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 Et si j'avais la mer à boire ? Ou le petit cheval à tuer ? Tu m'aiderais ? - P V .

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Aku Fukuyama
Titanic



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Emploi/loisirs : Sage-Femme à partir de la rentrée. A moins que ce ne sois Femme-Sage ? ♥
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MessageSujet: Et si j'avais la mer à boire ? Ou le petit cheval à tuer ? Tu m'aiderais ? - P V .   Sam 10 Juil - 17:44

      Parole du sage PTAHHOTEP :
      " Quand l’écoute est bonne, la parole est bonne.
      Celui qui écoute est le maître de ce qui est profitable ;
      Ecouter est profitable à celui qui écoute ;
      Ecouter est meilleur que tout ;
      Ainsi naît l’amour parfait. "
      En résumé, commencer à vivre, pour l’Egypte ancienne, c’est savoir écouter, apprendre à entendre, savoir marcher et se mouvoir, être enfin le miroir qui capte la lumière céleste.


    Il y a des jours où l’on sent qu’on a des choses à faires. Qu’on est attendue quelque part. Comme si le bon Dieu lui-même en avait assez de voir se trainer ses créatures sans but & sans tâche à accomplir. Lui, il avait dû travailler six jours d’affilés pour aspirer à un jour de travail. Déjà qu’aujourd’hui, nous avions le droit à deux jours de vacances par semaine, ce n’était pas pour lézarder le reste du temps. Si ? Et c’est avec cette drôle de sensation qu’elle avait du travail aujourd’hui qu’Aku s’était levé du banc froids de bois où elle avait passer la nuit, dans son éternelle robe bleue. Pourquoi dormait-elle dans la rue ? Et pourquoi le faire quand on a une chambre ? Parce que cela lui plaisait. Les nuits d’été étaient douces. Alors à quoi bon s’enfermer dans une pièce qui ne laissait même pas entrapercevoir les étoiles ? Là, dehors, elle dormait la première partie de la nuit. Puis, quand les lampadaires de la ville s’éteignaient par soucis d’économie, Aku ouvrait ses grands yeux bleus. Et admirait la voute céleste. Jusqu’à ce que le soleil lève ses premiers rayons paresseux. Fatiguée ? Aku l’était sans arrêt. Mais elle n’arrivait pas à dormir plus. Et refusait de se mettre sous la coupe de ses horreurs appelées somnifères. Ses meilleurs amis d’autrefois.

    Elle se leva, tout en douceur. S’étira. Il était cinq heures du matin & une splendide journée s’annonçait. Elle frotta doucement ses yeux troubles & se le leva. Elle n’avait décidément pas l’air d’une femme qui avait dormit dans la rue. Pied gauche. Pied droit. Pied gauche à nouveau. Ses premiers pas. Soif. Aku avait soif. Elle coupa par la grande place, pour atteindre la grande fontaine centrale & s’y désaltérer. Une petite toilette aussi. Quelles conditions de vie pour une femme qui avait récemment gagner au loto. Le petit matin était un moment de prédilection pour Aku. Personne n’était levé. Ou presque. Il n’y avait qu’elle de bien réveillée. Et elle savait qu’elle avait du travail aujourd’hui. Où pouvait-on bien l’attendre. Elle ne connaissait personne ici. Ou presque. Dis, poupée, tu m’excuse, mais si c’était là bas ? Là bas ? Impossible. Je n’ai rien à faire. Oh mais si. Tu n’as pas débarrassé ta chambre. Ah oui ! Mais à cinq heures du matin ? Il y aura quelqu’un ? Je te parie que c’est ouvert même la nuit. Alors allons-y. D’un pas décidé, Aku marcha vers la grande bâtisse un peu plus loin. Un peu beaucoup plus loin, en fait. En général, le bus était une excellente idée pour ne pas s’exploser les pieds. Mais Aku était plus courageuse que ça. Et puis, à sa connaissance - & à la mienne – personne ne l’emmènerait. A l’aube, tout le monde dort. Tant mieux. Sauf pour ses pieds. Dans ses jolis souliers vernis, ils allaient souffrir. Aku laissa tomber un soupir. C’était rare de sa part. Et elle continua de marcher jusqu’au portail qui l’avait accueilli par deux fois déjà. Il faisait encore tout sombre. Et la bâtisse faisait abandonner. Et triste. Et presque peur. Si jamais Aku avait peur du noir, bien sur. Mais c’était le contraire. Alors elle grimpa dans sa tour. Qui était aussi celle d’un tas d’autre avant elle. Couloir Marron Fondu. Chambre A. Cela sonnait si bien. Elle le prononça à voix basse, pour elle-même. Pour apprécier le gout sucré & rond de ces quelques syllabes misent à coté les unes des autres. Et poussa la porte même pas fermée de la chambre qui portait ce si joli nom. Elle était comme il l’avait laissé. Les lits défaits. Les armoires encore pleine. Enfin, la sienne seulement. Les autres étaient déjà partis. Aku le comprenait. Ca sentait le virils. Ca sentait bon les éclats de rire des jumeaux. Les baisers d’Akemi. Les douches froides. La grande baignoire avec Mikami. Ca sentait bon la nostalgie. Aku fourra dans de grands sacs poubelles tout ses anciens vêtements. Des slips. Des pantalons. Des T-shirt sans forme. Elle sortait un par un les objets qui était jadis ses seules possessions. Se remémorant chaque anecdote qui accompagnait chaque petite chose. En fin de compte, dans le grand sac de sport qu’elle avait en arrivant, elle ne mit pas grand choses. Quelques vieux chewing-gums intacts. Des CD. Sa collection de cocktails de médicament. Si jamais ça va mal, s’était-elle dit. Et puis elle était tombée sur son pull. Son gilet noir, presque décousu. Aku le porta à ses narines & le huma. Même son odeur avait changé. Elle l’enfila. Il lui allait toujours. Elle fouilla dans le sac poubelle & ressortit son Jean troué aux genoux. Et aux fesses. Elle ne l’avait même pas remarqué, à l’époque. Elle l’enfila & se regarda dans le miroir. Elle avait l’agréable sensation d’être déguisée. Et ça lui plaisait. Mais en quoi es-tu donc déguisée ? En Aku. Elle laissa échapper un rire. Elle avait la tenue du premier jour. Le jean, le T-shirt blanc. Et le gilet noir. Et c’était parfait comme ça.

