper de ce que faisait David, prenant en otage son sac ! Entre le bruit fracassant de la pluie et ses propres cris, il n’avait pas entendu le « C’est parti. Suivez-moi ! » qu’avait lancé la demoiselle (aux jolies courbes soit dit en passant).
*Purée mais c’est pas possible ! D’abord mon père, la pluie, la valise et maintenant l’échangeuse de bagage ! * maugréa t-il.
Il regarda quelques instants le poids dans ses bras. Décidemment cette valise avait décidé du déroulement de sa journée ! De son retard à cause de la chute en passant par sa rencontre avec sa propriétaire (j’ai l’impression de parler d’un chien ^^) et enfin du chemin qu’il devait prendre ! David allait encore perdre du temps dans tout ça ! En effet, il allait devoir suivre cette « charmante inconnue » pour qu’ensuite elle lui restitue SON sac pour enfin rejoindre son but : la prison ! Oh pardon : l’internat Pratte School… Euh Prutto ? Non Pretty School ! (Vu son niveau d’anglais pas étonnant qu’il ait eu du mal à s’en rappeler^^).

Mais bon pas de temps à perdre, la jeune femme commençait à prendre de l’avance… Valait mieux pas la perdre de vue ! Manquerait plus qu’elle change de direction, et il serait dans de beaux draps ! Tous ses vêtements, quelques photos personnels, ses livres, ses cds seraient entre les mains d’une parfaite étrangère ! (Bizarrement, ses affaires scolaires il s’en moquait éperdument). Le sportif plaça l’antique valise sous son bas, la pressant tout contre sa hanche et marcha d’un pas rapide vers l’ombre à la veste noire et rouge… L’eau coula le long de son nez, mais David la repoussa d’un geste rageur de la main.
On pouvait donc voir le jeune homme poursuivre l’inconnue aux yeux émeraude…
*Où donc m’emmène-elle ?* pensa-t-il curieux.
Préoccupé de ne pas la perdre de vue, il n’observa pas les environs, ne remarquant pas les panneaux annonçant la proximité de sa future école… Seul comptait cette jeune femme tenant une partie de sa vie intime… Ce n’est qu’à trois cents mètres de la fameuse école qu’il put apercevoir le « Pretty School » en lettre dorée sur une haute grille noire. Ses sourcils se froncèrent de surprise devant le lieu où il se trouvait ! Ce n’est que quelques secondes après qu’il constata que la jeune fille brune était juste devant lui, l’observant… David comprit… Ainsi donc elle allait être élève ici elle aussi ? Lui qui pensait ne plus la revoir après le transfert de valise allait l’avoir en tant que… camarade ! Waouh ! Le français ne put s’empêcher de regarder la demoiselle puis l’école et vis-versa…
-Vous aussi vous allez dans cette… école ?!? lui demanda-t-il entre curiosité, surprise et étonnement tout en la regardant droit dans les yeux.

Tant de changement en si peu de temps ! Son humeur était comme un yoyo montant et redescendant au gré des évènements…

-C’est pas croyable murmura-t-il une main sur sa nuque, la valise toujours sous son bras droit. Bon ben allons-y dit-il d’un ton qui se voulait jovial. Puis David allait reprendre la route mais il se tourna vers l’inconnue qui n’allait pas le rester longtemps (juste un pressentiment^^) et l’invita à venir à sa hauteur.
-Bon essayons de se tolérer si ce n’est s’apprécier. Lui dit-il avec sa franchise coutumière, en la regardant tout en marchant. Moi c’est David.
Comme toujours son accent français ressortait. Décidemment le sportif ne pouvait cacher ses origines étrangères, si toutefois cela était possible avec son physique, ses yeux en amandes, sa peau plus mâte… Et vous ? euh toi je veux dire?
Autant se tutoyer non ? Après tout ils allaient devenir camarades. Puis faut dire que les bonnes manières et le tout tralala et flonflon ce n’étaient pas pour David, ah ça non…

On pouvait donc voir les deux adolescents pénétrer dans l’école qui était peu peuplée à cette heure et surtout un dimanche matin ! Un bâtiment de très grande taille de style moderne, entourée de jardins, tandis qu’au loin on pouvait voir d’autres bâtisses, des terrains de tennis et de basket extérieurs! Evidement ce fut ce que remarqua de suite le jeune homme, lui qui respirait, mangeait et dormait sport ! Un accro de l’exercice physique (et non de mathématiques^^) ! Mais ce qui lui rendit sa raison c’était un « criiicrrrrrrrrrrrr » peu audible mais bien réel… David sentit comme une pression au niveau de sa hanche et comprit d’où émanait ce drôle de son ! Le dernier verrou venait de rendre l’âme! Les vêtements et les affaires de la jeune fille tentaient une désertion par les côtés !
Le sportif observa les environs et trouva un banc le long de l’allée sous un arbre. Il se précipita là-bas, posa la valise amputée de ses verrous et poussa un soupir. Bon qu’est-ce qu’il va faire à présent ? Dans cet état-là, la valise était intransportable ! Il passa une fois de plus sa main dans les cheveux, réflexe qu’il avait depuis de son plus jeune âge. Il réfléchissait à une solution tandis que la jeune fille était à ses côtés.
Soudain une idée lui traversa l’esprit ! (malheureusement ça n’arrivait jamais en cours d’anglais…). Energique, il demanda son sac à la demoiselle intriguée puis rapidement il l’ouvrit et chercha ce dont il avait besoin. Quoi donc ? Vous le serez bien assez tôt bande de curieux^^.
Alors qu’il faisait des fouilles, il saisit des t-shirt qu’il fourra sur le côté, ses cds de rock français et ses jeans connurent le même sort ! Mais où étaient donc passées « les solutions à son problème » ? Le français continua alors, faisant valser ses gilets, ses mangas et alors qu’il parvenait au fond il les trouva ! Ah ah ! Le suspense va prendre fin : *roulement de tambour : Des ceintures !*
Il les prit et referma son sac à la va-vite, ne se préoccupant pas de la jeune femme, trop occupé par son projet. David entoura alors la valise de sa ceinture et la boucla (non il ne se tait pas hein^^). Un système original qui permettait de maintenir la valise fermée ! D’ailleurs heureusement que ses ceintures étaient longues! Puis il fit la même chose avec la seconde. Ainsi enchaînée, la valise ne devrait plus avoir d’envie de libérer ses occupants ! (dont une fameuse petite culotte rouge et noire^^). David recula d’un pas, hocha rapidement de la tête assez fier de son idée ingénieuse, tandis qu’un franc sourire apparut sur son visage ! Le premier depuis hier soir ! Lui qui était un bout en train, toujours ou quasi de bonne humeur, le voir miné était une chose rare ! En tout cas, celui-ci rompait une grève de sourire qui avait duré plus de 10h !
Finalement le français reprit la valise en main par la poignée (pitié qu’elle ne cède pas elle-aussi^^), se tourna vers la jeune fille, un sourire aux lèvres. Le voilà de nouveau de bonne humeur, chose qui n’était pas arrivée depuis ce matin!
-Essayons d’atteindre le bâtiment maintenant. Lui dit-il beaucoup plus calme qu’au tout début de leur rencontre… Pas très dur en même temps… Espérons que cela soit de même pour elle…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)   Jeu 20 Jan - 22:41

    J’étais partie vers l‘internat, sans me retourner si l’inconnu me suivait. J’avais avancé sans même entendre ses cris de protestation rageurs peu après qu’il s’était retrouvé de force, avec ma valise dans les bras. Non. Je ne voyais plus, en cet instant, la pluie torrentielle qui tombait, je ne la sentais plus glisser le long de mon corps, me trempant jusqu’à la moelle. Je ne sentais même plus le vent glacial me gifler le visage à chaque bourrasque, me rosissant les joues par la même occasion, simplement par plaisir.
    Je ne ressentais plus rien, à part un immense vide, une lassitude extrême à la place du cœur. Un cœur qui battait toujours mais comme une machine : mécaniquement. Simple moyen pour que mon corps puisse continuer d’avancer, encore et toujours jusqu’à atteindre son but fixé.

    Une question m’avait traversé l’esprit, pendant une minute. Une simple minute, puis, sans que je sache comment ni quand, je m’en étais désintéressée. Qu’est-ce que cela me faisait si il m’avait suivi ou non, cet inconnu ? Il avait mes vêtements, mais j’en avais d’autres chez mon oncle; mes affaires scolaires mais elles n’étaient rien pour moi. Au contraire, elles étaient la représentation physique d’une promesse que je haïssais autant que son destinataire.

    Je m’étais arrêtée et c’est en fixant ces grilles noires où était noté en lettres dorés « Pretty School » que je revins à la réalité. Quand ? Surement après la question qui m’était venue. Où ? Sous une pluie diluvienne. Pourquoi ? Parce que ma tristesse avait repris le dessus sur ma lassitude. Ma tristesse mais surtout ma colère. Une colère sourde, rageuse, qui comprimait ma cage thoracique à tel point que j’avais l’impression d’étouffer.
    Je passais une main sur mon visage avant de la passer dans mes cheveux, essayant au mieux de me contrôler.
    C’est ainsi, quand relevant les yeux, je vis le jeune homme portant ma valise sous son bras.

    « Vous aussi vous allez dans cette… école ?!? »

    Je retins de justesse un soupire en pensant ironiquement que ce type, avec tant de perspicacité, allait faire une grande carrière dans la police. En croisant ses prunelles, j’avais perçu sa surprise et surtout sa curiosité, ce dont j’avais en horreur. La curiosité poussait les gens à poser des questions malvenues et personnelles qui me m’étaient en rogne. Plus rapidement qu’avant, d’ailleurs, mais c’était une autre histoire…
    C’est donc en marmonnant dans la barbe qui n’existait pas, heureusement pour moi, que je lui répondis sèchement :

    « Ouais. »

    Je retournais à la contemplation de ces hautes grilles noires, ma colère et ma tristesse au fond de mon cœur, mais un murmure de mon voisin fit que mon regard émeraude fut attiré une nouvelle fois vers lui.

    « C’est pas croyable »

    Il ne manquait plus que ça. J’étais de mauvais poil, c’était un fait. Il s’en était pris dans la figure sans qu’il y soit vraiment pour quelque chose, je le reconnaissais. Mais, je n’étais tout de même pas si odieuse pour qu’il soit obligé de dire un truc pareil.

    * Va pas te suicider, j’en vaux pas la peine* pensais-je, un sourire en coin sur mes lèvres.

    Ce sourire devint ironique une fois encore ce matin-là, quand le jeune homme se montra jovial. Enfin, il y avait que le ton qui y était et encore. Qui essayait-il de berner ? Cela se voyait qu’il n’avait pas l’air enchanté par ce qu’il venait d’apprendre. Qu’est-ce que j’y pouvais ? Il n’avait qu’à faire attention où il allait, ainsi il ne serait pas entré en plein dans ma valise et il n’aurait jamais rien su de mon existence et moi, de la sienne.

    Comme il s’était retourné vers moi, je fus bien obligée de le suivre, mais comme j’étais loin d’être heureuse dans cette école, ce n’était pas avec un joli sourire enjoué que je franchis les grilles noires. L’inconnu remarqua bien évidemment ma mine renfrognée et il devait être bien susceptible puisqu’il la prit direct pour lui. Perdu !

    Ce n’était pas lui qui était visé, en fait. C’était cette école. J’étais attirée par elle tout en la repoussant, la haïssant en même temps. Ma conscience commençait à se rebeller et le sentiment de vengeance que j’avais ressenti envers ce grand brun avait disparu. Ma colère était toujours là mais peu à peu, elle laissait place à cette souffrance en moi. Chose qui ne me satisfaisait pas vraiment.

    C’est peut-être à cause de ça, parce que je me savais les nerfs à fleur de peau que je lui répondis aussi méchamment après qu‘il se soit présenté… Ce qui fit que titiller ma conscience encore un peu plus.

    « Ouais, et alors ? »

    Je me mordis la langue exprès pour me punir de ma mauvaise humeur puis me tournant vers l’inconnu, je le retins par le bras puis dis assez maladroitement.

    « Je… Hum… Désolée. J’ai un peu de mal avec cette prison… Heu, je veux dire « école. » Cette école ! »

    Je le fixai, une seconde, puis me détournai pour reprendre le chemin qui menait aux dortoirs, tout en regardant autour de moi. Il y avait beaucoup de verdures, de fleurs et les bâtiments étaient entourés d’arbres ce qui faisait que c’était accueillant. Le chemin où je marchais en compagnie de… Heu… Dabidé, était constitué de jolis petits cailloux blancs qui se séparait ensuite en deux. Un sentier allait vers les derrières de l’école et de là où j’étais, j’apercevais deux autres bâtiments avec des terrains de sport à leurs côtés. L’autre allait vers l’entrée du bâtiment qui nous faisait face.

    Alors que je continuais de fixer le bâtiment imposant, j’eus comme un pressentiment. Je me retournais et étrangement, je vis alors que Dabidé n’était plus à mes côtés. Sans que j’en prenne conscience, j’avais dès cet instant été à l’aise avec le jeune homme mais trop préoccuper pour essayer de contrôler mes émotions. Au moment où je n’avais plus eu la présence du type, je m’en étais presque tout de suite aperçu.

    *Qu’est-ce qu’il fout ?*

    Je m’approchais de lui, intriguée et surtout impatiente même si sous l’arbre où il avait trouvé un banc la pluie était un peu moins forte et j’allais lui poser une question quand d’un coup, le regard chocolat du garçon me fixa. Il me demanda quelque chose que je ne compris qu’à l’instant où Dabidé me prit son sac des mains. Il débuta alors une recherche intensive, pendant laquelle je focalisai mon regard sur ma fichue valise.
    Quelle idée j’avais eu d’accepter d’utiliser sa vieille valise ! C’était plus une valise d’ailleurs et tout ce que j’espérais encore c’est qu’elle soit assez étanche jusqu’à atteindre ma chambre.

    Après un soupire très fataliste, je revins sur mon inconnu qui tenait des ceintures entre ses mains. Levant mon sourcil droit alors qu’il lui repassait son sac plus ou moins rangé, j’essayai de voir ce qu’il voulait faire avec ses deux ceintures et la ruine qu’il y avait sur le banc.
    Je commençais à avoir froid, les gouttes glacées glissant le long de mon corps déjà trempé en étant surement l’origine. Comme je ne voyais pas vraiment ce qu’il trafiquait, je me détournais et mon regard tomba sur un manga qui dépassait de son sac. Je n’avais rien à faire à part attendre, je ne pus donc m’empêcher de lire la quatrième de couverture. Quand j’eus fini, je me retournai pour voir où le jeune homme en était et…

    Waou ! Je fus surprise et plutôt intimidée. Il avait un de ses sourires ! Lumineux était un adjectif qui n’était certes pas assez fort pour décrire le sourire que je voyais. Je me souvenais déjà plus de son visage déprimé. Il reflétait une telle fierté que cela en était éblouissant. Je préférais en conséquence regarder l’œuvre dont il était tellement fier. Il avait astucieusement entouré et bouclé ses deux ceintures autour de ma valise. Ainsi, même sans verrous et une poignée manquante, elle tiendrait jusqu’à ma chambre avec tous mes vêtements A L’INTERIEUR !