    Aku continua le tour de son ancienne chambre. Elle était consciente qu’une page s’était tournée. Mais ne voulait rien oublier de ces instants de bonheurs. Ou presque, hein Aku ? Des magasines yaoi qu’elle avait commenté avec les Jumeaux. Les Kazu. Qui n’aimait pas le Yaoi d’ailleurs. Mais avec un pétard, de toute façon, on aime tout. Le fouet de Kazuhiko. La collection de capotes aux gouts toujours plus délirants d’Akemi. Et sous son propre lit. Qu’était-ce ? Un bout de métal froid. Carré. Un… Briquet ? Oui. Un briquet pas n’importe lequel. Celui de Mikami, si mes souvenirs sont bon. Tes souvenirs sont toujours bon, ne joue pas avec les mots. Elle le secoua. Le réchauffa au creux de ses paumes. L’alluma. Contempla la flamme comme si elle n’avait jamais vu de feu. Et le serra contre son cœur. Voyons Aku. Cette façon d’être aussi fleur bleue ne te va pas du tout. Je t’emmerde. J’enterre une partie de ma vie tu sais. Alors un peu de respect. Oh ça va. J’disais juste que. Non. Ne dis plus. Laisse-moi faire le deuil d’Aku, tu veux ? Bien. Aku glissa le briquet dans son soutien-gorge. Elle le voulait contre cœur. Le métal redevenu froid la fit frissonner. Elle enfouit le reste dans son sac de sport & respira une dernière fois l’air de son antre favorite. Le soleil est bien haut maintenant. Mais tu délires ? Il n’est que huit heures du matin ! Repassant devant l’accueil dans le sens inverse tu t’arrête soudainement. Tu te souviendrais enfin qu’on t’a attribuée une boite aux lettres ? Je ne l’ai jamais ouverte. Je me demande quel genre de trésor elle peut contenir. Il n’y a qu’une seule façon de le savoir. Aku l’ouvre. Une ribambelle d’enveloppe lui tombe dessus. Elle ramasse le tout. Et inspecte. Pour beaucoup, ce ne sont que des invitations pour des fêtes. Rien de personnel. Des publicités. Toujours rien de personnel. Elle ne repart avec seulement trois enveloppes. D’abord une en papier kraft. Elle reconnaît l’écriture légère & claire de sa cousine. Que dit-elle ? Elle ouvre un bar. En ville en plus. Le Water Cat. Décidément, il n’y a qu’elle pour associer l’eau à des chats. Il n’y a aucun lien possible d’ailleurs puisqu’ils se haïssent en général. Mais que dit-elle d’autre ? Elle part en vacance. Aux Bahamas. Ca ne m’étonne toujours pas. Continue ta lecture, enfin. Elle… QUOI ?! Elle me demande de m’en occupée en son absence ! Tu vas le faire ? Bien sûr que non. Je déteste les poivrots. Les boissons tout court. Le jeu de clés lui tombe entre les mains. Aller voir ne te coute rien. Et ça te servira de logement, en attendant de t’acheter un chez-toi, non ? Bien. Allons-y.