    Ne sachant pas trop quoi dire, je levais mon pouce en un signe d’approbation et de félicitations. Puis, je fis demi-tour et sans vraiment entendre ce qu’il me dit, je me remis en route vers le chemin des dortoirs. Dabidé avait plus ou moins eu la même idée puisqu’il dit d’un ton beaucoup plus calme que tout à l’heure, comme si toute sa colère avait disparu comme par enchantement.

    « Essayons d’atteindre le bâtiment maintenant. »

    Je hochais la tête et continuais de marcher à ses côtés.

    Pendant quelques minutes, le silence se fit entre nous, je pus ainsi reprendre un peu le fil de mes pensées. Tout en le regardant de biais, je débutais toute une série de suppositions à son propos. Il avait été dans une telle colère quand je l’avais vu en train de tenter de ranger mes affaires suite à la chute malencontreuse de ma ruine qui était ma valise, qu’avec le recul, je pensais maintenant qu’il avait du se passer quelque chose de sérieux chez lui, ou à l’un de ses proches pour qu’il en arrive à ce stade. Je laissai pour une fois mon imagination débordée et heureusement pour moi, il n’avait pas la capacité de lire dans les esprits.

    C’est ainsi que le jeune homme fut tour à tour, un futur révolutionnaire se battant bec et oncles pour ses convictions, un pirate voguant sur les flots d’îles en îles à la recherche de trésors, un justicier tout comme Robin des Bois qui volent aux pauvres pour donner aux riches ou encore un Zorro des temps modernes…

    La réalité vint troubler peu à peu mes histoires imaginaires. On se retrouva devant le bâtiment et sans aucune idée derrière la tête, je tournai la tête vers le jeune homme… Cependant, à cause de mes folies sur le chemin, je retins in extremis un fou rire totalement hors propos sur le moment. Je respirais à fond avant d’indiquer du regard, beaucoup moins glacial que tout à l’heure, au type de me suivre jusque dans le hall.

    Dès que je franchis la porte entre-ouverte du bâtiment, trempée jusqu’aux os, je fus étonnée de voir que l’entrée était encore plus grande que le laissait imaginé l’extérieur. Malgré le ciel grisâtre et la pluie battante, elle était bien éclairée grâce aux grandes bais vitrés qu’il y avait.

    Je vis à cet instant, un panneau d’affichage. Je m’approchais, laissant derrière moi le jeune homme, et après un rapide coup d’œil, je trouvais enfin le plan de l’école qui indiquait où se situait les dortoirs. Je le décrochais sans le déchirer et me retournant, je remarquai une nouvelle fois ma valise ceinturée. C’est ainsi que je l’appelais instinctivement avec un surnom sortit tout droit d’une des séries américaines qu’appréciait bien Tsukida, tout en faisant mon premier sourire timide et sincère de la journée.

    « Hey, McGyver ! J’ai le plan !! »

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)   Dim 17 Avr - 11:53

Quelle réaction observons-nous chez l’autre, une fois que l’on s’est présenté ?
Un sourire et un « enchantée » si la personne est polie et bien lunée, un « moi c’est… » pour répondre à l’écho de son vis-à-vis ou bien « Appelle-moi… ». Logique non ?
Visiblement pas pour la demoiselle qui ne choisit aucune de ses options! Contre toute attente, elle lui lança un « Ouais et alors » des plus méprisants ! Accueillant et qui donnait envie de la connaître n’est-ce pas ? En tout cas, ce ne serait pas maintenant que David allait apprendre son prénom ! Si elle lui donnait un jour évidemment !

Malgré cela, le jeune homme ne s’en offusqua pas, ne prêtant nullement attention à son attitude des plus austères. Pourtant, bien que le sportif ne fit aucune remarque sur son « ton », la jeune fille s’excusa, justifiant sa réplique cinglante par le fait qu’elle avait « du mal avec cette prison ».
David ne put empêcher un sourire espiègle se dessiner sur son visage lorsque sa future camarade utilisa le terme de « prison » pour désigner le pensionnat ! C’était le même mot qui lui était venu à l’esprit quelques instants auparavant !
Ainsi donc il n’allait pas être le seul à se sentir comme oppresser dans l’enceinte du lycée, surveillé de toutes parts par ces matons euh pardon ces pions (bon ça se termine pareil hein^^), tandis que son regard se buterait aux hautes grilles, à ses murs infranchissables (encore que David tenterait peut-être un jour de les escalader qui sait…), ses pensées aux règlements, avec toujours cette menace « sinon une heure de colle».
Cette même façon de penser à l’école amusa le jeune homme. Au moins, cela lui faisait déjà un point commun avec elle !

Mais la jeune fille se reprit, se corrigeant très vite par un «Heu, je veux dire « école. » Cette école ! » répétant ce mot comme pour s’en convaincre! Cette fois, David la regarda mais avec un sourire ironique aux lèvres. Si elle tentait par-là de le persuader par cette vision des choses, elle faisait erreur ! Pour le sportif qu’il était, le lycée, l’enseignement en général , était juste des chaînes entravant ses gestes, le privant de sa liberté, lui qui ne rêvait que de courir, respirer l’air du dehors…

Pourtant le français ne dit rien et ensemble, ils reprirent la route en direction du bâtiment, se dépêchant au maximum pour se protéger de la pluie mais c’était sans compter sur la valise qui faillit une fois de plus, déverser son contenu au sol… Décidément, ses affaires voulaient vraiment se faire la malle !
Arriva alors son idée ingénieuse qu’il parvint à réaliser à l’aide de ses ceintures, et dès que David termina son opération « rafistolage », il se retourna et il vit sa future camarade faire le signe de la victoire, le pouce en l’air, ce qui fit naître un sourire de fierté sur le visage de David ! Pourtant, il n’était pas du genre vaniteux, prétentieux, à prendre les gens de haut mais pour le coup, il était assez content de son stratagème ! Elle lui tourna ensuite le dos, reprenant le chemin menant au pensionnat. Chargé de son fardeau, le jeune homme la suivit, sentant de nouveau la pluie s’infiltrait de tout part, à travers sa veste mais contrairement à tout à l’heure, cela ne l’agaça pas, étant à nouveau de bonne humeur ou presque ! Et oui, le simple fait d’avoir trouvé une solution à un problème ramenait le sourire au français !

Lunatique David ? Non, pas vraiment, c’est juste qu’il n’était pas souvent de mauvaise humeur et que son caractère coutumier enjoué reprenait le dessus ! Comme on le dit familièrement « chasser le naturel, il revient au galop ! ». Malheureusement, la jeune fille avait vu le sportif dès leur première rencontre (s’il y en a d’autres bien-sûr^^) de mauvais poils, lui qui était à 99 pour 100 du temps jovial !
Il est de ceux qui a un sourire permanent accroché aux lèvres, le regard brillant de malice ; le premier à faire le pitre, un véritable bout en train à proposer une sortie, à redonner de l’énergie à une troupe démotivée, à réanimer une ambiance agonisante ! En claire : le type constamment de bonne humeur, un véritable rayon de soleil ! Ce qui pouvait en agacer plus d’un mais David s’en moquait totalement!
Mais comment la jeune fille allait-elle le percevoir ? Comme quelqu’un qui change d’humeur comme de chemise ? Comme un gamin boudant mais qu’une fois une sucette devant son nez retrouvait le sourire ?
Finalement tout cela importait peu! Le français ne s’en souciait pas pour un sou !

Quelques pas les séparaient désormais l’un de l’autre à présent, tandis qu’ils se dirigeaient vers l’école… Arrivée sur le perron après avoir gravie quelques marches, l’inconnue se retourna et son regard émeraude se posa sur David qui lui fit simplement un sourire comme pour lui signifier « eh oui je suis toujours là !».
L’état des deux adolescents était des plus lamentables : leurs cheveux dégoulinaient, leurs mèches traçaient des sillons sur leurs visages, leurs vestes donnant presque l’impression d’être sorties de la machine à laver tant elles étaient mouillées ! (Pauvres petits chatons^^).
Tout en la fixant, ses prunelles marron brillant de malice, le sportif lui dit :

_ T’inquiète pas ta valise n’a pas semé tes vêtements comme Le Petit Poucet.

Voilà le David nouveau et amusant est arrivé ! Cela remontait la température de l’ambiance si ce n’est celle extérieure !
Enfin, ils pénétrèrent dans la prison euh je veux dire le pensionnat ! Le hall était de très belle taille, muni de grandes fenêtres laissant passer les rayons du soleil très peu nombreux en ce dimanche pluvieux.
Le jeune homme détailla, scrutant l’ensemble de la bâtisse qui allait être son nouveau cadre de vie, leva les yeux au plafond, tentant de s’ancrer à l’esprit qu’ici, il allait y rester durant 4 longues, très loooongues années, si tout se passait sans embûches aussi bien au niveau scolaire qu’au niveau du comportement…
Qu’est ce qui allait être le plus difficile d’ailleurs? Maintenir une certaine moyenne pour accéder aux étapes supérieures ou bien contrôler son impulsivité lorsque l’on touchait à ceux qu’il aimait ? Comme cela s’est passé il y a quelques mois...
Perdu dans ses réflexions, le français sursauta légèrement lorsqu’il entendit sa future camarade l’interpellant par ce surnom des plus original : « Hey, McGyver ! J’ai le plan !! ».

A l’entente de ce nom, David pouffa de rire tandis qu’instinctivement sa mémoire fit un saut en arrière, dans un passé lointain dans le temps mais si récent dans les ressentis…

Le jeune homme n’était alors qu’un gamin même pas âgé de dix ans sur sa terre natale en France, passant une journée chez ses grands-parents. Après un repas préparé par sa « grand ma’ », son grand-père s’installait devant la télé avec comme programme les séries policières dont il était fan! David à ses côtés, jouait avec ses voitures et ses dinosaures, levant de temps à autre les yeux sur la télé, écoutant l’intrigue d’une oreille distraite tandis que son Papy, son regard toujours vif malgré l’âge fixait l’écran avec grand intérêt!
Voir son grand pa’ si captivé, avait toujours amusé le gamin et même encore l’adolescent qui était à présent !
Sans même suivre l’émission, le gamin connaissait les différents personnages, jusqu’aux génériques des séries! Alors Mac Gyver, oui, le jeune homme voyait à qui sa camarade faisait référence !
Qu’elle le compare à lui, ce héros pacifiste, trouvant des solutions à des situations des plus compliquées grâce à des astuces détonantes et ingénieuses comme boucher une fuite d'acide avec du chocolat (*pauvre chocooo*) était des plus flatteurs ! Sauf si cela concerne la coupe de cheveux des plus… démodée du justicier, là ce serait différent ^^.

Amusé (comme toujours… ou presque), il tourna son regard vers elle, toujours en pouffant de rire et constata qu’un sourire timide s’était dévoilé sur le visage de la jeune fille ! Waouh c’est que ça lui allait vraiment bien en toute franchise ! Cette apparition tombait à point nommé, montrant un autre aspect de l’inconnue mystérieuse.
Elle n’était pas qu’une jeune fille au tempérament bien trempé, répliquant du tac au tac et au regard émeraude glacial, non, elle montrait à cet instant un sourire, un visage plus détendu, quelqu’un qui avait de l’humour ! Une personne a plusieurs facettes à la fois mystérieuse, intrigante et intéressante !
Retrouvant peu à peu son sérieux malgré son grand sourire, le français s’approcha de la jeune fille, toujours chargé de la valise « originale » tandis que dans son regard, une lueur de malice y brillait, donnant un reflet des plus attirants et attrayants à ses prunelles noisette.

Il se posta juste à côté d’elle, se délestant de son « boulet ceinturé » à ses pieds et curieux, David se pencha vers le plan que tenait la demoiselle, tentant de déchiffrer ce labyrinthe digne de Dédale ! Le sportif fronça les sourcils, tandis qu’il se passait un doigt sur ses lèvres. Alors où se trouvait le secrétariat ? Car il lui fallait bien, à lui et à la demoiselle, remplir les dernières formalités et récupérer cela allait de soi « les clefs » de leur futur « geôle » ! Perplexe, il tenta de comprendre où menait tel couloir ou bien tel escalier, suivant des yeux le tracé écrit. A cet instant, David avait l’impression de chercher le bon chemin menant à la sortie comme dans les jeux des magazines ! Se mêlant les pinceaux, le jeune homme décida qu’il allait s’y prendre autrement…
Toujours à côté de la jeune fille, le sportif commença alors par indiquer les différents chemins possibles avec ses mains, tendant d’abord le bras vers sa droite :

_ Alors, si nous allons par là-bas dit-il tout en se dirigeant vers cette direction nous parviendrons à…
Oubliant déjà ce qu’il avait pu lire auparavant, il revint vers sa future camarade et de nouveau lu par-dessus son épaule.

_ Ah oui ! Vers l’infirmer… Ah mais non !

Ne se décourageant pas le moins du monde, le français reprit ainsi ses recherches, faisant des allers retours entre les différents couloirs et l’adolescente, ponctuant chacun de ses « voyages » par des « ça y est c’est le bon chemin» mais toujours en vain.
La jeune fille devait bien s’amuser d’assister à une telle scène !
On avait presque l’impression de voir un chien pistant une odeur mais tombant toujours sur des fausses pistes….
Après une dizaine de minutes « d’expédition », le jeune homme cessa et après être revenu auprès de la demoiselle, il tourna son visage légèrement rougi vers elle tandis qu’un petit sourire se dessina sur ses lèvres.

Puis tout en glissant une main dans ses cheveux humides :
_ Désolé, j’ai vraiment pas le sens de l’orientation lui dit-il à la fois amusé et embarrassé.

En même temps, toute personne ayant assistée à cette scène aurait pu le constater en toute franchise…

Pendant quelques instants, les deux adolescents restèrent l’un à côté de l’autre jusqu’à ce qu’une femme d’un certain âge passa devant eux chargée d’un tas de paperasse dans les bras…

_ Elle a tout l’air d’être la secrétaire murmura-t-il à l’adresse de sa camarade tandis que sa voix retrouvait au fil des mots son enthousiasme coutumier, tout en suivant de ses yeux la dame d’un certain âge.
Leur fil d’Ariane venait de se révéler sous leurs yeux ! Elle allait leur permettre, tout comme Thésée, de sortir de ce labyrinthe ! (Oui comparer Ariane à une personne âgée n’est pas des plus flatteurs….^^).

Tout en se saisissant de la valise bouclée, le français se tourna vers la jeune fille:
_ Allons-y… Lara Croft lui dit-il un sourire espiègle au coin des lèvres tout en lui faisant un clin d’œil malicieux avant de reprendre la route vers le Nord, du moins ici le secrétariat.