    Les deux autres lettres en mains, elle sort de l’école. Et retourne en ville. En jean. En gilet. Et en souliers vernis qui font hurler ses pieds de douleurs. Mais Aku sourit. A chaque pas, un peu de sa propre odeur aujourd’hui disparue lui remonte jusqu’aux narines. Elle arrive enfin au bar sombre & sinistre. Tout à fait le genre de sa cousine. Elle entre & laisse la porte ouverte. Jette son sac dans un coin de la pièce & s’assied à la table la plus proche. Et ouvre la seconde lettre. Elle a l’air très solennel. Qu’annonce-t-elle ? Une bonne nouvelle j’espère. Oui. Une très bonne. Je suis reçue à mon examen. Avec la meilleure mention possible & imaginable. J’aurais préféré inimaginable. Ta gueule, j’suis contente. Je pourrais faire ce que je veux. Je suis une femme. Me faut un job. Oh Aku, fait pas comme si tu savais pas ce que tu allais faire. Mais je ne sais pas. Idiote. Moi je le sais. C’est sage-femme qu’il te faut. C’est vrai. Mais j’ai du mal à comprendre. Comment peux-tu me connaitre mieux que moi-même ? Haha. Chut. C’est un secret. Oh, c’est vrai. J’allais presque oublier que j’ai une troisième lettre. Euh, Aku… Désolé de te décevoir mais tu ne devrais pas l’ouvrir. Je suis catégorique. Ce n’est pas le moment. Attends un peu, hein ? Tu veux bien ? C’est bien la première fois que tu prends des gants avec moi. Qu’est ce que cela cache. Ne l’ouvre pas. Écoute-moi. Ne l’ouvre. Ta gueule, c’est mon courrier. Chère Aku Fukuyama. Blah blah blah. C’est du chinois, ce jargon. Nous avons la regrettable tâche de blah blah blah. Je pige que dalle. Passons aux derniers mots. Toutes mes condoléances. Condoléance ? C’est quoi l’embrouille ?! Aku relit la lettre. Mot par mot. Avec une lenteur & un détachement tout bonnement horrible. Et puis elle comprend. Mariko Fukuyama est morte. Partie. Pfouit. C’était accessoirement sa mère. Une mère folle à lier. Qui rêvait d’avoir une fille. Oh Maman. Si tu me voyais tu serais fière de moi. Je suis ce que tu as toujours rêvé d’avoir. Et tu meurs avant même de le savoir. Savoir. L’ORDURE ! TU SAVAIS ! TU SAVAIS ET TU M’AS RIEN DIT ! Aku, tu n’étais pas prêt à encaisser cette nouvelle. TU SAVAIS ! TU SAVAIS ! Oui, je savais. Et tu vas pas me dire que tu la regrette, hein ? L’ORDURE ! TU SAVAIS ! TU SAVAIS ! Ca va, ça va, j’ai compris.

    Aku s’effondre en larme. Dépassée. Complètement dépassée. Morte. Partie. Pfouit. Elle pleure des larmes d’incompréhension totale. De déception complète. Elle ne comprend plus. Effondrée sur la table de bois abimée, elle n’en peut plus. Ah, elle est belle la futur sage-femme. Magnifique. De quoi être fière, j’vous jure. Mother Mary va se fâcher. Bouge donc un peu. Titubante, assommée par la nouvelle de sa solitude à présent complète, elle va derrière le bar. Et trouve une bouteille de liquide ambre. Non, tu devrais pas. Ta gueule. Tu veux devenir sage-femme, non ? Quand on est médecin, on ne boit pas, tu sais. Ta gueule ! Ne remplace pas tes larmes délicates par celle d’alcool. Ta gueule !! Aku pleure. Elle a besoin de chaleur humaine. Juste besoin qu’on lui assure qu’elle n’est pas seule. C’est raté ma vielle. T’es seule. On peut pas faire plus solitaire, en fait. … Oh, pardonne-moi Aku. Mais qui es-tu au juste ? Qui es-tu pour me juger ? Pour me parasité ainsi ? Moi, je ne suis personne. Juste un peu de compagnie. C’est Mother Mary qui m’envoie. Je dois rester jusqu’à ce que tu trouve ton âme sœur. Alors qu’attends-tu pour prendre le premier corps que tu vois & me faire connaitre l’amour ? Ce serait trop facile, vois-tu. L’amour se mérite. Et tu n’as pas été sage. Aku retourne à la table, la bouteille de téquila à la main. Une gorgée. Juste une. Remplacer la chaleur humaine par celle de l’alcool. Un mode de substitution, dira-t-on. Elle s’assoit. Laisse la bouteille au coin de la table. Et s’effondre à nouveau. Dormir. Il faut dormir. Dormir pour oublier que le monde est cabossé. Mais Aku a oublié qu’elle a laissé la porte du bar grande ouverte. Même si j’imagine que personne n’a envie de se pochtronner à neuf heure. Sainte Marie, faites donc un geste. Accordez donc à Aku un semblant de réconfort.

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