Lara Croft. Le nom de l’héroïne de jeu vidéo dont il était fan lui était venu spontanément à l’esprit pour appeler sa camarade! Le rapprochement entre elles deux n’avait pas été difficile à trouver : elles ont de longs cheveux bruns attachée en une longue natte. Bon maintenant la tresse de la « Lara » aux yeux émeraude était toute défaite, légèrement mouillée même mais cela lui donnait un charme des plus… sauvages ?
Mais les ressemblances ne s’arrêtent pas là…
Le pantalon noir moulant et la veste cintrée en cuir de l’étudiante avaient révélé des courbes harmonieuses et très agréables à regarder rappelant celles de l’aventurière. (Pour la poitrine peut-être pas autant hein^^…).
Un corps sportif et féminin à la fois! (Comment ça David a maté ? Bien sûr que non ! Ce n’est pas son genre…).
Mais même dans le tempérament, David avait l’impression de retrouver le personnage de Toby Gard.
Rappelez-vous, à peine le sportif avait-il fait remarquer qu’ils allaient être « camarades » que la jeune fille lui avait répondu du tac au tac ! Un caractère bien trempé dominait sous les traits doux de la presque inconnue (une inconnue dont il connaissait une fameuse petite culotte…).
Alors comment ne pas penser au prénom de l’archéologue comme surnom ?
Tout comme Mac Gyver, David trouvait que ce pseudonyme allait comme un gant à sa nouvelle propriétaire !
Il faut dire que le jeune homme ne connaissait pas son prénom vu qu’elle ne s’était pas encore présentée ! D’ailleurs qu’elle pouvait bien être son prénom ? A n’en pas douter, il devait signifier quelque chose comme « franche » ou bien « déterminée » cela va s’en dire ^^.

Les deux adolescents allèrent donc dans la direction prise précédemment par la femme. Les pas du français furent dynamiques et rapides comme à son habitude, foulant les couloirs quasi-déserts où seule la sonnerie d’un téléphone et quelques bribes de paroles permettaient d’affirmer que le pensionnat était ouvert.
David jeta un œil rapide sur le long corridor où défiler un nombre incroyable de portes toutes similaires les unes les autres mais qui heureusement était identifiable grâce à leur inscription. « Proviseur », « Proviseur adjoint », toutes closes évidement (en même temps qui aurait eu l’idée absurde de venir à l’école un dimanche matin lors des dernières heures des vacances franchement ? Hormis un père pressé de se débarrasser de son aîné ?).
Ils firent encore quelques pas jusqu’à arriver devant une pièce ouverte. Curieux, le jeune homme passa la tête pour enfin lire « secrétariat ». « Secrétariat » !!!
Le sportif s’arrêta et se retourna alors vers la jeune fille.

_ Et ben nous voilà enfin arrivé ! lui dit-il amusé.

Pas trop tôt ! David espérait juste maintenant récupérer au plus vite ses clefs de chambre, y jeter ses valises sur son lit sans même visiter les lieux, se changer rapidement (le mode trempé non merci), claquer la porte pour gagner les gymnases !
Bizarrement, lors des portes-ouvertes, David avait mémorisé le chemin menant au bâtiment de très belle envergure consacré aux sports ! Etrange n’est-ce pas ? Lui qu’on pouvait sans aucune méchanceté comparer à une boussole déréglée parvenait à trouver son Nord quand il le voulait ! Comme quoi quand le but final nous plaisait notre cerveau mémorisait…
Mais avant de faire des plans sur la comète, en s’imaginant en train d’admirer la taille des terrains et leur matériel de qualité, si ce n’est en faire, il fallait tout d’abord commencer par aller voir Passe-partout pour récupérer LA clef !

Déterminé, David laissa la valise aux pieds de « Lara Croft » et rentra dans le bureau après avoir toquer signalant ainsi sa présence à la secrétaire, visiblement plongée dans des dossiers éparpillés sur son bureau tandis que la photocopieuse ronronnait à ses côtés.
Sans même redresser la tête, la femme bougonna d’un ton légèrement irrité un « C’est pourquoi ? » des plus agaçant !

*Ca commence bien dis donc !* pensa David qui sentait déjà son irritation du matin revenir au galop ! Il avait une envie folle de lui balancer un « A votre avis ? Pour jouer aux cartes avec vous tiens ! ».

Non mais franchement, qui pouvait se présenter au secrétariat, un dimanche de surcroit, la veille de la rentrée hormis un élève ? A moins qu’il n’y ait des adolescents de nos jours qui s’ennuient au point de vouloir tenir compagnie à une pauvre secrétaire visiblement là depuis la création de l’école comme le père Fourras dans son phare à Fort Boyard ? Ou bien est-ce une BA organisée par des bénévolats…
Des idées aussi farfelues les unes les autres mais qui dans tous les cas, ne concernait pas David ! (même s’il s’ennuyait, chose qui ne lui était jamais arrivé sauf en cours bien sûr, il n’irait sûrement pas se « divertir » dans une école à ça non !).

Mais contre toute attente, le jeune homme parvint à se taire (oui oui cela arrive^^), redressant juste la tête après avoir lâché un petit soupir et se présenta tout en regardant la dame.
Une femme qui devait avoir dépassé la soixantaine au vu des rides sur son visage, tandis que ses petits yeux gris se plissaient pour lire l’écran malgré les lunettes sur le bout de son nez. Ses cheveux gris frisés quant à eux, tombaient comme des tortiettis sur ses épaules lui donnant un air mal coiffé.
A peine le français avait-il commencé à dire qui il était qu’elle le coupa d’un « attendez, attendez », ne sachant visiblement où donner de la tête !
David se mordit les lèvres, tentant de se maîtriser tandis que la pauvre femme finissait de lire un document écrit. Après trois bonnes minutes de silence, elle daigna tourner la tête vers l’élève et lui demanda son nom.
C’était juste ce qu’il venait de faire ! Mais ne voulant pas commencer par la case « CPE » avant même d’être officiellement inscrit chez eux, il s’exécuta non sans une petite remarque :

« Comme je vous le disais il y a quelques instants, je m’appelle David Duval et je suis inscrit en première année… ».

Madame Tokiyama d’après le nom affiché sur le bureau, retourna sur l’écran et elle cliqua avec lenteur sur la flèche du bas du clavier ! Perplexe, David remarqua qu’une splendide souris munie d’une roulette en son centre trônée sur le bureau !
*Une douée des nouvelles technologies notre secrétaire !* constata le sportif.
Il mit les mains dans ses poches, cachant ainsi ses poings qui se contractaient et se relâchaient tout comme ses nerfs observant juste les tableaux et affiches accrochés aux murs évitant ainsi d’observer la lenteur excessive de la secrétaire…
Soudain un « Vous voilà Monsieur Kuran Takey, je vous ai trouvé ».

Hein ?!
_ Que… Pardon ?! lui lança-t-il plus que perplexe, un sourcil froncé l’autre relevé en un accent circonflexe majestueux. Non mais vous faîtes er…

Mais comme auparavant, elle ne prêta pas attention à ses propos, et se retourna, se saisissant d’une pochette cartonnée bleue mais le calme relative du français commença sérieusement à se fissurer.

_ Non mais je m’appelle David Duval. DAVID DUVAL répéta- t-il entre fermeté et énervement tandis qu’il la regardait d’un air outré.

Ok, son prénom et son nom n’était pas des plus simples à prononcer surtout pour un japonais notamment la lettre « v » mais quand même ! De là à confondre un « D » une fois avec un « K » et après avec un « T », il fallait le faire !
Devant le comportement de l’élève, Madame Tokiyama l’observa derrière ses petites lunettes le gratifiant d’un œil mauvais le jugeant déjà comme un futur « cancre » au vu de son impatience. Mais de son jugement David s’en moquait comme d’une guigne, souhaitant simplement récupérer le plus rapidement possible les clés de sa future geôle !

Puis après un soupir de mépris, elle reprit sa recherche avec toujours cette lenteur horripilante pour le jeune homme plein d’énergie qu’il était ! Mais n’y tenant plus, il se posta à ses côtés, malgré son désaccord et s’approcha de l’écran à la recherche de son nom. Oh miracle ! En un rapide coup d’œil, il vit le sien précédant un certain « Ed Fergesson ». Il la stoppa et lui montra son nom avec un sourire ironique lui signifiant clairement « c’était pas si compliqué ! ».
Elle ne fit aucun commentaire, se contentant juste de sortir une liste de noms avec des numéros. Après avoir réajustée ses lunettes (pour la troisième ou quatrième fois en un quart d’heure), elle hocha la tête et se leva, se dirigeant vers une armoire non loin d’elle, l’ouvrit dévoilant ainsi un panneau où un nombre incroyable de clefs étaient suspendus attendant patiemment leur futur propriétaire ! Après en avoir pris une paire, elle referma le tout d’un geste vif comme si elle avait peur de montrer son contenu !
Le jeune homme secoua la tête, levant les yeux au ciel.
Madame Tokiyama regagna son bureau, reprit sa feuille et un stylo tendant le tout à David, lui priant de signer dans la ligne qu’elle lui tapotait de l’index alors qu’elle relisait un papier en même temps. L’adolescent suivit la rangée indiquée et ne put empêcher un rire s’échapper de ses lèvres lorsqu’il vit « Takey Kuran ».
Dans le genre buté, on ne fait pas mieux… (ou mémoire de poisson rouge peut-être ?).
David, stylo en main, signa d’un geste rapide dans la bonne case évidemment^^, saisit les clefs où le numéro 18 y était inscrit et sans attendre son reste, sortit de là !

*ENFIN !!*
David s’approcha de sa camarade poussa un long soupir de soulagement et posant une main sur son épaule, lui murmura :

_ Bon courage ! d’une voix tendue tout en étant à la fois exténuée. Puis après l’avoir averti, il s’assit à même le sol entouré de leurs sacs, sa tête appuyée contre le mur derrière lui.

Il était vidé comme s’il avait fait un match de hand ball... A part qu’ici, c’étaient ses nerfs qui avaient encaissé et non ses muscles. Contrôler son humeur, son énervement étaient bien plus difficile que de livrer un match selon lui !

Alors comment allait s’en tirer Lara Croft face à ce boss qu’était Madame Tokiyama ? Les muscles et la ruse n’avaient pas leur place ici, seuls le calme et la persévérance étaient requis… Aura-t-elle suffisamment de patience pour l’affronter et l’emporter ?
Sur ce niveau, entre le sens de l’orientation et l’ennemie, Mac Gyver s’en était tiré d’extrême justesse.
Qu’en sera-t-il pour Lara Croft ? La célèbre aventurière allait-elle faillir à sa réputation ? Ou bien parviendra-t-elle à puiser dans ses réserves la force mentale nécessaire pour parvenir au prochain parcours…

La suite de nos héros préférés au prochain épisode…

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)   Lun 9 Mai - 14:57

    Perdue dans mes songes sur le reste du chemin qu’il me restait à faire pour arriver au bâtiment principal, je n’avais pas vraiment remarqué le changement qui était en train de s’opérer chez mon compagnon de fortune. Je n’entendis pas ce qu’il me dit également, quand je m’étais retournée vers lui. J’étais bien trop préoccupée à retenir comme je le pouvais un fou rire qui n’aurait pas été le bienvenue dans la situation présente. Pourtant, ces quelques secondes d’observation m’avaient permis de capter que le jeune homme semblait plus détendu que tout à l’heure et que son sourire ne quittait plus ses lèvres.

    Je ne m’attardais pas plus sur le comportement un peu étrange de mon interlocuteur. J’avais bien d’autres choses en tête. La principal était de trouver ma chambre pour enfin pouvoir me débarrasser de ses vêtements trempés et avoir le plaisir de me laisser réchauffer par une longue douche chaude. Pour cela, bien entendu, j’avais quelques missions à remplir et je comptais bien les réussir avec ou sans le jeune homme.

    La première fut facile à réaliser. Je n’eus qu’à décrocher le plan de l’école du tableau d’affichage qui était en retrait dans le hall. Je me retournais pour le prévenir et dès que j’aperçus la ruine qui me servait de valise entourée de sa ceinture, je ne pus m’empêcher de donner un surnom à mon futur camarade tiré d’une série américaine que mon oncle regardait il y a quelques années.

    « Hey McGyver ! J’ai le plan ! »

    Qu’est-ce qui m’était passé par la tête ? Cela n’était absolument pas dans mes habitudes de me montrer aussi familier avec quelqu’un que je ne connaissais absolument pas. Heureusement pour moi, mon vis-à-vis avait le sens de l’humour et avait tout de suite compris à quel héros de série je le comparais. Un peu gênée tout de même, je lui fis l’un de mes petits sourires en coin habituels, qui était la plupart du temps passe partout et pouvait être interprété de différentes façons, cela dépendait de la personne qui était en face de moi, évidemment.

    Préférant me concentrer sur le plan que j’avais trouvé au lieu de fixer Dabidé, qui avec son sourire et son regard pétillant, était un peu perturbant. Je le vis du coup de l’œil se rapprocher de moi et en sentant une chaleur au niveau de mes joues, je dus admettre que j’étais en train de rougir. Je ne voyais même plus le plan en cet instant, occupée à me faire une leçon de morale sur le comportement étrange que j’avais à cause d’un pauvre type que j’avais rencontré cinq minutes plutôt.
    Je m’obligeais à respirer calmement quand sous mes yeux, les mains du jeune homme commencèrent à suivre un chemin sur le papier qui menait à une destination connue de lui seul. Relevant légèrement mon regard, je fus un peu surprise de le trouver aussi près de moi. A l’ordinaire, quand une personne m’approchait dans un rayon de cinquante centimètres, mon instinct se mettait en alerte rouge et je n’avais qu’une seule envie, ensuite : Fuir !
    Alors pour quelles raisons, au côté de celui-ci, il ne se passait strictement rien ? Un frisson me parcouru et ne voulant pas savoir la réponse à cette question, je revins à la réalité.

    La seconde mission que je devais accomplir pour retrouver ma solitude bien-aimée et la paix de mon esprit, tout en évitant de m’attarder sur les battements de mon cœur à ce moment-là, était de récupérer la clé de ma chambre. Je regardais rapidement le plan tout en jetant un ou deux coups d’œil autour de moi. Je remarquais au bout de plusieurs minutes que chacun des couloirs avait une petite plaquette accrochée en haut du mur qui indiquait dans quelle direction il menait.
    Je repérais rapidement ensuite celui qui indiquait Administration et au moment même où j’allais prévenir mon aventurier de camarade, il repartait déjà en l’exploration.

    Pendant une dizaine de minutes, appuyé contre le panneau d’affichage, le sac du jeune homme à mes pieds, tenant d’une main le plan pour que Dabidé puisse le lire, je suivis des yeux son manège. Peu à peu, un sourire se dessina sur mes lèvres et la couleur émeraude de mon regard se changea progressivement alors en un vert plus métallisé mais scintillant à souhait, d’amusement. Au bout d’un moment, il dut remarquer que je l’observais puisqu’après un ultime excursion dans les méandres du bâtiment, le jeune homme revint vers moi. Je pris conscience des quelques couleurs que ses allées-retours lui avait donné.

    « Désolé, je n’ai vraiment pas le sens de l’orientation »

    Passant une main dans mes cheveux, même si trempés comme ils l’étaient ils ressemblaient plus à une masse de lianes noires mortes, je secouais la tête et d’un air sérieux, mais toujours avec le regard allumé d’une lueur d’espièglerie, je répondis.

    « Tu n’aurais pas dû. Si tu ne me l’avais pas dit, je ne l’aurais jamais remarqué. »

    Je lui fis un petite tape amicale au niveau de son épaule, avant de lui demander d’un geste de me suivre. Je me mis en face du couloir avec la plaquette Administration, le seul étrangement que Dabidé n’avait pas exploré et je la lui montrais du doigt sans faire de commentaires.

    Nous aperçûmes alors une femme traversée le hall et empruntée ce couloir. La soixantaine, petite et ronde, elle portait des lunettes qui ne cachaient en rien les yeux glacials qu’elle avait. Ses cheveux étaient tirés en arrière en un chignon très serré qui dégageait son visage et ne faisait que ressortir encore plus les rides qu’elle avait. Son tailleur d’un noir terne de bonne qualité mais qu’on remarquait de suite qu’il n’était plus à la mode faisait ajoutait au stéréotype de la vieille secrétaire célibataire.
    Elle avait l’air pressé et je me demandais comment elle faisait pour marcher si vite avec la tonne de papiers qu’elle se trimballait dans les bras. Mon compagnon dit alors qu’elle semblait bien être à la secrétaire. Levant un sourcil perplexe face à une telle supposition qui me semblait un peu rapide, je haussais les épaules et j’imitais le jeune homme en reprenant son sac sur mon dos.

    Le surnom qu’il me donna, me prit de court. Son sourire et le clin d’œil qui l’accompagnait n’étaient pas en rapport, bien sûr, avec mon enracinement. Ou bien essayais-je de m’en convaincre… ? Secouant la tête, je le rattrapais. Tout en le suivant, je me pris à réfléchir. J’avais bien entendu reconnu la célèbre jeune femme du jeu vidéo Tom Raider qui avait fais fantasmer plus de douze millions de jeunes spécimens masculins en seulement quelques années. Je ne trouvais pas, par contre, le rapport que Dabidé avait fais entre elle et ma simple personne. Y avait-il un sens caché ? Voulait-il me transmettre un message ? Si Lara Croft était bien un sous-entendu, il devait bien être caché, pour ne pas dire enfouit…

    Levant les yeux au ciel - enfin, au plafond - je compris alors que ma paranoïa me jouait encore des tours. Un petit sourire ironique sur les lèvres qui illustrait bien ce que j’étais en train de penser de moi-même à ce moment-là, je me convainquis que cela n’était qu’une simple taquinerie de sa part pour le surnom que je lui avais donné tout à l’heure.

    Je retombais brutalement dans la réalité quand le jeune homme s’arrêta d’un coup avant de se retourner vers moi pour me prévenir que l‘on était arrivé. Comme si je n‘avais pas une paire de yeux pour le remarquer moi-même. Tout en fronçant les sourcils, je me retins de lui envoyer une de mes répliques bien sentis. Devant la porte ouverte, une femme était assise qui me faisait penser à celle que nous avions croisé il y a quelques minutes. Elle ressemblait à celle de toute à l’heure mais après un rapide examen, je fus certaine que ce n’était pas la même. Elles avaient juste le même styliste et les mêmes caractéristiques des vieilles filles austères.

    Je vis entrer Dabidé dans le territoire de la femme juste après avoir posé ma valise à mes pieds. Sans savoir pouvoir, mon instinct me disait que j’allais assister à un combat mythique remis au goût du jour. Le jeune homme dans le rôle du preux chevalier contre la vieille secrétaire revêche qui n’était autre que le dragon à tuer. Une épreuve si le chevalier voulait recevoir l’indice absolu qui le conduirait… Eh bien, non pas à la princesse de ses rêves, endormie dans la plus haute tour, mais à une simple chambre tranquille, calme et surtout au sec !

    Avec un sourire, je suivis la scène en bonne spectatrice que j’étais, appuyée contre la porte. D’ici, je voyais la secrétaire essayée de décrypter ce que l’ordinateur affichait, tout en jetant quelques coups d’œil soit à un dossier, soit au jeune garçon qu’elle avait devant elle. Par contre, je ne voyais que mon compagnon de dos et cela était bien dommage car, si j’en jugeais aux raidissements progressifs de ses muscles, il était de plus en plus irrité.

    La première attaque fut très rapide mais assez faible. La secrétaire lui coupa la parole alors qu’il était en train de se présenter. Or, un seconde après, elle lui demanda comment il s’appelait. La seconde fut aussi faible que la première mais testait l’endurance et la résistance du preux chevalier. Je me retenais comme je pouvais de pouffer de rire, mais cela fut encore plus dure quand j’entendis la secrétaire, d’un ton mi-soulagé mi-outré qu’elle l’avait enfin trouvé… Sauf que le nom qu’elle donna n’était absolument pas celui du jeune homme.
    Qu’est-ce que j’aurai aimé à cet instant-là de voir le visage du jeune homme ? Le dragon lui avait envoyé une de ses attaques surprises que le pauvre chevalier devait être dans un état… Heureusement pour lui, le dernier round allait lui permettre de prendre sa revanche. Enfin, je l’espérais pour la survie de la vieille.

    Je toussotais pour me donner une contenance et éviter ainsi d’éclater de rire, quand Dabidé sortit en poussant un soupire de soulagement. Tout en posant sa main sur mon épaule dans un geste protecteur, il me dit un petit « Bon courage. »

    Je posais le sac au pied du jeune homme qui s’était assis, pour ne pas dire écroulé, à même le sol tout en appuyant sa tête contre le mur. Il avait bien combattu le dragon, il méritait un peu de repos le pauvre. Sourire en coin sur les lèvres, je pénétrais à mon tour en territoire ennemi toujours en ayant le plan de l’école dans les mains. Face au regard critique de la secrétaire à cause de mon aspect peu reluisant dû à l’averse que je m’étais prise, sans m’en rendre compte, le masque d’impassibilité que je mettais toujours lors des mondanités me vint en quelques secondes. Ce fut d’une voix calme et posée digne de l’héritière Ashii que je pris la parole tout en la saluant.

    « Bonjour, Tokiyama-Sama. Je suis une élève et j’aimerais la clé de ma chambre, s’il vous plaît. »

    En me redressant, j’entendis un petit claquement de langue de la part de mon interlocutrice qui signifiait ô combien elle n’aimait pas être dérangée. Elle me demanda comme pour Dabidé d’attendre quelques minutes. Je compris alors pour quelles raisons le jeune homme n’avait pas pu se retenir de s’irriter. Cette vieille bique hésitait tellement devant la machine que j’avais l’impression qu’à chaque clic, elle avait peur que l’ordinateur n’explose. Au bout cinq minutes, où je retins l’envie que j’avais de lui prendre sa place et de faire son travail, elle me demanda enfin mon nom et ma classe.

    « Ashina Rya, troisième année. »

    Je la regardais et imaginais les rouages de son cerveau se mettre pour une fois en place. Cyniquement, je souris quand je sus exactement quand elle me reconnut. Elle se leva et commença à faire ce que je détestais par-dessus tout quand les gens me reconnaissaient : elle joua les hypocrites. Sourire niais aux lèvres, rajustement de ses vêtements, elle me salua tout en disant.

    « C’est un réel honneur de vous accueillir au sein de notre établissement… »

    Je n’en écoutais pas plus. J’en avais déjà la nausée, chose qui était difficile de contenir en voyant avec quel ton mielleux, ce dragon était en train de vanter les mérites de l’école. J’étais là pour confirmer mon inscription dans ton fichu pensionnat, ce n’était pas la peine de faire un tel cirque.

    « Je vous remercie d’avoir choisi notre école pour les années d’études qu’il vous reste à faire, Ashina-san. Nous avons plusieurs clubs à vous proposer ainsi qu’une gamme de sports très variés, que cela soit en individuel ou en équipes. Il y a aussi beaucoup de cours optionnels qui sont à votre dispo… »

    Je me retins de soupirer, mais comme je savais que la limite critique de ma patience allait être dépassée dans très peu de temps, je la coupais avec un sourire et lui demandais ma clé de chambre.

    « Oh ! Veuillez m’excuser, Mademoiselle. Je vous la donne immédiatement. »

    Pour une fois en dix ans, au moins, la secrétaire fit son travail avec une telle rapidité que je crus qu’elle allait faire un malaise devant moi. Je la remerciais quand elle me tendit la clé juste après avoir signé le document qu’elle voulait. En souriant, je sortis avant qu’elle ne commence à me poser des questions sur mon avenir d‘héritière.

    Mais, je n’eus pas cette chance. La secrétaire m’arrêta dans mon élan et se levant une nouvelle fois de son siège, elle m’indiqua alors avec beaucoup de fausseté que les dortoirs se trouvaient derrière le bâtiment. J’allais la remercier quand elle continua sur sa lancée, voulant prouvait peut-être à l’héritière qu’elle aimait son travail, sans penser une seconde que la jeune fille que j’étais n’en avait rien à faire. Méchamment, je ne pus m’empêcher de penser que cette vieille bique montrait trop facilement son ambition, si c’était le cas. Mais, je comprenais que laisser passer une telle occasion de marquer la nièce du propriétaire d’hôtels de luxe était idiot, voire même stupide à ses yeux.

    « Votre chambre se trouve dans le couloir nommé Blanc neigeux et la clé que je vous ai donné ouvre la chambre D. J’espère qu’elle sera à votre goût. »

    « Je vous remercie, Tokiyama-Sama. Je suis certaine qu’elle sera parfaite. Bonne journée. »

    Je sortis, marchant calmement alors qu’à l’intérieur, j’avais envi de courir le plus loin possible de cette femme, de toutes ces manières et encore plus de son ambition.
    Comme pour appuyer mes propos, je mis un peu plus de distance entre elle et moi en refermant la porte du secrétariat derrière moi. Le sourire que j’avais eu depuis que j‘étais entrée, disparu dès que cela fut fait et je soupirais de découragement. Je ne demandais pas grand chose pourtant. Juste qu’au moins une personne me regarde pour moi et non pas pour ce que je représentais. Je passais dans un geste las, une main sur mon visage et peu après, je pris le sac à dos de mon compagnon sans le regarder, lui. Je n’étais pas encore remis de l’hypocrisie du dragon.

    Je revins dans le hall du bâtiment et regardais alors le plan. Même si j’avais quelques difficultés d’orientation, grâce à un examen attentif du plan, je pus repérer où nous nous trouvions par rapport aux dortoirs. La troisième et dernière mission pour accéder enfin au délice de la tranquillité était bien entendu de les trouver.
    Je remarquais alors qu’ils étaient divisé en deux petits bâtiments et je soupirais de soulagement en comprenant que les garçons et les filles avaient été séparés, même si ils avaient été construits côte à côte. Première bonne nouvelle de la journée !

    Me retournant vers mon camarade, je revins à sa hauteur et tout en lui expliquant, je lui montrais sur le plan où nous étions et où nous devions aller. Sans vraiment attendre sa réponse, je fis demi-tour et allais jusqu’à la porte d’entrée qui était restée ouverte.

    Je fronçais les sourcils au vu de la pluie qui tombait encore, puis baissant mon regard vers moi, je me dis avec résignation que de toute manière, je ne pouvais pas être plus trempée que je l’étais déjà. Mes cheveux n’étaient plus que des baguettes humides et froides, mes bottes étaient mouillés même à l’intérieur, ma veste alors que le cuir était habituellement étanche, était également humide et le pull moulant que j’avais en dessous de ma veste était lui-même mouillé et me collait encore plus à la peau. D’ici que j’arrive aux dortoirs, même mes sous-vêtements allaient être inondés.

    En soupirant, je posais mon regard vers le jeune homme et avec un sourire fataliste, je lui dis.

    « On va encore devoir se mouiller, mais ce n’est que pour quelques minutes. Prêt ? »

    D’un commun accord, nous sortions. La pluie était toujours aussi vigoureuse, mais comme le vent avait cessé, il ne nous envoyait plus d’eau dans la figure. Mais les nuages qui s’amoncelaient dans le ciel, ne me rassuraient absolument pas. La pluie n’allait pas s’arrêter de la journée, à mon simple avis.

    J’ouvris ma veste et avec l’un des pans, je protégeais comme je le pouvais le bout de papier qui nous indiquait le chemin à prendre, mais sans que celui-ci le touche pour éviter qu’il soit imbibé d’eau. Je m’arrêtais un instant pour vérifier et conduisit le jeune homme dans le labyrinthe qu’était le parc de Pretty School. J’eus une mauvaise pensée pour l’architecte qui avait en eut l‘ingénieuse idée. Si par mégarde, je le retrouvais un jour, je lui ferais sa fête pour avoir été aussi ambitieux. Quelle idée franchement de faire un lycée sur plusieurs hectares de terre ?! Pauvre imbécile qu’il était !

    Je me concentrais pendant une dizaine de minutes à faire mon petit bout de chemin, suivit de près par mon camarade. Mais, à un moment, je fus prise d’un doute. J’attendis que mon interlocuteur arrive à ma hauteur et je lui demandais sans me soucier des gouttes d’eau qui ruisselaient sur mon visage.

    « Je ne suis pas sûre. Quel est le chemin le plus court, à ton avis ? Je dirais à gauche pour ma part. »

    En m’arrêtant de marcher et comme j’étais un peu moins concentré sur ma tâche, je m’aperçus que je commençais vraiment à avoir froid. J’avais quelques frissons qui me traversaient désagréablement tout mon corps alors que la pluie s’infiltrait partout. Comme je l’avais pressentis, mes sous-vêtements n’avaient pas tenus très longtemps et je pouvais le dire à présent, j’étais trempée jusqu’aux os ! Je me retournais vivement pour éternuer et quand ma crise fut passée, j’indiquais à Dabidé.

    « Regarde. Si on va par là, on passe devant le gymnase avant d’arriver aux dortoirs des filles. Celui des garçons est juste à côté. Tu n’auras qu’à continuer tout droit… *toussote* Mais, ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi le plan dit d’aller à droit à ce carrefour alors que cela nous allonge le trajet... *toussote encore*»

    J’en étais un peu à bout et vu la chaleur que je ressentais au niveau du visage, je pensais à présent que j’avais un peu de température. Cependant, je ne voulais pas ralentir notre progression et encore moins inquiéter pour presque rien mon camarade. Prenant sur moi tout en espérant que la pluie cacherait mon visage fatigué, qui j’en était certaine montrait plus que je ne voulais ma fatigue, je continuais.

    « On passerait devant tous les bâtiments scolaires, si on prend à droite… T’en pense quoi ? Gauche ou Droite ? »

    Je rabattis d’un geste agacée les mèches de mes cheveux qui me cachaient un peu la vue et fixait le jeune homme du regard, tout en continuant en pensées à m’encourager de tenir bon, que dans peu de temps j’allais être sous une bonne douche chaude. A cette pensée, je replongeais dans le plan et sans m’en rendre compte, je dis à voix haute, irritée.

    « Bon sang ! Je te sûre, si je trouve celui qui a dessiné ce plan, je le tue !! *toussote* »

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)   Aujourd'hui à 13:33

Revenir en haut Aller en bas
 
Une averse d’enchaînement catastrophique (PV Ryyyyyyaaaaaa)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Et après l'averse, que se passe-t-il ? [sp Ulrik]
» Nuage d'Averse
» ++J'était censé t'aimer mais j'ai vue l' averse
» · j'étais censée t'aimer, mais j'ai vu l'averse. (Camomille)
» Le Prêtre, le Démon, et la Boîte de Pandore...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pretty School :: ❝ Le lycée Pretty School ❞ :: Entrée-
Sauter vers: